Pères et fils

Fiche identité

  • Titre du livre: Pères et fils
  • Auteur: Ivan Tourgueniev
  • Nombre de pages: 320
  • Édition: Folio

Résumé

Cette histoire se déroule en Russie, au XIXème siècle au moment de l’abolition du servage. Après une année d’étude universitaire, Arcade revient dans son domaine familial avec un ami, Bazarof. Jeunes et plein de fougue, ils sont pétris de nouvelles idées qui déconcertent leurs parents.

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Cette histoire m’a profondément ému, par la simplicité de son sujet et par la beauté de son style d’écriture.
Dès les premières lignes, l’auteur nous emmène dans cette magnifique campagne russe du XIXème siècle. Grâce à ces magnifiques descriptions, je me suis sentie vraiment là-bas : je déambulais dans le domaine familial des Kirsanof ; j’étais confortablement installée dans le salon de Mme Odinstof ou allongée dans la meule de foin près de la maison de Bazarof…
Le récit est simple, mais difficile à résumer si on ne souhaite pas dévoiler la fin. Beaucoup de thèmes sont évoqués dans ce récit avec une délicatesse et une subtilité que j’ai rarement vu :
– l’amitié, ce lien merveilleux qui rapproche deux jeunes hommes, issus de milieux sociaux différents, mais qui partagent les mêmes idéaux. Cette amitié connaît des moments de bonheur mais aussi des rivalités, et résiste parfois mal au temps et aux choix individuels.
– la jeunesse, cette époque de la vie où tout n’est qu’insouciance, nouvelles idées révolutionnaires et projets fantaisistes. J’ai aimé leur fraîcheur, leur naïveté et leur aplomb. Pourquoi ne pas aller séjourner chez une veuve qui a mauvaise réputation pendant plusieurs semaines ? Ou aller à un bal dans une lointaine commune ? Ou voler un baiser à une femme?
– l’amour inconditionnel des parents pour leurs enfants : c’est la partie qui m’a le plus ému. Je n’ai pas encore d’enfant mais l’auteur a su transcrire ce sentiment avec une vérité et une sensibilité exceptionnelle. Comment ne pas être touché par l’impatience de Nicolas Kirsanof qui attend son fils ? Ou la joie des parents de Bazarof qui le revoient au bout de trois ans ? Et leur déception lorsque leur fils les quitte pour on ne sait quel projet ? Voici un des passages les plus beaux du livre : « Qu’y faire, Vassili ! un fils est comme un lambeau qui se détache ; c’est un jeune faucon ; il lui plaît de venir et il arrive ; il lui plaît de repartir et il s’envole ; et nous deux, nous sommes toi et moi comme deux petits champignons dans le creux d’un arbre ; placés à côté l’un de l’autre, nous restons là pour toujours. Moi seule je ne changerai pas pour toi, comme toi tu ne changeras pas pour ta vieille femme ! »
– le sens de la vie: faut-il mener sa vie comme les générations passées l’ont toujours fait ou s’émanciper de leur schéma ? Qu’est-ce qui rend le plus heureux : est-ce l’amour ? la famille ? la fortune ? les idéaux ?
Le style d’écriture est MAGNIFIQUE, clair, limpide, doux. Les mots me manquent pour vous dire à quel point tout est beau. La fin est splendide, avec un jeu de parallèles saisissant entre la vie et la mort.
Conclusion : à lire de toute urgence !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Le journal d’un homme de trop – Premier amour

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