Petit-déjeuner chez Tiffany

Fiche identité

  • Titre du livre : Petit-déjeuner chez Tiffany
  • Auteur : Truman Capote
  • Nombre de pages : 192
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1958

Résumé

L’édition comporte quatre nouvelles dont la principale est Petit déjeuner chez Tiffany. Le narrateur, un jeune écrivain obscur, se remémore une ancienne voisine, fantasque et excentrique nommée Holly Golightly.

Avis    

Cet ouvrage m’a laissé un arrière-goût amer et un brin de tristesse que je noie en écoutant copieusement du jazz. Le narrateur nous raconte l’excentrique vie de Holly Golightly, sa voisine : légère, frivole et fantasque, Holly gagne sa vie auprès d’hommes riches, parfois peu recommandables, qui l’emmènent à des soirées mondaines et lui offrent des cadeaux.
Si elle ne m’a pas paru attachante, Holly reste un personnage unique par son espièglerie, son extravagance, sa franchise et son aversion pour toute contrainte et attache. Tel un papillon qui virevolte de fleur en fleur, elle est insaisissable pour le narrateur qui semble tantôt attiré par elle, tantôt agacé et dépassé par son comportement.
Alors je vous vois arriver en me demandant : pourquoi toute cette tristesse puisque cette fille a bien le droit de vivre de ses charmes ?
J’ai senti que derrière la forme légère de son existence se cache une femme blessée par la vie. C’est à peine perceptible, mais au milieu de toutes ces paillettes, il y a une profonde mélancolie, avec quelques beaux passages comme sa discussion avec Doc ou la scène finale avec le chat qui est bouleversante (mouchoir à préparer pour les plus sensibles !). Même si dès le début nous connaissons la fin, elle reste quand même brusque et ne répond pas à toutes les questions.
Le style d’écriture est agréable, pas autant que dans son chef-d’œuvre De sang-froid, mais l’ensemble reste fluide et léger.
Les autres nouvelles sont courtes et nettement moins intéressantes donc je n’en parlerai pas.
Pour conclure, « a bittersweet story » que je recommande quand même car il est court !

 Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : De sang-froidLa traversée de l’été

La vie volée de Jun Do

Fiche identité

  • Titre du livre : La vie volée de Jun Do
  • Auteur : Adam Johnson
  • Nombre de pages : 603
  • Édition : Edition de l’Olivier
  • Année de publication : 2012

Résumé

Cette histoire se déroule en Corée du Nord et raconte la vie de Jun Do, qui commence dans un orphelinat de province pour continuer ensuite dans l’armée.

Avis     

Que ressent-on à la lecture de ce livre ? Une foule d’émotions qui varie de l’incompréhension à la révolte, de l’humour à la haine.
Pourquoi ? Parce que cette histoire ne peut laisser personne indifférent, surtout à notre époque où la plupart des pays se battent pour la démocratie et contre toute forme de dictature. Mais il existe un endroit, quelque part au-dessus du 38ème parallèle, où vivre est un combat quotidien, où chaque souffle et regard non conforme peut vous entraîner dans un camp pénitentiaire, dans une salle de torture ou mieux à une mort rapide mais douloureuse.
Il s’agit de l’histoire de Jun Do, un héros attachant qui a mené dans ce récit une vie palpitante et souvent malheureuse : marqué dans son enfance par une existence des plus misérables dans un orphelinat de province, il s’engage dans l’armée comme rat de tunnel puis devient kidnappeur professionnel et opérateur radio sur un chalutier. J’aimerai tout vous raconter, mais je m’arrête là pour vous laisser découvrir la suite.
L’auteur essaie de décrire le régime politique nord-coréen : dictature de Kim-Jong-Il basée sur la propagande, les mensonges quotidiens diffusés par les haut-parleurs et la délation ; conditions de vie pathétiques de la population partagée entre la famine, la peur de se faire arrêter et un travail harassant ; les terribles camps pénitentiaires ou bagnes où sont envoyés les « dissidents » au régime.
Mais l’auteur ne sombre jamais dans le pathétique, et même les situations les plus tragiques et absurdes sont traitées avec un brin d’humour. Et c’est ce qui m’a marqué dans ce livre !
Son style d’écriture est frais, dynamique et riche et mélange de multiples points de vue. On passe du récit à la 1ère personne à celui des commentaires incisifs des haut-parleurs sans presque sentir la transition. Bien que certains passages soient très durs, l’auteur arrive toujours à distiller un infime espoir et relâche la tension au moment où celle-ci est à son paroxysme. Il a un talent indéniable de conteur et d’écrivain et j’’ai eu beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage !
Conclusion : un prix Pulitzer bien mérité et un excellent livre à découvrir ! To be read ? YES !