La maison et le monde

Fiche identité

  • Titre du livre: La maison et le monde
  • Auteur: Rabindranath Tagore
  • Nombre de pages: 249
  • Édition: Payot

Résumé

Bimala est mariée à Nikhil, rajah dans la région du Bengale en Inde. Lorsque Sandip, un activiste dans le mouvement politique Swadeshi s’installe chez eux, leur foyer est bouleversé.

Avis     

Ce récit à trois voix raconte le bouleversement du couple formé par Nikhil et Bimala. L’auteur oppose ici deux lieux.
D’abord il y a « la maison », lieu paisible où chacun à sa place et où le quotidien est rythmé par un rituel précis. Nikhil et Bimala sont ensembles depuis neuf ans. Rien ne vient entraver leur bonheur, mis à part quelques disputes avec sa belle-sœur.
Lorsque le « monde » envahit le calme de la maison, il balaie tout sur son passage tel une tempête. Et ce monde, de quoi est-il composé ? De Sandip, un activiste proche des mouvements politiques nationalistes. Il va semer le trouble chez Bimala, qui s’éprend d’une passion violente pour cet homme charismatique et cynique. Elle qui ne connaissait que son foyer, enfermée entre quatre murs depuis son mariage, brûle d’une flamme qu’elle n’arrive pas à contenir. Nikhil, son mari, un brin philosophe, est désemparé par cette situation, mais la sagesse le pousse à ne pas intervenir.
L’auteur évoque aussi les mouvements politiques qui secouent l’Inde au début du XXème siècle : ces derniers rejettent l’occupation anglaise et boycottent les produits d’origine étrangère.
Malgré tous ces points, je n’ai pas été emporté par ce roman. J’ai même eu du mal à le lire et je me suis accrochée de toutes mes forces pour le finir au bout de deux laborieuses semaines de lecture.
Le style d’écriture m’a freiné. Je le trouve trop sophistiqué, trop maniéré. C’est beau mais il y en a trop et ce n’est pas accessible, même pour un lecteur aguerri.  On dirait un traité de poésie-philosophie plutôt qu’un drame conjugal. Les personnages, bien que bien travaillés, restent peu attachants et manquent de relief. On devine aisément ce qui va se passer.
Que dire de plus ? Ce fut une découverte assez mitigée, qui me laisse une certaine insatisfaction. Dommage !

Une Antigone à Kandahar

Fiche identité

  • Titre du livre: Une Antigone à Kandahar
  • Auteur: Joydeep Roy-Bhattacharya
  • Nombre de pages: 416
  • Édition: Folio

Résumé

Cette histoire se déroule sur une base militaire américaine située dans la province de Kandahar en Afghanistan. Une femme enveloppée dans sa burqa est assise sur une charrette roulante qui se dirige vers le site. Elle vient réclamer le corps de son frère mort lors d’une offensive lancée contre le fort.

Avis     

C’est le titre accrocheur et la belle couverture qui m’a poussée à choisir ce livre.
Cette histoire revisite la pièce d’Antigone : une jeune femme afghane souhaite récupérer le corps de son frère afin de l’enterrer selon les rites religieux. Le capitaine de la base refuse de le restituer car cet homme est considéré comme un taliban. L’arrivée de cette femme perturbe la vie du fort qui vient en outre de subir de lourdes pertes après l’attaque.
Chaque chapitre partage le point de vue de chacun des protagonistes par rapport à cette situation inédite. Chacun l’interprète à sa manière : est-ce un piège ? un acte courageux ? faut-il lui rendre la dépouille ou non ?
Après le point de vue de Nizam, l’auteur bascule sur celui des soldats de la base. C’est la partie la plus dense. Nous découvrons ainsi leur quotidien : un rythme ardu entre l’alternance des gardes, les attaques des talibans et la promiscuité de vie. Nous partageons leurs intimités, leurs doutes, leurs angoisses, leurs peurs et les raisons qui les ont poussés à s’engager dans l’armée. Chaque tranche de vie est présentée avec beaucoup de réalisme. J’ai adoré le mélange entre rêve et réalité, entre passé et présent comme des mirages dans ce désert face à eux !
A travers ce livre viennent plusieurs questions : l’absurdité de la guerre, notamment l’engagement américain en Afghanistan ; la réinsertion des soldats dans la vie normale, sachant que certains sont victimes de stress post-traumatique etc.
Le style d’écriture est agréable et riche. Il a un ton profond qui captive le lecteur. Toutefois,  je ne mets pas une note supérieure en raison de la fin abrupte. J’aurai aimé une suite, mais est-ce possible ? J’aurai aimé un plus long chapitre sur Nizam car elle prend la parole au début et ensuite nous ne l’entendons plus…
Quoiqu’il en soit, c’est une belle lecture que je vous recommande fortement !