Famille modèle

Fiche identité

  • Titre du livre: Famille modèle
  • Auteur: Eric Puchner
  • Nombre de pages: 552
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Cette histoire se déroule aux Etats-Unis, en Californie, chez la famille Ziller. L’auteur nous raconte la lente descente aux enfers de celle-ci après que le père Warren ait investi toutes leurs économies dans un projet immobilier qui tourne au désastre.

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J’ai choisi de lire ce livre à cause de son titre. Ces mots « Famille modèle » sonnaient déjà faux à mon oreille: je pressentais soit des secrets bien enfouis sous un vernis d’apparences, soit une dissolution progressive d’une famille classique. Et ce fut ces deux schémas qui se sont enchevêtrés tout au long de ce roman.
J’aime beaucoup ce genre de thème car c’est un exercice difficile pour un auteur : comment attirer suffisamment l’attention d’un lecteur sur un sujet aussi banal que des problèmes familiaux ? Ce pauvre lecteur n’en a-t-il pas déjà assez dans sa vie quotidienne pour encore s’alourdir de ceux de personnages fictifs?
Mais là, Eric Puchner a réussi à me captiver jusqu’au bout. Pendant ces cinq cent pages, il nous entraîne dans la vie des Ziller. On partagera tour à tour le point de vue des cinq membres de la famille. Je ne vous dirais pas plus pour vous laisser découvrir Warren, Camille, Dustin, Lyle, Jonas et Mister Léonard leur chien.
L’auteur évoque plusieurs sujets: la routine qui fait place petit à petit à l’amour dans un couple, les relations parents/enfants, notamment la balance difficile entre complicité et autorité, la frustration ressentie face à la personnalité « différente » de ces enfants par rapport à ce qu’on espérait;  les relations entre les frères et soeurs, qui sont teintées parfois d’incompréhension, de jalousie ou de maladresse; les adolescents en pleine découverte de leurs premiers émois, des bêtises (fêtes déjantées, drogues etc..) mais aussi pétris de rêves utopiques.
C’est un livre qui décrypte minutieusement les émotions et les sentiments de chacun de personnages, où on oscille entre humour et tragédie avec un ton toujours juste qui ne sombre pas dans le pathétique. Malgré le fait que les relations se délitent et font place au doute, à la rancoeur et à la colère, l’auteur sait doser chaque situation. ll n’y a pas d’exagération, pas de leçon morale mais des drames qui pourraient vous arriver à vous et moi si le malheur vient réclamer sa part dans votre vie.
Le style est léger, agréable mais profond. Il a vraiment du talent et sa façon de décrire les situations me rappelle un peu Ian McEwan, un écrivain anglais que j’affectionne beaucoup. Je ne mets pas le cinquième coeur car il y a eu quelques petites longueurs et une fin qui m’a paru bizarrement …inachevée.
Je termine cette critique par ce vers de Robert Burns, évoqué aussi dans une oeuvre de John Steinbeck: « les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».

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