Qu’avons-nous fait de nos rêves

Fiche identité

  • Titre du livre: Qu’avons-nous fait de nos rêves?
  • Auteur: Jennifer Egan
  • Nombre de pages: 416
  • Édition: Points

Résumé

Cette histoire débute dans l’Amérique des années 70. Une bande d’adolescents, féru de punk et de rock, grandissent. Nous suivons leur existence via un enchevêtrement de nouvelles.

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Qu’avons-nous fait de nos rêves ? C’est ce titre original qui m’a attiré vers ce livre. Je pressentais une succession de désillusions et d’échecs et mon instinct de lecteur ne m’a pas totalement trompée.
Ce roman est construit selon une structure assez originale, un mélange entre nouvelles et roman. Chaque chapitre se focalise sur un personnage, qui lui, a un lien avec le protagoniste évoqué dans le chapitre précédent. Ces liens sont parfois ténus  (ex : de simples connaissances) mais peuvent être également des relations amicales, familiales ou professionnelles. Il faut s’accrocher car le passage d’un chapitre à l’autre est parfois assez abrupt et déconcertant, d’autant plus que les personnages sont très nombreux.
Malgré cette construction recherchée, cette histoire m’a déçue. Beaucoup déçue pour plusieurs raisons. Le décor est un univers que je connais peu, celui du rock américain des années 60/70 où de jeunes adolescents naviguent entre musique, alcool et drogue. Avec très peu de références musicales dans ma tête, l’abondance des groupes et des célébrités cités m’a ennuyé plus qu’autre chose.
Ensuite, j’ai trouvé les personnages plats, sans consistance, une bande de tête à claques qui sont peu attachants. Ce sont des personnages égocentriques, centrés sur eux-mêmes et leur vie insipide n’est que le résultat de leur propre bêtise la plupart du temps. Mon commentaire est dur car je n’ai ressenti aucune sensibilité ni aucune douceur. Rien à voir avec le charme d’Olive Kitterdige qui a reçu également un prix Pulitzer !
Je n’ai pas été conquise non plus par le style d’écriture, trop mou, redondant et ennuyeux. Même si c’est un récit polyphonique, on ne sent pas le changement de personnage à chaque chapitre. Le ton reste toujours le même son monocorde et répétitif. Dommage!
C’est un livre qui m’a causé une vive déception. Sans une montagne de courage et de persévérance et un brin de curiosité, je ne serai pas arrivé au bout de ce récit. Pour conclure, un roman que je ne recommande pas !

La route

Fiche identité

  • Titre du livre: La route
  • Auteur: Cormac McCarthy
  • Nombre de pages: 256
  • Édition: Points

Résumé

Dans un monde post-apocalyptique, un père et son fils errent sur la route et tentent de survivre.

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A chaque fois qu’un lecteur choisit un livre, il recherche la perle rare. Celle qui le fera vibrer, qui l’entraînera hors des sentiers battus et qui suscitera en lui le maximum d’émotions possibles.
Ce livre fut un coup de cœur phénoménal ! J’en ressors époustouflée, ébahie et totalement enchantée. J’ai passé deux nuits torturées par le suspens de connaître la suite des péripéties mais à un moment, il fallait quand même dormir.
Tout commence de manière banale : un homme, accompagné d’un jeune garçon, marchent. Au fur et à mesure, on découvre un décor apocalyptique. La Terre est dévastée et détruite : est-ce le résultat d’une catastrophe naturelle ou d’une guerre ? Les vestiges qui restent ne sont que ruines, cendres, cadavres et chaos. Les derniers hommes – si toutefois on peut encore les nommer ainsi – ne sont que de rares survivants, presque des bêtes sauvages.
Mais quoi qu’il en soit, nos deux héros marchent pour fuir le froid ; ils marchent pour trouver à manger ; ils courent pour fuir les autres hommes, devenus des prédateurs. J’ai palpité à chaque page pour eux. J’ai croisé maintes fois les doigts pour qu’ils s’en sortent. Certaines scènes  sont insoutenables au point que je me suis retenue de ne pas hurler de terreur.
Mais malgré tout, quel magnifique lien entre ce père et ce fils ! Ils ne se disent pas grand-chose mais c’est fort, vibrant d’amour et de tendresse. Quel courage et modèle dans ce père qui se bat pour chaque minute de vie, pour chaque souffle. Le suicide est la solution facile dans cet univers complètement détruit mais lui préfère espérer et avancer coûte que coûte malgré les difficultés.
Le style d’écriture est brut, épuré, froid et incisif. Pas de mots grandiloquents mais un ton minimaliste et imagé qui nous projette dans une ambiance apocalyptique. Lors de la lecture, j’avais l’impression d’être plongé là-bas au point d’être ahurie et soulagée en voyant que le monde restait « normal » en regardant par la fenêtre.
C’est un livre qui risque de provoquer un geyser d’émotions !Un chef-d’œuvre que je recommande à tous !