Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Fiche identité

  • Titre du livre: Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur
  • Auteur: Harper Lee
  • Nombre de pages: 447
  • Édition: Le livre de poche
  • Année de publication: 1960

Résumé

L’histoire se déroule dans les années 1930, dans une petite ville d’Alabama nommée Maycomb. Atticus, avocat de la ville, et ses deux enfants y vivent.  Scout, la petite fille nous raconte trois années de son enfance, qui l’ont marqué, notamment le procès de Tom Robinson, un Noir accusé d’avoir violé une femme blanche.

Avis    

J’ai beaucoup entendu parler de ce livre et enfin (ouf !) je le découvre.  Ce fut une lecture très agréable et dont je garderai un très bon souvenir.
L’histoire se déroule durant une période où le racisme était très ancré dans le sud des Etats-Unis. Scout, la fille d’Atticus, un avocat, raconte ses souvenirs d’enfance. Le livre démarre lentement. Dans la première partie, nous entrons doucement dans son quotidien : les jeux avec son frère et un ami, les rumeurs et cancans du voisinage, les relations qu’elle entretient avec son entourage, les journées d’école…
C’est très plaisant mais j’ai attendu un long moment avant qu’un événement vienne basculer cette existence paisible. Son père va défendre Tom Robinson, un Noir accusé à tort d’un viol. Avec leurs yeux d’enfants, Scout et son frère Jem vont faire face à la complexité de la nature humaine. Je me suis beaucoup attaché à ces deux enfants si vifs, spontanés et intelligents : ils ont des réflexions matures mais aussi des bêtises plein la tête, une imagination débordante mais aussi une très forte sensibilité ; ils ne comprennent pas forcément tout mais ils devinent plus de choses que l’on croit. Leur père aussi, même s’il m’a paru distant au début, est un personnage qui m’a marqué. Pour moi il représente quelqu’un de bon, courageux et intègre qui essaie tant bien que mal de véhiculer ses valeurs à son entourage.
C’est un livre qui évoque l’enfance, le racisme omniprésent à cette époque dans le sud des Etats-Unis,  mais aussi un message  d’amour et de tolérance. Le style d’écriture est agréable,  léger et assez fluide malgré les petites longueurs du début. Pour finir en beauté une citation qui m’a marquée :
– Eh bien, la plupart des gens semblent penser qu’ils ont raison et toi non…
– Ils ont tout à fait le droit de le penser et leurs opinions méritent le plus grand respect, dit Atticus, mais avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu.
Un bon livre que je vous recommande !

Le passeur de Chadong

Fiche identité

  • Titre du livre: Le passeur de Chadong
  • Auteur:  Shen Congwen
  • Nombre de pages: 202
  • Édition: Albin Michel
  • Année de publication: 1934

Résumé

L’histoire se déroule en Chine dans la province de Hunan. Le vieux batelier et sa petite-fille Emeraude vivent paisiblement au bord de la rivière. Mais l’âge des premiers émois de la jeune fille arrive…

Avis    

L’essor de la Chine change non seulement le contexte économique mais aussi culturel. De plus en plus de romans chinois sont traduits en français et c’est une superbe opportunité pour être en contact avec une littérature nouvelle, très différente des standards occidentaux. Certains livres que j’ai lu sont de toute beauté et celui-ci en fait partie. Pris au hasard dans les rayons de la bibliothèque, ni la couverture, ni le nom de l’auteur, ni même l’histoire ne me disait rien. Seul l’épaisseur a pesé dans le choix car je cherchais quelque chose de court.
J’ai été conquise dès les premières pages, qui commencent comme un conte. On plonge dans un décor somptueux de la campagne chinoise au bord d’une rivière; on vit, le temps de la lecture, le quotidien du petit village de Chadong, rythmé par les courses de bateau, les traditions ancestrales et l’arrivée des gens d’autres provinces.  On rencontre des personnages très simples mais tellement attachants: j’ai aimé la gentillesse du vieux passeur, la joie de vivre et la douceur d’Emeraude.
En lisant la quatrième de couverture, on s’attend à une histoire d’amour basique. Mais ce livre est bien que plus que ce que vous imaginez : il y a une subtilité dans chaque scène, une poésie dans chaque mot, un rythme doux et nonchalant, des actes manqués qui changent inexorablement l’existence de deux êtres.
En le terminant, on a envie de rentrer dans le livre, de faire basculer le cours des choses mais on ne peut que pousser un profond soupir.
Un roman méconnu, court, exceptionnellement poétique, sensible au point d’éveiller la fleur bleue en moi ! A lire de toute urgence !