Les employés

Fiche identité

  • Titre du livre : Les employés
  • Auteur : Honoré de Balzac
  • Nombre de pages : 337
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1838

Résumé

Rabourdin est employé dans un ministère, mais espère depuis longtemps un poste hiérarchiquement plus élevé. Lorsque son collègue décède, ce dernier voit sa promotion de chef de division arrivé. Toutefois, un autre de ses collègues a également les mêmes vues. 

Avis    

Cette note est passable, mais malgré toute l’affection que je voue pour Balzac, je ne peux pas mettre plus. Cette lecture fut ardue, difficile et à moins d’être un lecteur aguerri de classiques français, il vaut mieux ne pas s’y risquer de peur d’être à jamais dégoûté de la lecture.
Cette histoire, courte, est centrée sur un thème précis : les manigances des employés pour obtenir une promotion. Ici, il entend par « employé » ce que nous appelons aujourd’hui les fonctionnaires.
Balzac dresse des portraits peu flatteurs et on sent vraiment qu’il méprise cette profession. Il considère les bureaux d’État comme une « bonne planque » (désolé, je ne trouve pas de terme plus adéquat.). Les gens qui y travaillent sont une bande de paresseux, tout juste bonne à engloutir l’argent public ou parachuté grâce à de bonnes relations. Ils font tout sauf travailler sérieusement.
Mais dans ce livre il y a beaucoup trop de personnages : on se perd sur qui est qui, qui fait quoi et quels sont leurs motivations. Balzac nous offre des descriptions très minutieuses qui vont jusqu’aux habits portés, aux habitudes journalières et au caractère de chacun des membres du bureau. J’avoue qu’à partir d’un moment, il m’a perdu avec cette abondance de personnages et de descriptions.
L’auteur décrit aussi le rôle joué par les relations pour obtenir le poste convoité, que ce soit par l’appui de la famille ; par les dîners donnés par les épouses qu’on peut considérer comme des vrais stratèges dignes de Machiavel ; ou par de vagues connaissances (amis, membres du clergé, créancier, etc.). Tout est permis, pourvu qu’on arrive à ses fins. Bref, rien dans la nature humaine et la société n’a changé malgré les siècles qui se sont écoulés.
Le personnage principal est Rabourdin, un employé visionnaire qui constate les défaillances du système : l’argent public est dépensé dans des postes qui ne justifient pas ; il y a trop d’employés qui ne sont pas assez occupés. Il imagine donc un plan pour plan pour réduire les fonctionnaires et apporter plus d’efficience et d’efficacité dans l’administration. Encore une fois, c’est étonnant que les réflexions de cette époque ne soient pas si éloignées de nos problèmes économiques actuels.
J’insiste pour dire que le style d’écriture est riche mais difficile, lourd, peu fluide et a ralenti considérablement ma lecture.
Je termine ce commentaire en recommandant ce roman uniquement aux lecteurs aguerris, fans de Balzac et de classiques !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Eugénie Grandet – Illusions perduesLa duchesse de LangeaisLe bal de Sceaux – Le colonel ChabertLe père Goriot Splendeurs et misères des courtisanes Ursule Mirouët 

La religieuse

Fiche identité

  • Titre du livre : La religieuse
  • Auteur : Denis Diderot
  • Nombre de pages : 257
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1796

Résumé

Suzanne se retrouve dans un couvent après une forte pression de sa famille. Mais elle y mène une existence malheureuse, d’autant plus que sa vocation religieuse ne se manifeste pas et qu’elle subit plusieurs tourments.

Avis   

C’est une histoire bien Shakespeare, William – Othello que je vous présente ici, et même si ce n’est qu’une fiction de la part de l’auteur, j’imagine sans peine que certaines femmes, dans d’autres époques plus reculées que la nôtre, ont subi ces tourments.
La vie religieuse est une vocation, et si elle ne l’est pas, c’est une prison où l’on reste inéluctablement. Ici, Suzanne, parce qu’elle doit expier la faute de sa mère adultère, se voit contrainte d’intégrer un couvent. Mais l’expérience tourne vite au cauchemar : dans le premier couvent, elle sera aux mains d’une sœur despotique et violente, qui lui mènera la vie dure tant et si bien qu’elle essayera à tout prix de se défaire de ses vœux perpétuels. Son changement de lieu d’affectation, loin de lui apporter du répit, ne fera que la rendre plus malheureuse, car la mère supérieure n’hésitera pas à séduire notre héroïne et va même l’entraîner dans des situations intimes embarrassantes.
L’auteur ici nous offre un violent réquisitoire contre la vie dans les couvents et dénonce les abus qui pouvaient exister dans certains de ces lieux (violences, harcèlement sexuel, tortures, pression de la part de l’entourage, etc.). Pour Diderot, rester cloîtrée entre quatre murs est contraire à la nature humaine, et loin d’éloigner les vices, elle ne fait que les exacerber.
Je n’entrerai pas dans la polémique de la religion, et si certaines parties de l’histoire m’ont paru exagérés, elles sont là pour servir l’intérêt de l’auteur avant tout, c’est-à-dire défendre la liberté individuelle, le libre-arbitre et le droit de disposer de son corps et de sa vie comme on l’entend.
Le style d’écriture est riche, même s’il m’a paru désuet à certains moments, ce qui est normal vu que ce récit a été écrit au XVIIIème siècle. Il y a de belles descriptions et l’auteur a su rendre avec beaucoup de réalisme et de sensibilité les états d’âme d’une jeune femme.
C’est du « classique pur » donc pour les non-initiés, il faut s’accrocher un peu pour le lire.
Le mot de la fin ? C’est une histoire triste donc, mieux vaut l’éviter si vous avez le blues. La fin m’a semblé inachevée et chacun choisira ce qu’il souhaite pour l’avenir sombre de Suzanne.