Mangue amère

Fiche identité

  • Titre du livre: Mangue amère
  • Auteur: Bulbul Sharma
  • Nombre de pages: 185
  • Édition: Picquier

Résumé

Pendant les préparatifs d’un banquet funèbre, des femmes s’échangent des anecdotes de leur vie quotidienne.

Avis     

Ce roman est une succession de nouvelles autour de la cuisine et de la place de la femme indienne dans une famille.
La cuisine est le lieu où elle règne, où elle peut déverser ses joies et ses peines. Mais c’est aussi leur prison car elles doivent préparer quotidiennement les plats qui nourrissent la famille, souvent  élargie et sous la férule d’une belle-mère exécrable.
Ces anecdotes sont de qualité inégale et ont un goût plutôt amer : une femme qui se fait empoisonner par sa belle-mère car cette dernière estime qu’elle a une trop forte personnalité; une mère nostalgique de son fils  unique parti vivre aux Etats-Unis, une femme qui « empoisonne » son mari en lui préparant tous les jours des plats bien gras, des femmes indiennes à l’étranger qui se retrouvent pour cuisiner lors d’un évènement religieux, une réunion de famille autour d’un curry etc…
La nourriture est souvent associée aux souvenirs, à la nostalgie. Par rapport à son précédent roman intitulé La colère des aubergines, je trouve que ce recueil de nouvelles est plus triste et plus mélancolique.
La société indienne est rigide, avec les femmes reléguées au second plan : elles sont sous la domination de belles-mères cruelles, corvéables à merci, mariées sans connaître leur époux donc vendues comme du simple bétail. Elles partagent leur mari avec d’autres femmes qui ont subi le même sort et si elles ont le malheur d’être stériles, elles sont répudiées et chassées de leur belle-famille. Ces situations donnent froid dans le dos et nous montrent à quel point les droits des femmes sont encore loin d’être respectés.
Le style d’écriture est agréable, fluide et se lit vite. Les nouvelles sont courtes donc on reste un peu frustré: à chaque chapitre, il y a comme une impression d’inachevé car on a envie de continuer avec les personnages décrits mais hélas, cela s’arrête bien trop vite. Dommage !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La colère des aubergines

Le riz et la mousson

Fiche identité

  • Titre du livre: Le riz et la mousson
  • Auteur: Kamala Markandaya
  • Nombre de pages: 256
  • Édition: J’ai lu

Résumé

Rukmani, une paysanne indienne, nous partage son existence depuis son mariage.

Avis     

Voici un récit poignant sur le destin d’une paysanne indienne. Que dire à part que son existence n’est qu’une lutte pour la survie avec ici et là quelques brefs rayons de soleil?
Mariée très jeune à un paysan, elle va partager avec lui le dur travail des champs. Leur vie est rythmée par les saisons et les aléas climatiques: une pluie qui arrive trop tard rime avec récolte détruite, famine et toutes les misères qui l’accompagnent (maladie, endettement etc…). En plus, ces paysans ne sont pas propriétaires donc doivent encore verser une sorte de loyer quel que soit l’issue de leur récolte.
Leur vie de famille est compliquée par la pauvreté et la misère : la famille unie et aimante se désagrège au fur et à mesure que les vicissitudes de la vie les frappent coup par coup, chaque coup plus violent que le précédent. Ces fils quittent le domicile familial sans plus donner de nouvelles, sa fille par nécessité se prostitue, certains de ces enfants décèdent sous ses yeux etc.
L’auteur évoque aussi certaines traditions qui tournent autour des conditions des femmes: les mariages des filles à un très jeune âge, le versement de la dot lors d’un mariage d’une fille qui entame le patrimoine familial, le sort qui attend une femme si elle est stérile, l’importance d’avoir des fils chez une femme indienne etc.
On peut dire que Rukmani est chanceuse car elle a un mari qui la respecte. Mais est-ce le cas pour tous ces milliers de femmes indiennes, mariées par le biais d’entremetteurs à des hommes qu’elles ne connaissent même pas et qu’elles n’aiment pas ? Certaines peuvent tomber hélas sous la coupe d’un homme violent ou alcoolique!
Le style d’écriture est agréable, doux et plein de sensibilité. Je suis sortie de ce livre admirative pour le courage de ce couple. Même quand ils ne restent plus rien, ils ont cette furieuse envie de vivre, de se battre et de continuer malgré tout.
Ce livre, très réaliste, est le quotidien de milliers de personnes, pas seulement en Inde mais dans tous ces pays où règnent la pauvreté et la misère. A mettre entre toutes les mains pour apprécier notre chance de pouvoir croquer la vie à pleines dents !