Jude l’obscur

Fiche identité

  • Titre du livre : Jude l’obscur
  • Auteur : Thomas Hardy
  • Nombre de pages : 480
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1895

Résumé

Jude Fawley vient d’un milieu très modeste, mais depuis son enfance, il rêve de devenir un érudit à Christminster. Pour mener à bien ses projets, il essaie d’apprendre tout seul le latin, le grec et lit des livres classiques. Mais…

Avis    

Ce livre m’a littéralement coupé le souffle. Je suis subjuguée par le talent de l’auteur, que j’ai découvert pour la première fois en 2010 avec Tess d’Urberville. J’avais un souvenir assez mitigé de Thomas Hardy, mais là, j’ai changé d’avis, car dans ce livre, l’auteur m’a foudroyé ! Je ne trouve plus les mots pour décrire mon bonheur de rencontrer certains livres, qui deviennent ensuite pour moi, des chefs-d’œuvre quasi-inoubliables.
Nous suivons la vie de Jude, un jeune homme modeste mais plein d’espoirs et de rêves : le sien est de pouvoir être, un jour, diplômé d’un collège de Christminster. Mais le destin lui réserve un sort moins joyeux, que je qualifierai presque de tragique. Malgré tout son investissement personnel, sa capacité à étudier seul le grec et le latin, il est limité par sa condition sociale, son manque de relations et d’argent. D’autres événements viennent contrecarrer ses projets, notamment sa rencontre avec deux femmes : Arabella et Sue. Je n’en dirais pas plus pour ne pas dévoiler l’intégralité de l’histoire, mais elle est juste poignante.
J’ai senti une bouffée d’injustice palpiter dans mes veines à chaque instant surtout lorsqu’il a reçu une certaine lettre d’un collège ; j’ai eu les larmes aux yeux face à la tragédie qui l’a frappé à Christminster ; j’avais envie de l’empêcher d’aller à la rencontre d’Arabella, etc. Cette histoire est sombre, très triste et un brin fataliste : au moment où on s’attend enfin un bonheur durable, il n’est hélas que très éphémère et c’est la vie qui reprend de nouveau le dessus avec son lot de malheurs, d’injustices, de méchantes gens et de ragots.
L’auteur ne se limite pas à un récit, mais critique aussi l’époque où il vit : le mariage qui devient une institution contraignante, voire un asservissement des femmes ; la pression qu’exerce la société sur le libre-arbitre de chaque être humain, le condamnant ainsi à des non-choix ; les différences de classes sociales qui limitaient la méritocratie et les changements de conditions sociales ; la religion rigide, sans cœur et aveugle. D’ailleurs, pour la petite histoire, ce livre a provoqué un tollé au moment de sa publication au point où Thomas Hardy a décidé de ne plus jamais écrire ensuite.
Le style d’écriture est soutenu, riche mais fluide. Je n’ai pas lu beaucoup de chapitres d’un coup, car je savourais chaque instant, chaque tournure, chaque idée !
Comme toujours, je reviens à une de mes petites maximes : il y a LA littérature anglaise du XIXème siècle et puis le reste. À lire de toute urgence !!!

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le maire de Casterbridge – Loin de la foule déchaînée – Tess d’Urberville

Les courants fourbes du lac Tai

Fiche identité

  • Titre du livre : Les courants fourbes du lac Tai
  • Auteur : Xiaolong Qiu
  • Nombre de pages : 311
  • Édition : Points
  • Année de publication : 2012

Résumé

Un cadre du parti offre à l’inspecteur Chen des vacances dans un luxueux centre pour cadres à Wuxi, situé au bord du lac Tai. Mais ce décor magnifique est pollué par les rejets des usines dans le lac. Lorsque le directeur de l’usine se fait assassiné, l’inspecteur Chen décide de mener discrètement l’enquête.

Avis    

Bienvenue à tous dans l’année du Serpent, qui semblerait-il sera une période houleuse !
Pour fêter comme il se doit cette nouvelle année, j’ai choisi un livre écrit par un Chinois parlant de la Chine actuelle. C’est mon premier polar chinois, mais je ne suis pas franchement emballée.
Comme l’annonce le résumé, l’inspecteur Chen est en vacances. Mais il se retrouve malgré lui mêler à une enquête après avoir rencontrée Shanshan, une écologiste chinoise militant pour que les usines cessent de déverser leurs déchets dans le lac Tai.
L’enquête est assez légère, très linéaire, pas forcément captivante. On devine facilement qui tire les ficelles ainsi que les mobiles de chacun des protagonistes : l’épouse trompée et humiliée, la « petite secrétaire » ambitieuse, les écologistes en colère, un concurrent jaloux de la prochaine introduction en bourse, etc. Il n’y a pas vraiment de surprise ni de retournement de situation spectaculaire.
Par contre, il y a un élément qui m’a paru très étrange dans ce livre : c’est la présence de la poésie classique chinoise. En effet, l’inspecteur Chen est un grand amateur de poésie et il n’hésite pas à glisser des extraits de poèmes d’auteurs classiques chinois, et même ses propres envolées lyriques. Pour moi, le mélange est assez grotesque et ne passe pas très bien.
L’auteur profite de ce livre pour dénoncer les travers de la Chine contemporaine : la pollution et la destruction de l’environnement à cause de la politique de « développement à tout prix », les jeux de pouvoirs au sein du parti, les nouveaux « princes communistes » qui profitent du système pour s’enrichir personnellement aux dépens des autres, la police chinoise qui peut être expéditive lorsque la Sécurité intérieure y met son grain de sel. C’est un livre qui peut faire grincer des dents en Chine. Je me demande d’ailleurs s’il a le droit d’être publié là-bas ?
Le style d’écriture est simple, très plat avec plusieurs longueurs et digressions pas forcément utiles.
Bref, une note très mitigée ! Un livre que je ne recommande pas trop.