Poil de carotte

Fiche identité

  • Titre du livre : Poil de carotte
  • Auteur : Jules Renard
  • Nombre de pages : 125
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1894

Résumé

Poil de carotte est le fils cadet de la famille Lepic. Mal aimé par sa mère, il nous raconte des bribes de son enfance.

Avis    

Chaque chapitre, présenté sous forme d’anecdotes ou de courtes scènes, raconte des souvenirs d’enfance. La figure de la mère est omniprésente : réprimandes, coups avec une intensité plus ou moins variables selon son degré d’humeur, de multiples corvées qui lui incombent notamment sortir la nuit fermer le poulailler ou achever les bêtes ramener de la chasse par son père (l’horreur suprême !), des humiliations constantes comme l’enfermer dans sa chambre la nuit sans pot pour faire ses besoins ou carrément lui faire boire son urine lorsqu’il a malencontreusement sali les draps.
Ce livre m’a fendu le cœur. Depuis que j’ai mon petit bout d’homme dans ma vie, je suis devenue plus sensible à tout ce qui touche à la maltraitance envers les enfants. Je ne peux pas concevoir pourquoi une mère peut se montrer aussi cruelle, sadique et méchante envers son propre enfant. Qu’est-ce qui peut expliquer ce comportement ? Est-ce parce que c’est un enfant non désiré ou bien est-ce que son physique ingrat rebute cette femme ? Cette histoire me rappelle un peu celle de Hervé Bazin dans Vipère au poing.
Pour se protéger, et parce qu’il ne peut reproduire que ce qu’il connaît, Poil de Carotte devient aussi agressif, mesquin, menteur, violent et jaloux. De souffre-douleur familial, il finit par être cruel envers ses semblables, et même avec les animaux, forme d’exécutoire peut-être face à toute cette haine et ce sadisme quotidien ?
Le style d’écriture est léger, doux et fluide. Malgré l’aspect tragique et malheureux de ce récit, l’auteur ne sombre pas dans le pathétique ni la colère. Au contraire, il jette un regard teinté d’ironie et d’humour. Le roman se lit très vite et convient aux adultes comme aux adolescents. Ces derniers risquent d’être touchés par toutes ces injustices, donc à mon avis, c’est bien s’ils peuvent échanger avec un adulte sur leurs impressions après cette lecture.
À lire ? Pourquoi pas ?

Un fils en or

Fiche identité

  • Titre du livre : Un fils en or
  • Auteur : Shilpi Somaya Gowda
  • Nombre de pages : 544
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 2015

Résumé

Anil Patel est le fils aîné d’une famille de propriétaires terriens en Inde. Grâce à son assiduité dans les études, il réussit à partir aux Etats-Unis pour étudier la médecine dans un hôpital de Dallas.
Quant à Leena, sa voisine et amie proche, ses parents lui organisent un mariage arrangé. Ce roman raconte le destin croisé de ces deux personnages.

Avis     

Ce livre est une belle histoire à propos de la société contemporaine indienne. Il nous montre à quel point la pression sociale est forte en Inde, surtout celle exercée par les parents sur leurs enfants.
L’auteur évoque l’expérience de l’immigration et de l’exil. Anil, parce qu’il est le fils aîné sur qui se fonde tous les espoirs de la famille, part étudier la médecine aux Etats-Unis. Mais est-ce vraiment son rêve et son choix ? Son père l’a poussé dans cette voie depuis sa plus tendre enfance et lui n’a jamais douté de cette vocation. Arrivé là-bas, plein d’espoirs et de rêves, il fait face à plusieurs difficultés : le rythme à l’hôpital est ardu, les différences culturelles sont fortes et il peine à s’adapter à ce monde nouveau. Anil a du mal à trouver sa place, que ce soit chez sa famille en Inde ou dans son pays d’accueil. Finalement, il n’appartient ni à l’un ni à l’autre, mais tente de concilier difficilement ces deux cultures diamétralement opposées. Je me suis sentie proche de lui, car j’ai plus ou moins vécu ce type d’expérience et cette sensation d’exil permanent est troublante.
À travers ce roman, l’auteur dénonce également les conditions des femmes en Inde. Leena, parce que c’est une fille, doit être mariée. Pourquoi ? C’est une habitude culturelle donc ses parents ont arrangé son mariage en payant une dot conséquente. Elle n’aura croisé son époux qu’une fois avant leurs noces. Mais elle sera victime de violences conjugales. Fuir est une option peu envisageable, car elle risque d’entraîner le déshonneur sur sa famille. Sa situation est révoltante et écœurante ! Combien de femmes subissent encore ce type de traitement de nos jours ? C’est honteux !
À travers ce livre, on découvre aussi les us et coutumes de la société indienne comme l’arbitrage qui est une forme de justice populaire dans les villages éloignés, les bons plats indiens qui donnent l’eau à la bouche, les modes de vie dans les campagnes qui sont régis par le système des castes et des richesses.
Le style d’écriture est agréable, doux et fluide. Malgré des passages assez durs, l’auteur ne sombre pas dans le pathétique, mais adopte un ton sensible et mesuré. Dès les premiers chapitres, nous sommes rapidement dans l’ambiance et comme un voyageur, nous naviguons au gré des chapitres entre l’Inde et le Texas. Les personnages sont attachants. On tremble pour eux, on les comprend et on a envie d’entrer dans le livre pour les aider de toutes nos forces.
Pour conclure, je recommande absolument ce roman aux amoureux de l’Inde, aux lecteurs en quête d’une histoire sensible et réaliste !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : La fille secrète