Métaphysique des tubes

Fiche identité

  • Titre du livre : Métaphysique des tubes
  • Auteur : Amélie Nothomb
  • Nombre de pages : 156
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 2000

Résumé

Ce roman d’Amélie Nothomb est quasi-autobiographique : elle nous raconte son enfance au Japon jusqu’à l’âge de trois ans.

Avis       

Amélie Nothomb est une écrivaine assez célèbre et je n’ai jamais compris pourquoi elle fascine tellement les médias. C’est vrai que j’ai plutôt aimé son roman Mercure et j’ai continué sur ma lancée en lisant celui-ci. Et bien, je donne une note passable pour plusieurs raisons.
Déjà, j’ai hésité à mettre le mot « autobiographie » dans le résumé. Il est quasiment impossible d’avoir de vifs souvenirs de son enfance, surtout si on pense raconter sa vie de nourrisson ou d’enfant de deux ans. À mon avis, elle s’est inspirée des témoignages de sa famille pour pouvoir écrire, et ça m’a un peu gênée car, souvent, les faits varient considérablement d’une personne à une autre. Les premières pages sont déjà décourageantes : j’ai mis du temps à comprendre qu’elle parlait en réalité d’elle et non de Dieu. Au début, Amélie était un bébé amorphe : elle ne pleurait pas, ne bougeait pas et se contentait de manger et de salir ses couches. Elle était, comme elle le dit elle-même dans son livre, « un tube ».
Puis vient l’éveil et on a l’image d’une petite fille qui se prend pour Dieu. D’ailleurs, les enfants jusqu’à l’âge de quatre ans sont considérés comme des petits princes dans la culture japonaise. Elle nous raconte les petites anecdotes de son enfance : l’incident des carpes, ses deux nurses qui avaient des tempéraments très opposés, l’opinion qu’elle avait sur les membres de la maison…
C’est assez ludique mais sans grande consistance, et c’est le défaut le plus évident. On ne perd pas grand-chose en laissant ce livre chez le libraire ou à la bibliothèque. En plus, j’ai trouvé son style d’écriture plat et mou, redondant et superficiel à la fois.
Malgré toutes ses imperfections, j’ai apprécié les petits clins d’oeil sur la vie au Japon : la fête réservée aux petits garçons, la vision des choses de  Nishio-San et Kashima-San, le théâtre japonais…

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : MercureStupeur et tremblements

Jamais sans ma fille

Fiche identité

  • Titre du livre : Jamais sans ma fille
  • Auteur : Betty Mahmoody
  • Nombre de pages : 477
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1987

Résumé

Betty est une Américaine mariée à un médecin iranien. Tous deux mènent une vie plutôt heureuse aux États-Unis et ont une fille de 4 ans nommée Mathob. Cet été, ils partent en vacances en Iran pendant quinze jours afin de passer un peu de temps avec la famille. Mais tout tourne au cauchemar : son mari refuse de rentrer aux États-Unis et déclare à sa femme et à sa fille qu’ils vivront désormais à Téhéran. Jusqu’au bout, Betty se battra pour revenir aux États-Unis avec sa fille.

Avis    

Beaucoup de rumeurs ont couru sur ce livre. Certains disent que l’histoire était un peu enjolivée en faveur de Betty : elle aurait accepté elle-même de vivre en Iran, mais, finalement, elle n’aurait pas supporté les conditions de vie…
Quoi qu’il en soit, et en dépit des critiques, ce livre reste un témoignage poignant, surtout aujourd’hui, car l’Iran est au centre de tous les regards. Betty Mahmoody a connu des conditions de vie déplorables : un mari violent, une belle-famille hypocrite, sa fille enlevée plusieurs fois sous ses yeux, séquestrée plusieurs fois par son époux…
Ce qu’elle a vécu dépasse l’entendement et, à chaque page, on tremble pour elle. L’auteur arrive à nous mettre facilement dans la peau de Betty Mahmoody et on partage ses angoisses, ses peurs et ses sentiments. On découvre aussi tout l’amour qu’une mère peut avoir pour son enfant. Le livre dénonce également une frange de la société iranienne de cette époque-là : la guerre, la place de la femme dans la société… Cela ne veut pas dire qu’il faut généraliser et que toutes les femmes iraniennes sont maltraitées. Le livre a été écrit dans les années 80 et j’espère de tout cœur que des changements notables ont été mis en place.
Un des sujets soulevés par le livre est le problème des mariages mixtes : souvent, on assiste à un choc des cultures, notamment au niveau des coutumes, de la place de chacun dans le couple, des religions, de l’éducation des enfants… Puis il arrive que le conjoint change de comportement en présence de sa famille ou dans son pays d’origine, ce qui rend le dialogue encore plus difficile. Quand les enfants sont impliqués dans l’histoire, cela devient encore plus compliqué et il se peut – ça arrive de plus en plus ! – que l’un d’eux kidnappe l’enfant pour l’emmener dans son pays d’origine. Le mari de Betty avait la certitude que leur couple serait plus heureux à Téhéran et Betty, elle, pensait le contraire. Dans cette histoire, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a « ni méchants ni de gentils » : selon moi, Betty est tout autant  responsable que son mari, même si elle a beaucoup souffert.  C’est le manque de dialogue et de tolérance entre les deux protagonistes qui  a entraîné tout ce déchirement. Et la première victime est leur fille Mahtob, qui sera privée d’un père, privée de la richesse de deux belles cultures et traumatisée par tout ce qu’elle a pu endurer.