La curée

Fiche identité

  • Titre du livre: La curée
  • Auteur: Emile Zola
  • Nombre de pages: 411
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Aristide Rougon débarque à Paris après son échec politique dans la ville de Plassans. Il change même de nom pour éviter de se compromettre sur son passé. Son frère Eugène lui trouve un emploi assez quelconque à l’hôtel de Ville. Prêt à s’enrichir coûte que coûte, il piaffe d’impatience pendant des années jusqu’où au jour où il découvre un filon illicite qui le rendra riche.

Avis     

Ce livre est le second roman de la série Rougon-Macquart. On retrouve ici Aristide (cf. La fortune des Rougon) qui s’enfuit la queue entre les jambes à Paris après l’échec de ces manigances politiques dans le sud.
Il débarque chez son frère qui lui octroie un poste quelconque à l’hôtel de Ville. Mais cet homme ne rêve que d’une chose : devenir riche. C’est ainsi qu’il trouve un filon illicite qui fera sa fortune. Il va spéculer sur la reconstruction et l’agrandissement de la ville de Paris en achetant des immeubles amenés à être expropriés. Comme il connaît en avance les tracés des futurs boulevards, ce délit d’initié va lui permettre de surévaluer son achat soit en augmentant les loyers, soit en créant des fonds de commerce fictifs. La ville va l’indemniser de la valeur de l’immeuble exproprié au regard de la valeur locative et d’autres critères. Bien évidemment, Aristide Saccard a également des bons amis dans la commission qui appuie son dossier et il passe par des prête-noms pour masquer ses traces.
L’auteur décrit aussi les mœurs parisiennes de l’époque pour cette classe bourgeoise qui a profité de ces spéculations pour s’enrichir rapidement. Leur vie n’est que fêtes, débauches, dépenses faramineuses pour des dîners, des toilettes somptueuses pour les femmes et autres signes ostentatoires de richesses.
Cet œuvre décrit également une relation amoureuse assez ambiguë entre Renée, la seconde femme d’Aristide Saccard et de Maxime, son fils issu du premier mariage. Certes, il y a un inceste mais je n’ai pas senti la passion amoureuse entre les deux. Ils ressemblent plutôt à deux enfants qui essaient un nouveau jeu et expérimentent de nouvelles sensations. Renée le fait par ennui, pour se divertir car Madame s’ennuie tellement dans toutes ses distractions mondaines ; Maxime le fait par lâcheté  et parce qu’il ne sait pas se défaire d’elle.
Le style d’écriture est riche, soutenu avec beaucoup de descriptions. D’ailleurs, elles sont ci particulièrement abondantes et extrêmement détaillées notamment sur les robes de ces mondaines. Ce point alourdit le récit qui perd en tonicité et en dynamisme donc le livre n’a pas atteint une meilleure note.
Zola c’est du grand art, une vraie maîtrise de son sujet, un combat contre les dysfonctionnements de son époque. Ce livre est une critique sociale de ces parvenus arrivés tout en haut de l’échelle sociale grâce à des manœuvres frauduleuses en tout genre.
Si vous aimez la littérature classique française, si un ouvrage assez dense au niveau descriptif ne vous effraie pas, si vous aimez les romans engagés avec un fond historique, ce livre est fait pour vous ! Mais si malgré tout, vous ne remplissez pas tous ces critères, lisez-le quand même !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Germinal – La fortune des Rougon – L’assommoir – Thérèse Raquin

Le théorème du homard

Fiche identité

  • Titre du livre: Le théorème du homard
  • Auteur: Graeme Simsion
  • Nombre de pages: 408
  • Édition: Nil

Résumé

Don Tillman, chercheur en génétique, souhaite trouver une compagne.  Cette envie qui semble pourtant normal prend des proportions compliquées pour lui car il est atteint d’une forme d’autisme. Jusqu’au jour où il rencontre par hasard Rosie une étudiante…

Avis     

Après une série de lectures assez complexes, j’avais besoin d’un roman drôle, léger et qui me ferait passer un bon moment. C’est chose faite grâce à cette romance originale ! Ouf, j’ai bien rigolé et j’ai retrouvé la pêche grâce aux aventures loufoques de Don.
Revenons un peu sur ce personnage : Don est un homme d’une quarantaine d’années en quête d’une épouse. Mais Don est aussi atteint d’une forme d’autisme qui est le syndrome d’Asperger : méthodique, organisé, maniaque sur son emploi du temps et sur ses habitudes quotidiennes,  c’est aussi un génie en termes de mémoire, de sciences, de mathématiques et de raisonnement logique. Par contre, question émotions, sentiments et empathie, c’est plus compliqué : les interactions sociales le déstabilisent et il a du mal à comprendre certains  codes sociaux.
Quand Don cherche une épouse, il a la brillante idée de créer un questionnaire qui pourrait l’aider à trouver la compagne idéale. Ces critères sont assez drastiques et éliminatoires. Sa quête de la femme parfaite semble presque vouée à l’échec jusqu’au jour où il rencontre par hasard Rosie, celle qui n’entre dans aucune des cases nécessaires. Malgré tout, Don se sent bien en sa compagnie.  Et si quelque chose était possible entre eux ?
J’ai aimé suivre Don pour ses manies, pour ses réflexions logiques qui finissent généralement par gêner son entourage, pour son incapacité à identifier une émotion ou un sentiment et donc à avoir le comportement « adéquat » envers les autres, pour son envie de vivre…C’est un personnage attachant et drôle.
L’auteur, à travers  cette comédie, montre du doigt les difficultés que vivent les personnes atteintes d’autisme. Ce ne sont pas des handicapés, juste des personnes calibrées autrement dans leur cerveau. Ces difficultés soulignent à quel point nos « normes sociales » ne sont pas aussi simples à appréhender et sont parfois absurdes. Ce serait presque la même chose si une personne qui a toujours vécu dans la forêt débarque dans nos vies urbaines.
Pour conclure, c’est une lecture divertissante que je recommande !