Un héros de notre temps

Fiche identité

  • Titre du livre: Un héros de notre temps
  • Auteur: Mikhaïl Lermontov
  • Nombre de pages: 420
  • Édition: Flammarion

Résumé

Le narrateur, en voyage dans le Caucase, se lie d’amitié avec un capitaine russe, Maxime Maxymitch, Ce dernier lui raconte une anecdote concernant un officier russe nommé Petchorin.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

En voyant la couverture de ce livre, je sens que les visiteurs réguliers de ce blog vont s’exclamer : « Quoi ! Encore une histoire de soldat ! Elle s’est entichée de l’armée ou quoi ? ».  Malgré les apparences trompeuses, je ne savais absolument pas que ce livre parlait de la vie d’un soldat car je n’avais pas lu le résumé. Mon choix s’est basé sur deux éléments : le titre, un peu mystérieux et qui invite à la découverte ; et le fait que ce soit un auteur russe.
Et là, ce fut encore et une fois de plus une très belle découverte dans la littérature russe : loin de la vie de garnison monotone de Joseph Roth (cf. La marche de Radetzky), on suit un personnage atypique nommé Petchorin. C’est un être égoïste, désabusé et méprisant, qui parfois choisit volontairement la méchanceté et la cruauté : il n’hésite pas à enlever une jeune fille pour ensuite la délaisser une fois la passion éteinte ; il séduit une fille que courtise un de ses camarades pour le provoquer un duel ; il ignore ses anciens amis et se soucie peu de ce que les gens pensent de lui.
Je ne sais pas comment vous l’expliquer mais je l’ai apprécié : c’est vrai que dans ma description, je n’arrive pas à rendre le personnage en entier et pire, j’ai l’impression de le caricaturer. Mais il m’a plu, peut-être parce que son comportement atypique représente des morceaux de caractère de gens que je connais et que de ce fait, son attitude ne m’a pas choqué mais au contraire m’a paru très concrète. Il m’a plu aussi car il me rappelle les héros tortueux de Dostoïevski ainsi que l’Eugène Onéguine de Pouchkine. 
On sent dans l’écriture de Lermontov les prémisses des chefs-d’oeuvre qui ont façonné la littérature russe du XIXème siècle. Ces descriptions sont magnifiques et rendent parfaitement l’ambiance du Caucase.  Son style est riche, soutenu, avec des phrases poétiques mais il n’y a pas de longueurs, pas de mot en trop. Tout est à sa juste place et le rythme est agréable. Je n’ai pas mis le 4ème cœur car les remarques désobligeantes et condescendantes que le narrateur et Petchorin avaient envers les autochtones m’ont agacé. On sent encore la domination impérialiste et le mépris des peuples vaincus dans ces écrits.
Bref, je recommande ce livre exclusivement aux amoureux et familiers de la littérature russe ! Pour les débutants, essayez de commencer par quelque chose de plus doux et ensuite revenez vers Lermontov.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *