Les aventures de Tom Sawyer

Fiche identité

  • Titre du livre : Les aventures de Tom Sawyer
  • Auteur : Mark Twain
  • Nombre de pages : 411
  • Édition : Le livre de poche Jeunesse
  • Année de publication : 1876

Résumé

Tom Sawyer est un garçon polisson qui préfère mille fois mieux s’amuser plutôt qu’aller à l’école. Avec son ami Huck, ils font les quatre cents coups partout dans le village de Saint-Petersburg. Mais à force de faire trop les malins, nos deux amis se trouvent témoins d’un crime odieux dans le cimetière.

Avis    

Qui ne connaît pas les aventures de Tom Sawyer, à moins d’avoir vécu dans une autre galaxie ? Pour ma part, je l’ai découvert grâce à ce dessin animé qui commence par cette fameuse chanson « Tom Sawyer, c’est l’Amérique le pays de la liberté, etc. ! ». Et il était enfin temps que ce jeune héros figure parmi mes lectures !
J’étais enchantée par ce roman, après le chef-d’œuvre de Thomas Mann lu précédemment. Il correspondait parfaitement à ce que je recherchais, c’est-à-dire une histoire drôle, légère et agréable. On replonge dans cette période bénie de l’enfance où tout n’est que jeux, aventures, premiers émois de l’amour et ennui à l’école (et à l’église pour ceux qui ont subi cette corvée). Ces anecdotes sont drôles, rafraîchissantes et certaines remarques de l’auteur ajoutent du piquant à l’ensemble.
Il s’agit principalement des bêtises de Tom, un jeune garçon élevé par sa tante Polly. Plus désobéissant, plus malicieux et plus vilain, vous n’en trouverez pas un comme lui, car Tom adore s’amuser : jouer au Robin des bois ou aux pirates avec ses amis, lâcher un scarabée en plein sermon dans l’église, errer à minuit dans un cimetière avec son copain Huck, se lancer une chasse au trésor dans une maison hantée, etc. Même si Tom est attachant, je n’ai pas pu mettre le 5ème cœur en raison de son côté vaniteux et fanfaron, qui fait tout pour attirer l’attention des autres.
Ce livre esquisse aussi, bien que légèrement, la vie paisible d’un village du Sud, avec ses superstitions, ses préjugés raciaux, sa hiérarchie sociale et l’éducation des enfants à cette époque. (Aïe, aïe, pour les châtiments corporels, ça ne rigolait pas !)
Le style d’écriture est agréable, vif et les événements s’enchaînent rapidement sans détail superflu.
Pour conclure, ce classique américain du XIXème n’a pas perdu une ride et fera plaisir aux enfants et aux adultes ! Je vous recommande cette lecture !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Les aventures de Huckleberry Finn 

Les Buddenbrook

Fiche identité

  • Titre du livre : Les Buddenbrook
  • Auteur : Thomas Mann
  • Nombre de pages : 852
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1901

Résumé

Cette histoire se déroule dans l’Allemagne du XIXème siècle et raconte le long déclin d’une riche famille de négociants, les Buddenbrook.

Avis    

À cause de ce livre, j’ai failli renoncer à toute vie sociale. Mais ces deux semaines ont été merveilleuses : cette lecture m’a procuré beaucoup de bonheur, car je me suis sentie en complète harmonie avec l’auteur. J’ai ressenti la même extase que lors de la lecture d’Anna Karénine.
Il s’agit de l’histoire des Buddenbrook, une famille de bourgeois d’Allemagne du Nord. Au début du roman, ils sont à l’apogée de leur fortune. Puis vient le long déclin au fur et à mesure que passent les générations.
Chaque personnage est unique et l’auteur les décrit avec beaucoup de réalisme, parfois avec un ton légèrement ironique, mais toujours plein de tendresse : Antonie, si vive et impétueuse, mais dont les mariages malheureux rendront aigrie ; Thomas, le fils aîné qui tente coûte que coûte de sauvegarder le nom et l’honneur de la famille ; Christian le cadet, un artiste raté qui n’arrive pas à s’assumer ; Hanno jeune garçon sensible et rêveur, fou de musique, mais qui s’adapte mal aux charges que lui imposent son nom de famille.
Le style d’écriture de l’auteur est magnifique, riche, avec une profusion de détails. Thomas Mann décrit avec un réalisme saisissant chaque scène. On a l’impression d’y être réellement et de participer au quotidien des Buddenbrook. J’imaginais sans peine chaque paysage, objet ou pièce de la maison, expression du visage ou geste d’un des protagonistes.
Certaines scènes sont d’une beauté à couper le souffle comme la sensibilité musicale de Hanno, qui m’a ému bien au-delà ce que j’imaginais ; ou bien l’ardeur avec laquelle Antonie prépare le mariage de sa fille, comme si elle pouvait à travers cet événement réparer son propre passé ; ou Thomas, qui sent l’inexorable délitement de sa famille, mais reste digne ; ou cette fin magistrale, inoubliable et pleine d’émotions.
Ce livre est un chef-d’œuvre, que je n’oublierai pas et que je relirai un de ces jours, car tant de choses restent encore à découvrir. Je vous recommande absolument cette lecture, et pour vous convaincre, voici un des passages qui m’a marqué :
« La mort était un si profond bonheur qu’on ne la mesurait que dans des instants privilégiés comme celui-ci. Elle était le retour au foyer après une course sans but semée de peines infinies, la correction d’une lourde faute, la libération des chaînes et des entraves les plus répugnantes, la réparation d’un lamentable accident.
La fin, la décomposition ? Trois fois digne de pitié celui qui ressentait comme des menaces ces notions creuses ! Qu’est-ce dont qui finirait et se dissoudrait ? Ce corps, le sien. Cette personnalité, cette individualité, cet obstacle pesant, rétif, cette erreur haïssable, qui l’empêchaient d’être différent et meilleur.
Tout dans cet homme n’était-il pas une erreur et une faute ? Ne se trouvait-il pas entraîné dans un tourbillon de douleur dès le jour de sa naissance ? Une prison, une prison ! Limites et chaînes de toute part. À travers les fenêtres grillagées de son individualité, l’homme fixe un regard désespéré sur les enceintes concentriques des circonstances extérieures, jusqu’au jour où la mort vient le rendre à sa patrie, à la liberté. »

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : La mort à Venise