Ainsi résonne l’écho infini des montagnes

Fiche identité

  • Titre du livre: Ainsi résonne l’écho infini des montagnes
  • Auteur:  Khaled Hosseini
  • Nombre de pages : 484
  • Édition : Belfond
  • Année de publication : 2012

Résumé

Cette histoire commence en Afghanistan, dans le village de Shadbagh dans les années 1950. Abdullah et Pari, un frère et une soeur très attachés l’un à l’autre, sont brutalement séparés. Mais..

Avis    

Après quelques années d’attente, Khaled Hosseini nous offre ici un roman splendide qui laisse un souvenir très émouvant. Je pensais que l’auteur allait utiliser les mêmes recettes que dans Les cerfs-volants de Kaboul ou Mille soleils splendides, mais il a su me surprendre agréablement en basculant dans un style plus différent et plus subtil. 
Chaque chapitre raconte l’histoire d’un personnage. Chacun d’entre eux est lié aux autres, soit par un lien de parenté ou de voisinage, ou parce qu’ils se sont rencontrés dans un endroit. Il s’agit en quelque sorte d’une toile d’araignée où des parcelles de vie se croisent. Il y a beaucoup de personnages, dont voici quelques-uns : Abdullah, sa soeur Pari, Parwana et Masooma les deux soeurs jumelles ; la famille Wahdati ; l’oncle Nabi ; Iqbal et son fils ; le docteur Markos et Thalia ; Timur et Idris les deux cousins. 
L’auteur revient dans le passé des personnages pour expliquer leurs faits et gestes, pour qu’on puisse mieux les comprendre et nous raconte les tragédies personnelles qui ont affecté leurs vies : une séparation brutale, un handicap, la pauvreté, la maladie, la guerre, l’exil, la vieillesse ou aussi la lâcheté.
En fait, le plus touchant dans cette histoire est que l’auteur nous montre à quel point il est difficile de juger les décisions et les choix de quelqu’un. Par exemple, vaut-il mieux comme Nabi fuir l’handicap de sa soeur ou bien sacrifier sa vie comme Pari pour soigner ses parents vieillissants ? D’autres thèmes sont également évoqués : l’amour des parents envers leurs enfants, le besoin de connaître ses racines et ses origines ou l’exil. Il fait aussi allusion au statut de l’Afghanistan, déchiré par les guerres et gouverné par les narco-trafiquants et les talibans, la ville de Kaboul marquée par l’insécurité et la flambée de l’immobilier depuis l’installation des groupes humanitaires, l’expropriation des terres lorsque certains afghans sont partis se réfugier au Pakistan…
Le style d’écriture est limpide, simple, fluide et remplie de poésie et de douceur. L’auteur a un vrai talent de conteur et sait manier avec brio les différents styles (narrations à la 1ère personne, conte persan, extrait de journaux, récit à la 3ème personne…). 
La fin est sublime, terrible, tellement réaliste et humaine. Oui, la vie n’est pas un conte de fées : elle est triste, plutôt douce-amère. Un livre que je vous recommande vivement !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  Les cerfs-volants de Kaboul – Mille soleils splendides

Les Misérables

Fiche identité

  • Titre du livre : Les Misérables
  • Auteur : Victor Hugo
  • Nombre de pages : 1 662
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1862

Résumé

Cette histoire se déroule dans la France du XIXème siècle. Nous allons suivre la vie de Jean Valjean, un bagnard qui a terminé ses dix-neuf ans de peine.

Avis          

Ce livre a fait partie de mon quotidien pendant plus de 9 mois : il a alourdi mon sac à main, il s’est glissé dans chacune de mes valises, il a été trimbalé dans tous les types de transports (TGV, avion, voiture, métro, etc.) et même dans plusieurs pays européens. Il s’est retrouvé délaissé sous mon canapé-lit un certain moment, a servi d’appui-tête dans un parc, et même de tape-moustiques. Bref, il a du vécu !
Ce livre fut le plus DIFFICILE que j’ai lu à ce jour. Je ne pourrais pas tout développer ici donc je me limiterai à certains points.
Le style d’écriture est extrêmement riche et étoffé : il est à la fois lyrique, grandiloquent, plein de poésie, mais très complexe au niveau des dialogues et des descriptions. Plusieurs fois, il a fallu que je relise une, voire deux fois un paragraphe, pour comprendre ce que le personnage voulait dire. Moi qui d’habitude aime les descriptions, j’ai fait une quasi-overdose tellement il y en avait.
L’histoire est déjà très connue grâce aux multiples adaptations cinématographiques, donc je serai très brève. Jean Valjean, ancien bagnard, se reconvertit en un homme généreux après sa rencontre avec un évêque. Autour de lui gravitent plusieurs personnages : Fantine, Cosette, Marius, l’inspecteur Javert, les Thénardier, Gavroche qui vont jouer un rôle plus ou moins important dans sa vie.
S’il n’y avait que l’histoire, je crois que j’aurai adoré ce livre. Mais l’auteur ne peut s’empêcher de nous partager ses méditations sur des sujets qui lui tiennent à cœur et qui n’ont qu’un lien ténu avec l’intrigue. Le lecteur sera abreuvé de multiples digressions sur la bataille de Waterloo (plus d’une centaine de pages), sur le couvent, sur l’utilisation de l’argot dans la littérature, sur les émeutes parisiennes de 1830 et 1848, sur la peine de mort, sur la misère et la saleté qui régnait dans la capitale, sur le système des égouts parisiens, etc. Pour moi, ça a été les moments les plus pénibles, les plus ennuyeux de la lecture. Je lisais parfois vingt pages de ces digressions avant d’avoir une très forte migraine ; je ne comprenais pas tout ce que je lisais et quand je n’en pouvais plus, je laissais de côté le livre pendant plusieurs jours.
Qu’est-ce qui explique alors cette bonne note malgré les points évoqués plus haut ? J’ai aimé l’engagement de Victor Hugo, sa manière de dénoncer l’injustice, la pauvreté, la misère, le système judiciaire de cette époque notamment l’existence des bagnes, les inégalités sociales flagrantes. La fin de l’histoire m’a beaucoup émue, notamment les 200 dernières pages. J’ai versé des torrents de larmes tellement il y avait d’émotions, d’injustices et de réalisme. Le discours de Jean Valjean parlant à Marius dans le salon était poignant ; son abnégation et sa fin m’ont profondément bouleversé.
Pour conclure, je dirais que c’est un ouvrage titanesque, pas accessible à tous en raison de sa complexité et de son volume, mais, pour les plus courageux qui se lancent dans cette lecture, ils auront droit à de belles surprises !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Hernani –  Le dernier jour d’un condamné