Chroniques de la révolution égyptienne

Fiche identité

  • Titre du livre: Chroniques de la révolution égyptienne
  • Auteur: Alla El Aswany
  • Nombre de pages: 320
  • Édition: Actes Sud

Résumé

Ce livre est un assemblage de cinquante chroniques de l’auteur qui dénonce les conditions politiques et sociales de l’Egypte avant la révolution.

Avis     

Je connais bien cet auteur pour avoir lu deux de ces romans mais je suis déçue par cet ouvrage. J’étais induite en erreur par le mot « Chroniques » car je m’attendais à des fictions, voire des témoignages sur le quotidien des Egyptiens pendant cette période trouble.  Bref, un roman comme l’immeuble Yacoubian qui est particulièrement réussi.
Or, ce livre est un essai, un pamphlet qui regroupe des articles de presse de l’auteur avant la révolution.  Chaque article est une vive critique du régime de l’époque : corruption, népotisme, tentative de transmission du pouvoir présidentiel par Moubarak à son fils Gamal, fraude électorale, pauvreté, violence policière, dégradation des conditions de la femme, recrudescence de l’extrémisme religieux en Egypte, services publics défaillants notamment les hôpitaux publics etc.
Mais  la structure de cet ouvrage n’est pas idéale car les idées véhiculées dans ces chroniques se répètent. Une fois qu’on a lu quelques uns qui traitent du même thème, on s’ennuie. On sait ce que l’auteur va dire, on sait ce pourquoi il se bat. Imaginez 50 articles du même genre sur environ 300 pages ! Soit on aime, soit on passe son tour, soit on prend sur soi pour finir lentement l’ouvrage dans l’espoir que le ton changera vers la fin.
Le style d’écriture est clair mais en raison de la répétition des idées et des chroniques, il devient lassant.
Pour ma part, le fait qu’il soit bref m’a permis de le terminer même si j’ai songé plusieurs fois à abandonner cette lecture car ce n’est pas du tout ma tasse de thé. Cela n’enlève rien au courage de l’auteur de publier ces idées dans un pays où la liberté de presse est réduite et où il risque sa vie à tout moment pour des propos qui froisseraient le pouvoir en place.
Mais bon, c’est un essai politique, pas une fiction donc je n’ai pas apprécié cet ouvrage.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Automobile club d’Egypte – L’immeuble Yacoubian

Marx et la poupée

Fiche identité

  • Titre du livre: Marx et la poupée
  • Auteur: Maryam Madjidi
  • Nombre de pages: 220
  • Édition: J’ai lu

Résumé

L’auteur, à travers ce récit autobiographique, nous raconte ses souvenirs d’enfance en Iran et son exil en France.

 Avis     

C’est toujours grâce à des lecteurs de Babelio que j’ai découvert ce livre très émouvant. Merci à eux pour leur enthousiasme et leur partage !
Cette histoire mêle plusieurs bribes de souvenirs : ceux de son enfance jusqu’à l’âge de six ans en Iran, puis ceux de son arrivée en France et de son adaptation à ce nouveau pays.
L’Iran, c’est le pays où ses parents révolutionnaires, militants communistes convaincus, essaient de mener leur combat idéologique au détriment de leur sécurité.  L’Iran, c’est aussi se sentir entourée et aimée par la famille élargie, que ce soit la grand-mère douce et aimante, l’oncle Saman ou les innombrables cousins/cousines.
La France, c’est le pays où elle débarque avec sa mère. C’est le pays de l’exil, de la séparation et de la douleur. Ce choc culturel, surtout pour un enfant qui n’a pas été préparé à un départ aussi soudain, la plonge dans l’incompréhension, le déni et la colère. Tout est si différent : la langue, la nourriture, la culture, la solitude. Elle finit par rejeter sa langue maternelle pour tenter d’intégrer tant bien que mal ce nouveau pays d’accueil. Comment concilier ces deux cultures et ces deux identités qui semblent si opposées mais qui ensemble ferait le plus beau des mélanges ?
Ce récit, raconté avec beaucoup de douceur, de tendresse, de sensibilité, de poésie et d’authenticité, a fait vibrer mon cœur. Les thèmes liés à l’exil et à l’immigration ont le don de me toucher car j’ai vécu cette douloureuse (mais enrichissante) expérience il y a quelques années de cela. J’ai ressenti avec beaucoup d’émotion ce qu’elle l’a vécu et ce qu’elle continue à vivre, un peu comme si elle parlait à tous ces millions d’exilés (volontaires ou non), loin de leurs pays et de leurs racines.
L’auteur évoque aussi, de manière voilée, les conditions sociales à Téhéran, une capitale partagée entre modernités et mœurs excessives entre les murs contre l’hypocrisie et la répression religieuse dehors.
Je vous recommande cette lecture, encore un diamant brut trouvé sur ma route de lecteur !