Manon Lescaut

Fiche identité

  • Titre du livre: Manon Lescaut
  • Auteur: Abbé Prévost
  • Nombre de pages: 277
  • Édition: Flammarion
  • Année de publication: 1731

Résumé

A l’instant où il voit Manon, des Grieux, jeune étudiant à Amiens, en tombe éperdument amoureux. Mais elle va se vouer à une vie religieuse et lui doit rejoindre son père. Ils décident donc de fuir à Paris…

Avis    

De nouveau, j’entame un petit retour vers les classiques. J’aime de plus en plus ce type de romans car j’ai l’impression que leurs  histoires sont toujours d’actualité et qu’on comprend mieux la nature humaine en les lisant. Ici, c’est l’histoire d’un amour aveugle et fatal qui est racontée par des Grieux.
Il est l’archétype même d’un homme sous l’emprise du démon de la passion. Malgré les remontrances de son ami Tiberge et de son père, il s’entête et retombe dans le vice : triche aux jeux, endettement, prisons, fuite, arnaques, tout est bon pour plaire à sa dulcinée. Mais en vaut-elle vraiment la peine ?
Le narrateur décrit Manon comme une jolie jeune fille, avec un visage d’ange, mais frivole, légère et inconstante : aimant le luxe et les plaisirs, elle n’hésite pas à tromper son amant ni à le délaisser pour un autre mieux nanti.
Entre les deux amants, c’est un amour puissant, égoïste et destructeur qui se noue. J’ai du mal à imaginer que ce sentiment puisse causer tellement de dégâts, tellement de peines et de déchirements. Qui peut-on blâmer ? Manon, non, car elle ne m’a pas semblé méchante malgré tous ses défauts. La structure du récit fait qu’elle m’a paru lointaine, donc je n’ai pas d’avis catégorique sur elle. Le chevalier ? Peut-être. Il m’a agacé, car plusieurs fois, au lieu de reconnaître ses torts, il accuse le ciel, la fatalité et le destin de la tournure de sa vie. Quelquefois, des remords le tenaillaient mais pas assez longtemps pour le retenir dans sa descente aux enfers…Je pense que c’est la folie, le manque d’expérience, la naïveté et la jeunesse qui l’a conduit dans cette déchéance humaine. En tout cas, on ne ressort pas indifférent de ce livre.
Le style d’écriture est correct. Même si certaines phrases peuvent paraître complexes au début, on s’habitue rapidement au ton du livre. L’auteur décrit avec brio les émotions et les sentiments et ne s’encombre pas de détails inutiles. Les évènements s’enchaînent très rapidement. Seul bémol : la fin m’a parue trop brusque…
Une lecture courte et agréable que je recommande !

La couleur pourpre

Fiche identité

  • Titre du livre: La couleur pourpre
  • Auteur: Alice Walker
  • Nombre de pages: 350
  • Édition: Le livre de poche
  • Année de publication: 1982

Résumé

L’histoire se déroule aux Etats-Unis. La vie de Celie débute par un cauchemar : abusée par son père dès l’âge de quatorze ans, elle est mariée sans son consentement à Albert, un homme veuf ayant déjà des enfants.  

Avis    

De ce livre, je ne connaissais que le film réalisé par Spielberg et joué par Whoopi Goldberg. Lorsqu’il passait à la télé, ma mère ne voulait pas qu’on le regarde mais on trichait quand même grâce aux multiples rediffusions. Le seul souvenir flou que j’en garde est une histoire très triste. Ce livre a inspiré ce film mais je l’ai moyennement aimé.
Dès le début, on est frappé par le cauchemar que vit Celie : violée constamment par son père, elle tombe enceinte mais ses enfants lui sont arrachés brutalement. Sa mère meurt puis elle sera mariée à un homme brutal et méprisant que son père a choisi. On connaît sa vie à travers les lettres qu’elle écrira au bon Dieu et ensuite à sa soeur Nettie, disparue depuis des années. L’héroïne est une femme extrêmement soumise. Elle reste quand même attachante même si j’avais envie qu’elle se révolte contre son sort.
L’auteur développe plusieurs thèmes : les conditions de vie des Noirs dans un pays sortant peu à peu de l’esclavage, le regard qu’ils ont par rapport à l’Afrique, les relations hommes/femmes, l’homosexualité, la religion…
Pourquoi je n’ai pas totalement aimé ? Le style d’écriture est laborieux. Je sais que l’auteur a volontairement adopté un langage très simple pour montrer le manque d’instruction de Celie mais c’est très lassant à lire. Les péripéties se succèdent à un rythme très rapide, surtout à cause de la structure du livre : les lettres sont courtes, annoncent les événements récents mais la narratrice n’approfondit pas, n’extériorise pas les sentiments, ce qui est assez frustrant. La chronologie n’est pas très claire aussi.
Mon commentaire est assez froid car j’attendais beaucoup de cette lecture. Il reste quand même un bon livre que d’autres personnes apprécieront sûrement mieux que moi.