Petit pays

Fiche identité

  • Titre du livre: Petit pays
  • Auteur: Gaël Faye
  • Nombre de pages: 224
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Ce récit est celui de Gaby, métis qui vit au Burundi avec ses parents. Son existence paisible va être bousculée par des évènements politiques sans précédent au Rwanda et au Burundi.

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Le Burundi est un pays que je n’étais même pas capable de situer sur une carte. Mais après ce roman inoubliable, comment ignorer cet Etat enclavé entre le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo ?
Ce récit, qui selon moi, a des accents autobiographiques tellement il semble authentique, commence par le quotidien de Gaby, métis d’un père français et d’une mère d’origine rwandaise. Il mène une existence confortable à Bujumbura avec ses parents et sa sœur Ana. Le quotidien c’est d’abord les relations familiales avec une atmosphère qui se dégrade peu à peu à cause des disputes des parents. Mais c’est aussi les jeux infinis dans l’impasse avec les copains Gino, Armand et les jumeaux : traîner dans une vieille Volkswagen dans un terrain vague, voler les mangues des voisins, se baigner dans la rivière, lire des romans empruntés chez une vieille voisine grecque etc.
Mais même dans ce cocon doré entrent insidieusement des bruits politiques qui s’amplifient : dans le pays voisin, au Rwanda, les troubles entre les Tutsis et les Hutus augmentent. Au Burundi,  les élections présidentielles vont se tenir mais est-ce juste un mirage ?
Doucement l’auteur nous entraîne dans l’escalade de violences qui sévit au Burundi et au Rwanda. Entre génocides rwandais et coups d’Etats militaires, entre familles disloquées et disparues et bruits de balles journaliers, cette enfance heureuse et sans heurts vole en éclats.
En fait, ce récit m’a profondément touché car il me rappelle le quotidien que vit mon fils, ici à Madagascar, bien qu’il soit encore un petit enfant. J’ai envie de lui offrir cette vie exotique et différente mais avec les élections présidentielles qui se profilent à l’horizon, qui sait si ce paradis perdu ne va pas se briser comme au Burundi ?
Son style d’écriture est limpide, doux et poétique. Il sait avec peu de mots évoquer l’atmosphère de ce pays et l’exotisme de l’Afrique. On a envie d’y être pour savourer les mangues juteuses, faire la sieste sous les bougainvilliers et jouer dehors sous le soleil brûlant.
Je vous avoue que j’ai pleuré à la fin de ce récit. Pleuré pour ce gâchis, pleuré pour ces moments heureux disparus à jamais, pleuré pour tous ces destins brisés à cause des ambitions politiques égoïstes.
Bref, un livre qui m’a profondément marqué ! Merci à ce jeune auteur pour cette pépite d’or !

La dame au petit chien et autres nouvelles

Fiche identité

  • Titre du livre: La dame au petit chien et autres nouvelles 
  • Auteur: Anton Tchekhov
  • Nombre de pages: 400
  • Édition: Gallimard

Résumé

Ce livre est un ensemble de quinze nouvelles de l’auteur russe Anton Tchekhov autour du thème des femmes.

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S’il y a bien une chose que je referai dans ma brève existence de lecteur, c’est lire Anton Tchekov beaucoup plus tôt. A travers ces nouvelles, j’ai découvert cet auteur russe hors du commun qui, à mes yeux, dispose d’un talent époustouflant ! Qu’est-ce que c’est beau, fin et magnifiquement écrit ! L’auteur a une maîtrise parfaite de la description et de la narration. En quelques mots, minutieusement choisis, il nous transporte doucement dans l’ambiance de chaque nouvelle et nous partage les émotions et les sentiments de chacun des protagonistes. Chaque nouvelle a son propre ton, sa musicalité et sa poésie. On dirait un tour de magie tellement la sensation est surnaturelle !
L’éditeur a fait le choix de rassembler dans cet ouvrage des nouvelles avec un socle commun : il s’agit de portraits de femmes magnifiquement ciselés au point qu’on a l’impression de les côtoyer et de les connaître le temps d’un bref instant.
Ces portraits sont divers et variés mais traitent globalement de femmes malheureuses dans leur foyer, de femmes frivoles et égoïstes qui ne pensent qu’à leur propre plaisir, de femmes éperdument amoureuses, de femmes d’une rare beauté dans des patelins perdus, de femmes tenaillées par la solitude, la nostalgie ou le regret etc. J’aimerai décortiquer ici chacune de ces nouvelles mais cela prendra trop de place, ce qui n’est pas le but recherché. Toujours est-il que pour vous donner envie, c’est comme si on ouvrait une boîte de chocolats raffinés et que l’on déguste chaque pièce unique avec un plaisir infini !
Vous l’avez deviné : je suis enchantée et je rêve de découvrir l’intégralité de l’œuvre de cet auteur ! Pour conclure, je considère que c’est un ouvrage indispensable à lire pour les passionnées de nouvelles ainsi que pour les amoureux de la littérature russe ! Spasibo Maestro Tchekhov !