Vent d’Est, vent d’Ouest

Fiche identité

  • Titre du livre : Vent d’Est, vent d’Ouest
  • Auteur : Pearl Buck
  • Nombre de pages : 250
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1930

Résumé

Kwei-Lan, élevée depuis sa plus tendre enfance selon les méthodes ancestrales chinoises, épouse un Chinois qui a fait ses études à l’étranger et qui rejette une partie des traditions.
Mais un autre drame secoue la famille : son frère aîné s’est marié avec une étrangère.

Avis    

Cette histoire fut un énorme coup de coeur pour moi. Je ressors de cette lecture enchantée, ravie et dépaysée.
La narratrice, Kwei-Lan, nous raconte son histoire : celle d’une jeune chinoise, qui après son mariage arrangé, se retrouve confrontée à deux cultures diamétralement opposées. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur traite le sujet. Kwei-Lan nous décrit ses sentiments de manière précise : ses doutes, ses préjugés sur les Occidentaux qu’elle tente tant bien que mal de surmonter, l’évolution de ses relations avec les membres de sa famille.
On découvre dans ce livre tellement de choses sur les anciennes pratiques culturelles chinoises : le culte des dieux, le respect des aînés, les traditions ancestrales, l’éducation des jeunes filles, les relations familiales qui fixaient la place de chacun dans la société, les jeux de pouvoirs entre la femme légitime et les concubines, le rôle d’une belle-fille au sein de sa belle-famille (qui se résume à donner un fils à son mari pour perpétuer le nom et être totalement dévouée au bien-être de sa belle-mère), les critères de beauté (avoir des pieds bandés, savoir jouer de la harpe, être douce, silencieuse et soumise…). L’auteur évoque le choc des cultures chinoises et occidentales et ses conséquences sur la structure familiale et sur les générations anciennes.
Il faut savoir que ce livre a été écrit par une Américaine, Pearl Buck, qui a passé une grande partie de sa vie en Chine. Lors de la lecture, j’avais presque l’impression que c’est une Chinoise qui écrivait tellement son ton était mesuré, poétique et doux. Le style d’écriture est limpide avec des descriptions magnifiques qui nous emmènent dans une époque à jamais disparue.
J’ai encore beaucoup de choses à vous partager, mais je m’arrêterai là. Lisez-le ! C’est un récit magnifique !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blogLa mère

Famille modèle

Fiche identité

  • Titre du livre : Famille modèle
  • Auteur : Eric Puchner
  • Nombre de pages : 552
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 2010

Résumé

Cette histoire se déroule aux Etats-Unis, en Californie, chez la famille Ziller. L’auteur nous raconte la lente descente aux enfers de celle-ci après que le père Warren ait investi toutes leurs économies dans un projet immobilier qui tourne au désastre.

Avis    

J’ai choisi de lire ce livre à cause de son titre. Ces mots « Famille modèle » sonnaient déjà faux à mon oreille : je pressentais soit des secrets bien enfouis sous un vernis d’apparences, soit une dissolution progressive d’une famille classique. Et ce furent ces deux schémas qui se sont enchevêtrés tout au long de ce roman.
J’aime beaucoup ce genre de thème, car c’est un exercice difficile pour un auteur : comment attirer suffisamment l’attention d’un lecteur sur un sujet aussi banal que des problèmes familiaux ? Ce pauvre lecteur n’en a-t-il pas déjà assez dans sa vie quotidienne pour encore s’alourdir de ceux de personnages fictifs ?
Mais là, Eric Puchner a réussi à me captiver jusqu’au bout. Pendant ces cinq cents pages, il nous entraîne dans la vie des Ziller. On partagera tour à tour le point de vue des cinq membres de la famille. Je ne vous dirais pas plus pour vous laisser découvrir Warren, Camille, Dustin, Lyle, Jonas et Mister Léonard leur chien.
L’auteur évoque plusieurs sujets : la routine qui fait place, petit à petit, à l’amour dans un couple, les relations parents/enfants, notamment la balance difficile entre complicité et autorité, la frustration ressentie face à la personnalité « différente » de ces enfants par rapport à ce qu’on espérait ; les relations entre les frères et soeurs, qui sont teintées parfois d’incompréhension, de jalousie ou de maladresse ; les adolescents en pleine découverte de leurs premiers émois, des bêtises (fêtes déjantées, drogues, etc.) mais aussi pétris de rêves utopiques.
C’est un livre qui décrypte minutieusement les émotions et les sentiments de chacun de personnages, où on oscille entre humour et tragédie avec un ton toujours juste qui ne sombre pas dans le pathétique. Malgré le fait que les relations se délitent et font place au doute, à la rancoeur et à la colère, l’auteur sait doser chaque situation. ll n’y a pas d’exagération, pas de leçon morale, mais des drames qui pourraient vous arriver à vous et à moi si le malheur vient réclamer sa part dans votre vie.
Le style est léger, agréable, mais profond. Il a vraiment du talent et sa façon de décrire les situations me rappelle un peu Ian McEwan, un écrivain anglais que j’affectionne beaucoup. Je ne mets pas le cinquième coeur car il y a eu quelques petites longueurs et une fin qui m’a paru bizarrement …inachevée.
Je termine cette critique par ce vers de Robert Burns, évoqué aussi dans une oeuvre de John Steinbeck : « les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».