La servante écarlate

Fiche identité

  • Titre du livre: La servante écarlate
  • Auteur: Margaret Atwood
  • Nombre de pages: 560
  • Édition: Robert Laffont

Résumé

Lorsque le taux de natalité chute drastiquement, la nouvelle république de Gilead instaure un nouvel ordre social chez les femmes.

Avis     

Plusieurs fois, j’ai commencé ce roman sans jamais réussir à dépasser le premier chapitre. Puis, face à sa médiatisation récente, j’ai réussi à surmonter mes réticences pour enfin l’achever.
La narratrice nous décrit son quotidien dans un univers proche d’une dictature religieuse. Ce n’est qu’en rassemblant bout à bout les morceaux que nous découvrons le rôle qu’elle joue dans ce nouvel ordre social.
Ce n’est pas un livre facile car loin d’être un roman lisse et chronologique il est parsemé de plusieurs allers-retours dans ses souvenirs personnels. L’ambiance est morose, sombre et d’un ennui mortel. Le passé qu’on reconstruit comme un puzzle laisse beaucoup de flous et de mystères non élucidés. Le présent est une prison sans aucun espoir de délivrance si ce n’est la mort, et encore elle est peu accessible.
Mais soyons honnêtes, malgré toutes les qualités dont regorge ce livre (notamment le fait qu’il dénonce les dérives totalitaires et religieuses dont les femmes sont les premières victimes), je n’ai pas aimé ce roman. Cette atmosphère lourde, oppressante et ennuyeuse m’a pesée. C’est comme si à chaque fois que j’ouvrais ce roman il m’asphyxiait et me privait peu à peu de ma joie de vivre. Je n’ai pas ressenti d’attachement pour Defred malgré toutes les épreuves par lesquelles elle est passée. A mes yeux, elle était déjà morte au fond d’elle-même.
Le style d’écriture est simple, avec un ton plat et glacial. Si l’auteur a suscité toutes ces émotions en moi, je conclue qu’elle a un talent indéniable. Mais la lecture doit rester un plaisir, une évasion et ici, ce fut presque une prison qui enserrait mes pensées.
Quoi qu’il en soit, ce livre vaut quand même le détour sauf en cas de déprime. J’ai essayé de regarder la bande annonce de la série mais impossible d’aller plus loin…

Un fils en or

Fiche identité

  • Titre du livre: Un fils en or
  • Auteur: Shilpi Somaya Gowda
  • Nombre de pages: 544
  • Édition: Folio

Résumé

Anil Patel est le fils aîné d’une famille de propriétaires terriens en Inde. Grâce à son assiduité dans les études, il réussit à partir aux Etats-Unis pour étudier la médecine dans un hôpital de Dallas.
Quant à Leena, sa voisine et amie proche, ses parents lui organisent un mariage arrangé. Ce roman raconte le destin croisé  de ces deux personnages.

Avis     

Ce livre est une belle histoire à propos de la société contemporaine indienne. Il nous montre à quel point la  pression sociale est forte en Inde, surtout celle exercée par les parents sur leurs enfants.
L’auteur évoque l’expérience de  l’immigration et de l’exil. Anil, parce qu’il est le fils aîné sur qui se fonde tous les espoirs de la famille, part étudier la médecine aux Etats-Unis. Mais est-ce vraiment son rêve et son choix ? Son père l’a poussé dans cette voie depuis sa plus tendre enfance et lui n’a jamais douté de cette vocation.  Arrivé là-bas, plein d’espoirs et de rêves, il fait face à plusieurs difficultés : le rythme à l’hôpital est ardu, les différences culturelles sont fortes et il peine à s’adapter à ce monde nouveau. Anil a du mal à trouver sa place, que ce soit chez sa famille en Inde ou dans son pays d’accueil. Finalement il n’appartient ni à l’un ni à l’autre mais tente de concilier difficilement ces deux cultures diamétralement opposées. Je me suis sentie proche de lui car j’ai plus ou moins vécu ce type d’expérience et cette sensation d’exil permanent est troublante.
A travers ce roman, l’auteur dénonce également les conditions des femmes en Inde. Leena, parce que c’est une fille, doit être mariée. Pourquoi ? C’est une habitude culturelle donc ces parents ont arrangé son mariage en payant une dot conséquente.  Elle n’aura croisé son époux qu’une fois avant leurs noces. Mais, elle sera victime de violences conjugales. Fuir est une option peu envisageable car elle risque d’entraîner le déshonneur sur sa famille. Sa situation est révoltante et écœurante ! Combien de femmes subissent encore ce type de traitement de nos jours ? C’est honteux !
A travers ce livre, on découvre aussi les us et coutumes de la société indienne comme l’arbitrage qui est une forme de justice populaire dans les villages éloignés,  les bons plats indiens qui donnent l’eau à la bouche, les modes de vie dans les campagnes qui sont régis par le système des castes et des richesses.
Le style d’écriture est agréable, doux et fluide. Malgré des passages assez durs, l’auteur ne sombre  pas dans le pathétique mais adopte un ton sensible et mesuré. Dès les premiers chapitres, nous sommes rapidement dans l’ambiance et comme un voyageur, nous naviguons au gré des chapitres entre l’Inde et le Texas. Les personnages sont attachants. On tremble pour eux, on les comprend et on a envie d’entrer dans le livre pour les aider de toutes nos forces.
Pour conclure, je recommande absolument ce roman aux amoureux de l’Inde, aux lecteurs en quête d’une histoire sensible et réaliste!

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La fille secrète