La religieuse

Fiche identité

  • Titre du livre : La religieuse
  • Auteur : Denis Diderot
  • Nombre de pages : 257
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1796

Résumé

Suzanne se retrouve dans un couvent après une forte pression de sa famille. Mais elle y mène une existence malheureuse, d’autant plus que sa vocation religieuse ne se manifeste pas et qu’elle subit plusieurs tourments.

Avis   

C’est une histoire bien Shakespeare, William – Othello que je vous présente ici, et même si ce n’est qu’une fiction de la part de l’auteur, j’imagine sans peine que certaines femmes, dans d’autres époques plus reculées que la nôtre, ont subi ces tourments.
La vie religieuse est une vocation, et si elle ne l’est pas, c’est une prison où l’on reste inéluctablement. Ici, Suzanne, parce qu’elle doit expier la faute de sa mère adultère, se voit contrainte d’intégrer un couvent. Mais l’expérience tourne vite au cauchemar : dans le premier couvent, elle sera aux mains d’une sœur despotique et violente, qui lui mènera la vie dure tant et si bien qu’elle essayera à tout prix de se défaire de ses vœux perpétuels. Son changement de lieu d’affectation, loin de lui apporter du répit, ne fera que la rendre plus malheureuse, car la mère supérieure n’hésitera pas à séduire notre héroïne et va même l’entraîner dans des situations intimes embarrassantes.
L’auteur ici nous offre un violent réquisitoire contre la vie dans les couvents et dénonce les abus qui pouvaient exister dans certains de ces lieux (violences, harcèlement sexuel, tortures, pression de la part de l’entourage, etc.). Pour Diderot, rester cloîtrée entre quatre murs est contraire à la nature humaine, et loin d’éloigner les vices, elle ne fait que les exacerber.
Je n’entrerai pas dans la polémique de la religion, et si certaines parties de l’histoire m’ont paru exagérés, elles sont là pour servir l’intérêt de l’auteur avant tout, c’est-à-dire défendre la liberté individuelle, le libre-arbitre et le droit de disposer de son corps et de sa vie comme on l’entend.
Le style d’écriture est riche, même s’il m’a paru désuet à certains moments, ce qui est normal vu que ce récit a été écrit au XVIIIème siècle. Il y a de belles descriptions et l’auteur a su rendre avec beaucoup de réalisme et de sensibilité les états d’âme d’une jeune femme.
C’est du « classique pur » donc pour les non-initiés, il faut s’accrocher un peu pour le lire.
Le mot de la fin ? C’est une histoire triste donc, mieux vaut l’éviter si vous avez le blues. La fin m’a semblé inachevée et chacun choisira ce qu’il souhaite pour l’avenir sombre de Suzanne.

D’après une histoire vraie

Fiche identité

  • Titre du livre : D’après une histoire vraie
  • Auteur : Delphine de Vigan
  • Nombre de pages : 484
  • Édition : JC Lattès
  • Année de publication : 2015

Résumé

Lors d’une soirée, l’auteur rencontre L., avec qui se noue un lien d’amitié. Mais que veut cette femme qui prend de plus en plus d’emprise sur elle ?

Avis    

Après le succès fulgurant de son dernier roman où elle raconte des souvenirs familiaux très intimes (mais que je n’ai pas lu), Delphine de Vigan s’attaque ici à un autre sujet : le travail d’écriture.
Dépassée par son dernier roman et en panne d’inspiration, l’auteur rencontre L., une jeune femme qui travaille dans le milieu littéraire. Très vite, une amitié troublante et excessive se noue : L. devient insidieusement plus envahissante, plus indispensable tandis que la narratrice est confrontée au syndrome de la page blanche.
La frontière entre le réel et la fiction ici est très floue : est-ce vrai ? Est-ce que l’auteur nous mène en bateau ? A-t-elle réellement vécu cette relation mêlée de chantage ou est-ce un pur produit de son imagination ? Personnellement, je m’en fiche, car ce type de schéma fait un peu « people » et voyeur, comme si vendre des morceaux de sa vie rapportait un prix littéraire.
Tout ce « moi je…moi je » sur cinq cents pages m’a agacée : l’auteur n’hésite pas à disséminer ici et là des détails intimes comme sa relation amoureuse avec François B. (animateur connu de France 5), ses relations avec ses enfants, ses vacances avec des ami(e)s, les courses qu’elle fait au supermarché du coin, etc. Il s’agit d’une masturbation nombriliste, égocentrique et inutile, un catalogue d’instantanés familiaux et privés qui ne mènent pas bien loin. Entre nous, il y en a un peu ras le bol de ces petits problèmes de bobos parisiens. N’y a-t-il rien d’autre à écrire à part ces banalités quotidiennes ?
Le style d’écriture reste fluide, mais certaines scènes sont trop répétitives. On a l’impression de tourner en rond, de retrouver les mêmes situations naïves à chaque chapitre. En plus, roman contemporain oblige, il y a une liste non exhaustive de publicités, depuis des éloges d’autres romanciers (des amis en panne d’inspiration ?) jusqu’à des marques célèbres. Le dénouement ne m’a pas surprise et la ressemblance très forte avec Misery, le roman de Stephen King, est presque trop évidente, surtout vers la fin.
Bon, je suis fatiguée des romans contemporains français ; j’accroche de moins en moins et je pense sérieusement à limiter ce type de lecture pour l’année 2016. Par rapport à ce roman, ce n’est pas mon style, cela pourrait être le vôtre quand même. À lire ? Bof !

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