L’auberge de la Jamaïque

Fiche identité

  • Titre du livre : L’auberge de la Jamaïque
  • Auteur : Daphné du Maurier
  • Nombre de pages : 313
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1936

Résumé

Suite à la promesse faite à sa mère mourante, Mary Yellan rejoint sa tante Patience qui vit à l’auberge de la Jamaïque, un endroit isolé et inquiétant au milieu de la lande.

Avis    

Ce livre, qui a les mêmes accents que Rebecca, m’a enchanté. Comment vous décrire l’atmosphère inquiétante qui plane autour de l’auberge de la Jamaïque, lieu isolé et perdu où débarque Mary ? Sa tante a perdu toute joie de vivre et tremble de peur devant son époux ; son oncle Joss est un homme violent et lunatique, adonné à la boisson ; l’auberge elle-même est éloignée de tout et évité par les diligences de passage. La nuit, des personnages peu recommandables viennent et des chariots tirés par des chevaux débarquent secrètement des marchandises.
Mary, est une héroïne courageuse bien qu’elle prenne parfois des décisions stupides et peu réfléchies. Guidée par son instinct et une dose de témérité et d’inconscience, elle va découvrir rapidement ce qui trame derrière les mystères de l’auberge et souhaite sauver sa tante des griffes de ce milieu malsain.
Cette histoire est pleine de rebondissements et d’actions. Si vous aimez les histoires de bandits, de contrebande et de crime, de navires échoués le long des falaises, de landes désolées et stériles, ce livre est fait pour vous. Bien qu’un détail m’ait mis rapidement la puce à l’oreille et que le dénouement ne m’ait pas surpris, j’ai beaucoup apprécié ce roman d’aventures. À mon avis, ce livre est plus adapté à des adolescents. Si quelqu’un avait eu la bonne idée de me mettre ce livre entre les mains à quinze ans, je crois que j’aurai passé des nuits blanches à le dévorer.
Le style d’écriture est très agréable, léger, fluide et plein d’élégance. Daphné du Maurier arrive à distiller savamment le suspens et les péripéties et mettre une touche de peur et de mystère dans chaque description et dans chaque chapitre.
Bref, un bon roman gothique à déguster près du feu lors des longues soirées d’hiver !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog Les oiseaux et autres nouvellesRébecca

L’honneur perdu de Katharina Blum

Fiche identité

  • Titre du livre : L’honneur perdu de Katharina Blum
  • Auteur : Heinrich Böll
  • Nombre de pages : 136
  • Édition : Seuil
  • Année de publication : 1974

Résumé

Katharina Blum, une jeune femme divorcée, rencontre lors d’une fête chez des amis un homme. Mais ce dernier est recherché activement par la police et en l’hébergeant une nuit, elle devient une suspecte pour la police.

Avis    

Comment se déroule le choix d’un livre ? La plupart du temps, le hasard fait la majeure partie du boulot et c’est le cas pour ce roman. Le titre m’a donné envie de connaître les détails de « cet honneur perdu ».
La vie de Katharina, une jeune femme de condition modeste, travailleuse et discrète – bref une personne lambda comme vous ou moi – se retrouve étalée dans la presse après la publication d’articles mesquins et calomniateurs. Ces articles, censés alimenter l’intérêt du public, vont peu à peu détruire sa paisible existence et l’entraîner dans le meurtre prémédité d’un journaliste. L’auteur, à la manière d’un scientifique, dissèque tous les faits et gestes qui ont déclenché ce crime. Quel est le moment qui a tout fait basculer dans la tête de Katharina ? Est-ce la lecture des articles de presse ? Ou bien l’interrogatoire ? Les harcèlements téléphoniques ? Le décès de sa mère ? La méfiance de ses connaissances ?
Le style d’écriture est de ce fait très journalistique, factuel, neutre et sans émotion. Il n’y a pas de parti pris, juste une description brute des faits et des personnages principaux.
L’auteur, à travers ce récit, critique les dérives de la presse à scandales, prête à tout pour se procurer des informations croustillantes et à déformer la réalité pour plaire à ses lecteurs, qu’importe le prix pour les victimes. Cette histoire est d’autant plus actuelle à notre époque étant donné la vitesse de partage de l’information via les réseaux sociaux : si avant les calomnies étaient « locales », elles circulent désormais plus vite et une vie privée peut, d’une minute à l’autre, être exposée à la face du monde entier.
Brrr, en tout cas, tout cela fait froid dans le dos ! Sans approuver le geste fatal de Katharina, on comprend mieux pourquoi certains jeunes finissent par commettre l’irréparable suite à un harcèlement sur Fac***k ou tout autre site web.
Malgré tous ces points élogieux, je garde cette note moyenne, car le style d’écriture m’a paru trop froid et la fin laisse un arrière-goût amer.