Dans ce quatrième tome des Rougon-Macquart, nous quittons Paris pour revenir à Plassans, ville où l’histoire familiale a débuté.
Ce récit raconte le délitement d’une famille bourgeoise, avec en parallèle l’ascension d’un prêtre ambitieux.
Marthe, la fille de Félicité, mariée à un cousin, mène une vie tranquille et monotone jusqu’à ce que son mari loue le second étage de leur maison à un prêtre.
Ce dernier, d’abord méprisé par les bourgeois de la ville, souhaite reprendre sa revanche sur ces derniers. Petit à petit, il va habilement s’attirer leur estime grâce à des œuvres caritatives. Cet homme, manipulateur et dévoré d’ambition, a su trouver la faiblesse de la ville, toujours partagée politiquement entre les bonapartistes et les légitimistes.
L’auteur met l’accent sur le fanatisme religieux, outil de manipulation redoutable. Marthe, qui héberge cet homme, devient sa proie : elle sombre dans la ferveur religieuse, confond passion humaine et divine et se consume à petit feu en plongeant dans le désastre son foyer. La personne la plus à plaindre reste Mouret, le mari, qui sera une des principales victimes des machinations des uns et des autres.
Ce livre décrit les relations sociales qui se nouent dans cette petite ville, les jeux de pouvoir et les ambitions de chacun. Il y a une abondance de personnages qui peuvent dérouter au début, mais au fur et à mesure de la lecture, on reconnaît bien vite cette bande de vautours hypocrites et sans scrupules.
J’aime les écrits de Zola, car les sujets qu’ils abordent restent toujours d’actualité : la soif du pouvoir, le fanatisme religieux, les perfidies des uns et des autres.
Moins descriptif que ces autres ouvrages, ce roman se lit bien. Le style d’écriture est riche, abondant, mais laisse plus de place à l’action et aux dialogues.
Un très bon classique que je recommande !