Compartiment pour dames

Fiche identité

  • Titre du livre : Compartiment pour dames
  • Auteur : Anita Nair
  • Nombre de pages : 449
  • Édition : Philippe Picquier
  • Année de publication : 2001

Résumé

L’histoire se déroule en Inde. Un jour, Akhila décide de partir en voyage, seule, vers le sud de l’Inde. Dans le train qui l’emmène à destination, elle fait la connaissance de ces cinq compagnes de voyage, avec lesquelles elle partagera toute une nuit de confidences dans le compartiment pour dames.

Avis    

L’Inde est un pays qui me fascine et que j’espère visiter un jour. En attendant d’être réellement sur place, je ne manque pas une opportunité, surtout un livre, pour le connaître un peu plus. Nous avons ici le récit de six portions de vie.
On découvre d’abord le destin d’Akhila, avec plusieurs chapitres qui reviennent sur son passé et qui nous éclairent sur sa vie actuelle. Célibataire à 45 ans, en charge d’une partie de sa famille depuis la mort de son père, Akhila voit sa vie s’effriter sous ses yeux et ses rêves se volatiliser. La question qui la taraude le plus est : une femme peut-elle vivre sans un homme ?
La rencontre avec ces cinq femmes dans le compartiment pour dames est une occasion pour Akhila de connaître d’autres vies, de confronter son expérience avec celles des autres et de pouvoir répondre à ses interrogations.
Ces dernières vont lui partager leur intimité : Janaki, qui a renoncé à son identité en se conformant à l’image que l’on attend d’une femme indienne ; Sheela partagée entre les contradictions de sa famille ; Margaret qui contrôle son mari autoritaire d’une manière fourbe et machiavélique ; Prabha Devi qui reprend sa vie en mains après plusieurs années de mariage, et enfin, la plus poignante des histoires celle de Marikolanthu, qui subit un destin tragique. Ce dernier récit est celui qui m’a le plus ému, peut-être parce qu’il est le plus dur, le moins « douillet » par rapport à celles des autres femmes.
L’auteur met en avant aussi le poids de la culture indienne, qui a un impact considérable sur les femmes : le statut apporté par le mariage aux yeux de la société, les contraintes et pressions familiales qui pèsent sur l’existence individuelle, l’omniprésence des castes et des traditions qui entravent la liberté et les choix, les mariages arrangés, les relations hommes/femmes et parents/enfants, le pouvoir des hommes dans la communauté par rapport à celles des femmes, qui selon les « standards indiens » devraient uniquement être des créatures dociles et soumises. Anita Nair dissèque et met en avant chacun de ses éléments pour nous donner un visage très réaliste de l’Inde moderne et des conditions de vie des femmes.
Le style d’écriture est très agréable, mais parfois un peu recherché et entrecoupé de quelques longueurs. Les récits de vie ne se valent pas tous, certains étant à mes yeux plus intéressants que d’autres.
La fin m’a légèrement déçue, car j’aurais aimé connaître la suite. Mais je crois que l’auteur a fait exprès de laisser cette fin ouverte pour que nous puissions terminer le livre nous-mêmes à notre convenance.
Quoiqu’il en soit, c’est un livre plaisant que je recommande fortement !

Nouvelles de Pétersbourg

Fiche identité

  • Titre du livre : Nouvelles de Pétersbourg
  • Auteur : Nikolaï Gogol
  • Nombre de pages : 320
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 1836

Résumé

Nous avons ici cinq nouvelles de Nikolaï Gogol qui se déroulent dans la ville de Pétersbourg. 

Avis          

Après un moment d’absence sur ce blog pour des raisons professionnelles, je reviens pour vous présenter ces nouvelles. Gogol est un des auteurs russes que je n’ai pas encore lu, mais que j’avais très envie de découvrir depuis un moment, car il a beaucoup influencé la littérature russe.
Ce recueil de nouvelles se situe en Russie, à Saint-Pétersbourg. Si un jour, je visite cet endroit, j’aurai toujours dans un coin de ma tête l’atmosphère de cette ville décrite par Gogol. On sent le froid traverser la doublure du manteau, la longue Perspective Nevski et son lot de promeneurs à toute heure de la journée, les bureaux sinistres des fonctionnaires, etc.
Ces récits sont très plaisants, avec pour quelques-uns d’entre eux, un aspect fantastique, absurde et parfois fantasmagorique : un nez qui disparaît, un portrait apparemment maléfique, les délires d’un fou qui lit la correspondance des chiens et qui se prend pour le roi d’Espagne. Les histoires tournent autour de la vie modeste de certains employés, la société russe où la misère et la splendeur se frôlent sans rarement se mélanger ; où l’apparence est la principale valeur morale. Quoi de plus gratifiant pour l’orgueil et la vanité qu’avoir le grade le plus élevé dans la hiérarchie administrative, le plus magnifique traîneau ou la plus jolie des robes en se baladant sur la perspective Nevski ?
Le style d’écriture est soutenu, un brin ironique et sarcastique. J’ai souvent eu du mal à démarrer le début de ces récits, ponctués par quelques descriptions un peu longues. Mais comme je l’ai dit plusieurs fois sur ce blog, les nouvelles ne sont pas mon genre de prédilection, car l’auteur n’a pas le temps de développer pleinement ces idées et termine brusquement l’intrigue, ce qui explique l’absence du 5ème cœur.
À lire ? Absolument !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Tarass Boulba