La plaine

Fiche identité

  • Titre du livre: La plaine
  • Auteur:  Feiyu Bi
  • Nombre de pages: 475
  • Édition: Philippe Picquier
  • Année de publication: 2005

Résumé

Après avoir passé deux ans au lycée, Duan Fang revient dans le village des Wang où sa vie sera celle d’un paysan. Pour échapper à son destin, il tentera de se faire recruter dans l’armée.

Avis    

J’ai déjà lu un autre livre de cet auteur qui s’intitule Trois soeurs et j’escomptais avoir la même qualité. Hélas, je suis extrêmement déçue! L’auteur nous raconte ici globalement la vie  quotidienne d’un village en Chine avec son lot de superstitions et de croyances. On découvre par exemple les coutumes liés au mariage, la prééminence du Parti sur la vie des gens, le type de diplomatie (qui est très ambiguë), la vie quotidienne rythmée par les saisons, les liens au sein de la famille ou des habitants du village…Il n’y a pas vraiment de héros dans cette histoire puisque l’auteur s’attarde sur la plupart des membres du village par l’intermédiaire de petites anecdotes qui s’enchaînent. C’est dommage car les traits psychologiques sont bâclés. A vouloir tout raconter, l’auteur finit par trop caricaturer les villageois : tous les cinquante pages, on a droit à des scènes sexuelles qui sont souvent répugnantes ou des détails sur l’hygiène qui sont épouvantables sans oublier quelques scènes de torture ou de viol…
Le personnage principal lui est plat, sans grande consistance. Je ne l’ai pas du tout trouvé attachant et d’ailleurs, le semblant d’histoire d’amour et de tragédie introduit dans le livre est vraiment peu convaincant. Vers les 100 dernières pages, on sent que l’auteur s’essouffle et n’a plus aucune inspiration: cela donne une fin négligée et incohérente.
Bref, je n’en dirais pas plus mais je vous déconseille fortement ce livre, sauf si vous désirez découvrir un peu la Chine après la Révolution culturelle.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Les triades de ShanghaiL’opéra de la luneTrois soeurs

La foire aux vanités

Fiche identité

  • Titre du livre: La foire aux vanités
  • Auteur: William Thackeray
  • Nombre de pages: 1 071
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1847

Résumé

Amelia Sedley et Rebecca Sharpe quittent ensemble le pensionnat de jeunes filles où elles ont étudié pour faire leur entrée dans le monde. Alors qu’Amelia est la fille d’un riche marchand, Rebecca est une orpheline très pauvre destinée à devenir une simple gouvernante. Pourtant, plutôt que d’accepter son sort, Rebecca usera de tous les moyens possibles pour accéder au sommet de la société. Les destins des deux jeunes filles se croiseront régulièrement dans ce monde qui n’est au fond qu’une foire aux vanités.

Avis    

Avant de débuter ce commentaire, je tiens à m’excuser pour cette longue absence sur mon blog. Quelques sessions de recrutement ont absorbé une partie de mon temps et il faut avouer que ce livre était assez volumineux.
Au fur et à mesure de ma lecture, j’étais littéralement suspendue à chaque page,  immergée dans le XIXème siècle anglais. Le style d’écriture est railleur, sarcastique et parfois vraiment très drôle. Au début, j’étais un peu déroutée mais j’ai fini par m’habituer et même à aimer car on sent que l’auteur maîtrise son sujet et le monde qu’il décrit c’est à dire la société anglaise.
C’est une société où règne le paraître et l’hypocrisie, où la vanité est roi. On le découvrira en détail  grâce à quelques personnages, dont Rebecca Sharpe et Amélia Sedley. Pour être franche, aucune de ses héroïnes n’était particulièrement attachante. Rebecca est hypocrite, manipulatrice, et avide de gloire si bien qu’elle m’agaçait régulièrement avec son comportement. En même temps, je l’ai admiré pour son courage, son intelligence et ses machineries bien audacieuses ! Quant à Amelia, je l’ai trouvé niaise, sotte et très égoïste. Mais quelque part, sa gentillesse était touchante et elle a réussit à éveiller un brin de pitié dans mon coeur.
Bref, je ne citerai pas tous les personnages mais leurs traits psychologiques sont extrêmement bien travaillés au point où on a l’impression d’avoir à faire à des gens réels. Pour vous donner  une envie de lire cet ouvrage exceptionnel, j’ai noté quelques phrases très pertinentes qui peuvent toujours s’appliquer même à notre société contemporaine qui ne s’est toujours pas affranchi de la vanité.
« 
O foire aux Vanités, foire aux Vanités » sans vous elle aurait peut-être été une aimable et bonne fille. Peter Butt et Rose auraient fait un heureux ménage dans une ferme florissant, avec de jolis marmots, le tout assaisonné d’une honnête portion de peines et de plaisirs, d’espérances et de luttes. Mais un titre, une voiture à quatre chevaux sont dans la foire aux Vanités, des hochets plus précieux que le bonheur. » Je m’arrête là sinon je copierai tout le livre « La gloire de ce monde est bien passagère. L’expérience  a démontré depuis longtemps que les plus heureux sont toujours les plus éloignés du soleil…tout ici-bas n’est que fumée et vanité ».

Un conseil : lisez-le absolument !