De sang froid

Fiche identité

  • Titre du livre: De sang-froid
  • Auteur: Truman Capot
  • Nombre de pages: 506
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1965

Résumé

Nous sommes dans les années 50 aux Etats-Unis. La famille Clutter a été sauvagement assassinée par deux hommes, Dick et Perry. L’auteur revient sur les circonstances du meurtre et l’analyse psychologique des assassins.

Avis    

J’ai entendu plusieurs fois parler de cet ouvrage et c’est avec une certaine appréhension que j’ai démarré sa lecture d’autant plus que j’avais eu une petite déception avec un des livres de cet auteur, La traversée de l’été. Mais je peux vous dire en toute assurance : c’est une œuvre magistrale qu’il faut lire une fois dans sa vie.
Ce n’est pas une histoire policière avec beaucoup de suspens puisque d’emblée on connaît les meurtriers. L’auteur s’attache plutôt à décrire les faits qui ont précédé et suivi leurs meurtres jusqu’à l’arrestation des deux criminels. On découvre d’abord les Clutter, des propriétaires terriens qui vivent dans une petite bourgade dans le Kansas : c’est une famille des plus ordinaires, avec une vie paisible et quelques problèmes ici et là mais sans grande importance. On s’attache à eux et on a l’impression de les côtoyer le temps de quelques pages…
Puis vient le meurtre et on suivra Dick et Perry dans leurs pérégrinations aux Etats-Unis jusqu’en Amérique du Sud. La qualité de cet ouvrage sera surtout cette restitution brute des faits et l’analyse psychologique détaillée des deux hommes. L’auteur fait des retours en arrière sur leur enfance plutôt malheureuse, leur adolescence difficile, les souvenirs qui les ont profondément affectés, leurs faits et gestes quotidiens et les raisons qui les ont poussés à commettre tel ou tel acte.
Je me suis posée beaucoup de questions en lisant cet ouvrage : s’ils avaient vécu dans une situation familiale différente et qu’ils avaient eu une enfance et une adolescence plus heureuse, auraient-ils commis ce meurtre ? Ou bien, le mal était-il réellement en eux et les circonstances malheureuses de leur vie ont exacerbées ce qui était déjà là ?
Personnellement je n’arrive toujours pas à répondre à ses questions même en ayant terminé le livre car, même si j’ai pu comprendre et ressentir un peu de compassion pour ces deux meurtriers, je considère que leur acte était totalement abjecte et au-delà de l’idée que je me suis faite sur la nature et la raison humaine. Je pense également que la peine de mort est un châtiment trop sévère malgré la gravité du crime.
Le style d’écriture est limpide : les mots coulent tous seuls. Dès qu’on commence la première page, impossible de s’arrêter ! Le livre est composé essentiellement de descriptions mais ce n’est absolument lassant car l’auteur alterne les points de vue entre les nombreux protagonistes.
Pour conclure, un chef-d’oeuvre que je vous recommande !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La traversée de l’étéPetit déjeuner chez Tiffany

Le liseur

Fiche identité

  • Titre du livre: Le liseur
  • Auteur: Bernard Schlink
  • Nombre de pages: 202
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1995

Résumé

A quinze ans, Michael fait la connaissance de Hanna Schmitz, une femme d’une trentaine d’années. Entre eux naît une relation amoureuse intense jusqu’au jour où elle disparaît sans donner de trace. Quelques années plus tard, il la retrouve et découvre son secret…

Avis    

Je connaissais déjà l’histoire puisque je suis allée au cinéma voir le film, mais en l’apercevant dans les rayons de la bibliothèque je n’ai pas résisté à l’envie de le redécouvrir à nouveau.
On se retrouve dans l’Allemagne de l’après-guerre dans la peau de Michael, un jeune adolescent qui succombe à une passion dévorante pour une femme nettement plus âgée que lui. Elle aura une grande influence sur lui et le hantera tout au long de son existence malgré sa disparition subite. C’est une histoire d’amour bouleversante et qui m’a attristé car les protagonistes me semblaient impuissants face à leur destin.
J’ai beaucoup aimé ce jeune adolescent qui découvre les premiers émois de l’amour et du désir, les relations humaines dans un couple. C’est aussi un narrateur en proie à plusieurs doutes, notamment sur ce qu’il aurait dû faire ou non : les sentiments sont bruts, contradictoires parfois, mais toujours si réels, si humains et si proches de nous car, comme lui,  à un moment de notre vie, nous avons été aussi amoureux.
L’auteur développe également le sujet du nazisme dans l’Allemagne de l’après-guerre, en l’occurrence lors des procès : comment comprendre, et donc juger, l’inconcevable ? Comment expliquer que ces gens aient pu commettre tous ces crimes ou fermer les yeux sur toutes ses horreurs ? A force d’entendre parler de camps de concentration, ne finit-on pas par être indifférent et anesthésié ? Ce sont des sujets qui méritent d’amples réflexions et que chacun répondra dans le fond de son cœur.
Le style d’écriture est un peu lourd, avec des tournures alambiquées et de temps en temps, il fallait que je lise deux fois un paragraphe pour bien comprendre le sens.
Il me reste à conclure : le film était bien mais le livre encore meilleur donc choisissez plutôt de le lire !