Crime et châtiment

Fiche identité

  • Titre du livre : Crime et châtiment
  • Auteur : Fédor Dostoïevski
  • Nombre de pages : 700
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1866

Résumé

Nous sommes à Saint-Pétersbourg en 1865. Raskolnikov est un étudiant solitaire, orgueilleux mais pauvre. Faute d’argent, il est contraint d’interrompre ses études, s’endette auprès de sa logeuse et d’une vieille usurière et se terre à longueur de journées dans son étroite chambre. Des idées malsaines viennent se greffer dans sa tête et le pousse à commettre un crime.

Avis     

Après plus d’un mois de lecture, interrompu par quelques courts romans, je vous présente ENFIN ce livre. C’est un projet qui me tenait à cœur depuis très longtemps, mais j’ai toujours été effrayée par cette œuvre de Dostoïevski.
C’est un ouvrage très dense mais très profond. L’auteur est un génie, car il arrive à exploiter chacun de ces personnages jusqu’au bout. La psychologie de chacun est finement étudiée, ciselée pour donner un rendu tellement réaliste, si bien qu’on a parfois du mal à distinguer la fiction de la réalité. Lorsque je lisais le livre, j’avais l’impression de plonger dans un autre univers et d’être parmi Raskolnikov, Porphyre, Razoumikhine, Sonia, les Marmeladov, etc. Contrairement à Tolstoï qui mène son intrigue dans les milieux aristocratiques, Dostoïevski, lui, s’attache aux gens du peuple, aux laissés-pour-compte par la société : des étudiants pauvres, des ivrognes, des fonctionnaires ou des prostituées. Nous sommes loin des fastes de la noblesse pour nous plonger dans un quartier sordide de Saint-Pétersbourg.
Deux grands thèmes sont abordés par l’auteur. Le premier est la psychologie du meurtre et de la culpabilité : ici, Raskolnikov tue pour voler, mais aussi parce qu’il est poussé par une considération philosophique. A-t-on le droit de tuer quelqu’un, surtout si cette personne est un « pou », une nuisance qui n’apporte que du malheur ? En effet, ce meurtre serait un soulagement pour l’ensemble de la société et contribuerait ensuite à améliorer les choses. Il aborde ce thème original par l’intermédiaire de Raskolnikov : ce dernier commet le meurtre, mais des sentiments qu’il n’attendait pas viennent ensuite le tarauder et le faire douter. La réponse à cette question (droit au meurtre ?) reste ambiguë dans le livre. L’auteur ne tranche pas explicitement, mais j’ai compris que non, il n’y a pas de légitimité au meurtre même pour des hommes extraordinaires et pour « le plus grand bien de tous ».
Le second thème reste en retrait, mais il est indirectement omniprésent. Car ce qui fait le malheur de tous ces protagonistes est l’argent, fléau de la société moderne. Raskolnikov tue par nécessité, Sonia se prostitue pour subvenir aux besoins de sa famille, Marmeladov est entraîné dans la spirale de l’alcoolisme à cause du manque d’argent, Svidrigailov profite de la fortune de sa défunte épouse pour tenter d’épouser une jeune fille de seize ans. 
Le style d’écriture est tout simplement sublime. Il est limpide, riche, plein de poésie et de profondeur, de dialogues entrecoupées par des descriptions claires tout en restant concises. Parfois, il y a quelques longueurs dans les dialogues : certaines m’ont paru un peu floues, un peu incompréhensibles, mais magnifiquement écrits quand même. L’auteur joue avec les mots comme un pianiste avec les notes, il crée une mélodie, un style unique et inégalable.
C’est un vrai chef d’œuvre, un livre intemporel ! À lire : je dirais OOOOUIIII pour les amoureux de la littérature russe.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Carnets du sous-solLe joueurLes frères KaramazovL’idiot Souvenirs de la maison des morts 

La petite fille de Monsieur Linh

Fiche identité

  • Titre du livre : La petite fille de Monsieur Linh
  • Auteur : Philippe Claudel
  • Nombre de pages : 183
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 2005

Résumé

Monsieur Linh quitte son pays, ravagé par la guerre. Lors de son exil, il n’emmène qu’une valise et sa petite fille, encore nouveau-né.

Avis    

Je m’excuse si mon blog est au ralenti, mais en ce moment ma vie professionnelle ne me laisse pas vraiment le choix. Ce livre est arrivé un peu par hasard dans ma liste de lectures et était surtout destiné à me changer les idées. Mais je suis vraiment très déçue par le contenu du récit.
C’est l’histoire d’un vieil homme exilé par la guerre, qui débarque dans un pays inconnu. Il a du mal à s’adapter d’autant qu’il ne connaît pas la langue, que le pays lui semble froid et à mille lieues de son village natal. Il se raccroche à l’existence, car il a encore la charge de sa petite-fille Sang Diû.
Malheureusement, je trouve que l’auteur exploite les bons sentiments pour susciter la sympathie du lecteur. Le livre manque cruellement de profondeur : il ne se passe quasiment rien, mis à part les souvenirs évoqués par M. Linh et l’amitié qu’il noue avec M. Bark malgré la barrière de la langue. La fin ne m’a pas surpris car pourvu qu’on soit un lecteur attentif, on sent que quelque chose ne cadre pas vraiment. Je ne vous dirais pas plus, à vous de découvrir si le cœur vous en dit.
Le style d’écriture est plat, banal et sans aucune poésie. Mais alors là, je me suis énervée à un certain moment en lisant des phrases « sujet + verbe + complément » digne d’un enfant de CE2. Cette première incursion chez Philippe Claudel, auteur dont j’ai entendu beaucoup de bien est tout simplement très décevante. Je ne recommande absolument pas ce livre !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Les âmes grises