Le petit arpent du bon Dieu

Fiche identité

  • Titre du livre: Le petit arpent du bon Dieu
  • Auteur: Erskine Caldwell
  • Nombre de pages: 269
  • Édition: Gallimard

Résumé

Ty Ty est fermier dans un petit patelin de Géorgie. Il est intimement persuadé que de l’or est enfoui sous ses terres. Plutôt que cultiver le coton, il creuse et retourne bout à bout tout son champ dans l’espoir de découvrir ce filon d’or tant convoité.

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Récemment, j’ai lu que ce roman était représentatif de la littérature du Sud des Etats-Unis. Intrigué par ce beau titre, poussé par quelques éloges et surtout en panne d’inspiration, me voilà lancée dans cet ouvrage.
Cette histoire commence de manière assez banale: un fermier, avec ses deux fils, creuse sans relâche sa terre depuis quinze ans car il est persuadé d’y trouver un filon d’or. Si ce n’était que cela, on tournerait au conte mi-humoristique, mi-absurde et point final. Mais, l’auteur passe d’un ton assez loufoque à un récit noir empreint de violence. C’est la misère doublée de bêtise et d’ignorance, où tous les sentiments sont exacerbés, bruts, presque animaux. Le drame familial est issu de la convoitise entre frères et soeurs: la haine côtoie le désir sexuel exprimé de manière cru, brutal et presque incestueuse.
L’auteur montre brièvement les conditions sociales de cette époque: des ouvriers en grève pour ne pas subir un salaire de misère; des propriétaires terriens qui vivent tant bien que mal de l’exploitation du coton grâce aux esclaves. Par contre, je trouve que les femmes jouent un piètre rôle dans ce livre. L’auteur est-il misogyne ou bien a-t-il volontairement grossi leurs traits en les décrivant uniquement comme des femmes faciles, aguicheuses d’hommes et soumises à leurs pulsions ?
En fait, je suis extrêmement déçue par ce roman mais pas choquée. J’espérais un roman dans la même veine que ceux de Steinbeck mais l’ambiance ici est loin de me plaire. Le style d’écriture est trop simple, haché et peu agréable à lire. Les personnages ne sont pas attachants.
Je n’avais qu’une envie: finir rapidement cet ouvrage et passer à autre chose. Je trouve sa réputation un peu surfaite. Bref, je vais à contre-courant une fois de plus donc je ne vous le recommande pas! 

Des fleurs pour Algernon

Fiche identité

  • Titre du livre: Des fleurs pour Algernon
  • Auteur: Daniel Keyes
  • Nombre de pages: 542
  • Édition: J’ai lu

Résumé

Charlie Gordon, un adulte qui présente un retard mental, accepte une opération chirurgicale qui pourrait potentiellement le rendre plus intelligent. Mais cette transformation va bouleverser sa paisible existence.

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Divisé sous formes de comptes rendus semblables à un journal intime, nous allons suivre dans ce livre l’évolution spectaculaire de Charlie, un adulte qui a subi une opération dans le but d’améliorer son intelligence.
Si les premiers chapitres m’ont découragé, vu la multitude de fautes d’orthographe et la syntaxe assez naïve, le ton change au fur et à mesure que Charlie « devient intelligent ». Mais ce récit, loin de la science-fiction utopique et idéaliste, pousse le lecteur à réfléchir.
La science a-t-elle le droit de créer un être humain surdoué, un surhomme, capable d’assimiler une quantité d’informations phénoménales et doués de talents intellectuels et techniques hors normes ? Quelle place occupe cet être humain pourvu de tous les dons dans la société ? Le risque n’est-il pas de créer une race de génies (si la possibilité scientifique le permet dans le futur) arrogante et au-dessus des lois naturelles ? Qu’en est-il dans ce cas de la méritocratie et des efforts fournis par d’autres individus? Qu’en est-il des pays qui ne disposent pas de la technologie nécessaire pour ce type de prouesse ?
Ensuite, si on revient à Charlie, on se rend compte que sa maturité émotionnelle n’a pas suivi le même rythme que son évolution intellectuelle. Il découvre la honte, les moqueries cruelles de ses collègues de travail, les souvenirs douloureux liés à ses parents et la solitude liée à son nouvel état. N’était-il pas plus heureux avant, au moment où il ignorait tout ça ? Mais en même temps, quel bonheur d’acquérir de nouvelles connaissances et de voir le monde sous un autre prisme ! Il pensait que l’intelligence lui apporterait l’amitié et l’amour de ses semblables, mais ce joker n’est qu’un leurre. Le monde a besoin de gens bienveillants, généreux, à l’écoute et plein de compassion et non d’une armée de personnes dotées d’un savoir infini.
Le style d’écriture est fluide, léger et agréable. Même si on le classe dans la science-fiction, c’est plutôt un roman psychologique qui analyse les sentiments et les émotions d’un homme, confronté à des situations qui le dépassent. L’histoire est émouvante même si la fin est juste un crève-cœur. A un moment, lorsqu’il écrit « Mon Dieu ne me retirez pas tout », j’ai cru que mon cœur allait exploser de chagrin. Une personne atteinte d’Alzheimer ou de démence sénile pousserait ce même cri de détresse lorsqu’il sent que ces facultés mentales lui échappent et qu’il voit son état se détériorer irrémédiablement. J’ai refermé le livre, les larmes aux yeux et j’ai mis du temps à m’en remettre.
Pour conclure, c’est un roman bouleversant qui mérite amplement le détour !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Les mille et une vies de Billy Milligan