Le coeur est un chasseur solitaire

Fiche identité

  • Titre du livre: Le coeur est un chasseur solitaire
  • Auteur: Carson McCullers
  • Nombre de pages: 445
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Cette histoire se déroule dans une petite ville du Sud des Etats-Unis dans les années 40.  Quatre personnages gravitent autour du sourd-muet John Singer et se confient à lui.

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Ce livre pourrait être résumé en un seul mot : solitude. C’est ce thème qui court tout au long des pages, qui anime les personnages et qui est le socle de tout ce récit. Chacune de ces solitudes est différente mais étouffe ces victimes.
John Singer est sourd-muet. Lorsque son ami Antonapoulos est envoyé dans un asile, il se retrouve seul et démuni de tout lien social. Mais par un enchaînement d’évènements assez fortuits, quatre personnages vont se confier à lui régulièrement.
I
l y a d’abord Mick Kelly, une jeune adolescente sauvage et garçon manqué qui est férue de musique. Mais, née dans une fratrie nombreuse et pauvre, elle ne peut que rêver de symphonies et de notes dans son coin. A travers ce personnage, nous découvrons la vie d’une famille défavorisée du Sud avec ces tragédies et ces renoncements.
Ensuite vient Jake Blount, travailleur alcoolique et bagarreur qui erre de ville en ville. Il s’installe provisoirement dans le patelin en tant que réparateur de manèges. Il prône la lutte des classes et le renversement du capitalisme, mais ses idées n’auront aucun écho auprès des travailleurs, ce qui le frustrera d’autant plus.
Le Dr Copeland, quant à lui, est un Noir diplômé de médecine. Il rêve de droits civiques et d’une émancipation de la communauté noire par l’éducation. A travers lui, l’auteur dénonce subtilement la ségrégation de cette frange de la population. Personnage susceptible mais dévoué et généreux, son combat est une bataille perdue d’avance.
Biff Brannon est peut-être le personnage le plus discret. Propriétaire d’une brasserie qui ouvre la nuit, il souffre de son mariage raté et ensuite de son veuvage.
Chacun de ses personnages a un rêve, hormis peut-être Biff, mais les circonstances de la vie, la misère et le système social en place les empêchent de le mener à bien.  Ils se débattent comme une mouche prise dans les fils d’une araignée mais leur acharnement n’est qu’échec. C’est un livre plein de désillusions, d’amertume qui dénonce les conditions sociales difficiles dans cette partie des États-Unis.
Le style d’écriture est sombre, triste et mélancolique. Il faut une bonne dose d’attention si on veut comprendre le cheminement de l’auteur. Ne vous attendez pas à des rebondissements car il s’agit ici principalement de descriptions de faits et gestes du quotidien.
La fin a laissé un goût amer dans ma bouche, ce qui explique en grande partie cette note moyenne. Je me suis sentie vidée et déprimée après cette lecture, peut-être parce que je m’attendais à autre chose en voyant ce magnifique titre. Est-ce que je suis passée à côté d’un chef-d’œuvre ?

Trilogie new-yorkaise

Fiche identité

  • Titre du livre: Trilogie new-yorkaise
  • Auteur: Paul Auster
  • Nombre de pages: 448
  • Édition: Actes Sud

Résumé

Ce livre comporte trois nouvelles : Revenants – Cité de verre – La chambre dérobée.

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J’ai entendu tellement de bien de ce roman. Partout ! Je me suis jetée dans cette lecture, comme une personne assoiffée dans le désert qui espère rencontrer un oasis. Hélas, ce ne fut qu’un mirage. J’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce récit et à m’y intéresser. Tout au long de ma lecture, j’avais la sensation d’être perdu dans un labyrinthe et de ne plus trouver la sortie.
Il s’agit de trois nouvelles, qui sont à mes yeux, les variations sur un même thème : celui de la solitude d’un homme à New-York. Ces histoires sont différentes tout en étant pareils : les personnages quittent au fur à mesure la société pour n’être plus que des ombres, des fantômes, des âmes errantes dans New-York. Existent-ils toujours ou ne sont-ils que des songes et des souvenirs?
La nouvelle « Revenants » est la plus perturbante. Comme les personnages ont des noms de couleurs (Noir, Bleu, Blanc), cela crée d’emblée une certaine distance avec le lecteur donc il est quasiment impossible de s’identifier à eux. C’est étrange comme sentiment pour un lecteur.
Paul Auster est un auteur pour qui j’ai toujours eu des sentiments ambivalents. D’un côté j’aime beaucoup sa plume, son style d’écriture et je considère qu’il a un réel talent de conteur. Si un autre écrivain avait raconté ce même type de récit, j’aurai abandonné dès le début. Mais il a su me tenir, m’intriguer et je suis allée cahin-caha au bout de ce roman.
Mais d’un autre côté, je n’arrive pas souvent à saisir le fil de ses pensées. Je préfère être honnête en avouant que ces trois nouvelles m’ont déroutée tant elles sont complexes, alambiquées, indescriptibles et absurdes.
Pour terminer, je conseille ce livre à un lecteur aguerri, sinon c’est le naufrage assuré. Pour ma part, je ne peux que donner cette note moyenne, car même si l’ensemble ne m’a pas déplu, je n’ai pas accroché ferme non plus. Peut-être suis-je passée à côté d’un roman exceptionnel ?

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