Le royaume de Tobin (Tome 1 à 3)

Fiche identité

  • Titre du livre : Le royaume de Tobin (Tome 1 à 3)
  • Auteur : Lynn Flewelling
  • Nombre de pages : 2 097
  • Édition : J’ai lu
  • Année de publication : 2001

Résumé

Dans le royaume de Skala, selon une ancienne prophétie, le pays connaîtrait la paix et la prospérité tant qu’il serait gouverné par une reine guerrière. Le roi Erius s’empare du pouvoir et décime peu à peu toutes les prétendantes au trône. Pour protéger un enfant, une sorcière utilise une magie ancienne pour la transformer en garçon…

Avis    

Après plusieurs semaines de lecture, entrecoupées de romans plus ou moins courts, je viens vous présenter cette série qui a occupé une partie de mon minuscule temps de loisir. Il s’agit d’une série composée de trois tomes qui tourne autour de Tobin, un jeune noble qui présente une certaine particularité (dont il n’est même pas au courant) : en réalité, il est une fille, mais une magie ancienne lui a donné les caractéristiques physiques d’un jeune garçon.
L’ambiance de ce livre me rappelle vaguement le roman de Robin Hobb, L’assassin royal. Le premier tome racontera son enfance solitaire, loin des fastes de la cour royale, dans une forteresse sinistre. Le rythme est assez lent, car l’auteur s’attarde beaucoup sur Tobin, sa vie quotidienne, les anecdotes marquantes de son enfance notamment la présence d’un esprit malfaisant chez lui, les relations qu’il a envers ses parents, l’arrivée de Ki et d’Arkoniel, etc.
Vers le second tome, on change de décor. Tobin est intégré au sein des Compagnons du roi. L’auteur raconte les anecdotes qui parsèment sa nouvelle vie, en compagnie de son cousin Korin et de ses amis. Mais petit à petit, on commence à rentrer dans le vif du sujet. Le troisième tome tranche avec les deux autres, car on est loin de l’aspect psychologique pour entrer dans les batailles et la lutte pour le pouvoir.
Je dirais que la qualité de cette série repose sur le suspens que l’auteur arrive à distiller, et ce, malgré deux tomes qui contiennent, à mes yeux, beaucoup de longueurs. Car, oui, on est curieux et on aimerait savoir la suite des événements ! Malgré tout, le troisième tome m’a déçue, car les événements se sont accélérés trop vite et donnent l’impression que l’auteur a voulu absolument finir le livre. On devine aisément ce qui va se passer. J’aurais sincèrement préféré que l’auteur ajoute une pincée d’originalité pour éviter cette fin conventionnelle et prévisible.
Le style d’écriture est fluide. Il est parfois très cru et très vulgaire dans certains passages, ce qui m’a parfois désarçonné, car on ne s’attend pas à ce soudain changement de ton d’un paragraphe à un autre.
Ce fut quand même une lecture très amusante, très ludique et surtout sans prise de tête. À lire ? Oui, pour les amateurs de fantasy.  

Cranford

Fiche identité

  • Titre du livre : Cranford
  • Auteur : Elizabeth Gaskell
  • Nombre de pages : 320
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1853

Résumé

Nous sommes au XIXème siècle, dans le petit village de Cranford. La narratrice, Mary Smith, qui y séjourne régulièrement, nous raconte les petites anecdotes de la vie quotidienne de ses amies.  

Avis    

Cet ouvrage est pour moi un livre « doudou », une espèce particulière qu’on aime croiser de temps en temps sur sa route lorsque certains aspects de notre vie laissent à désirer.
Il n’y a pas vraiment d’intrigue dans ce livre ni d’histoire palpitante qui nous tient en haleine. C’est plutôt une collection d’anecdotes de la vie quotidienne au sein d’une communauté bien précise qui est les dames « respectables » de Cranford.
Je me suis tout simplement évadée loin du XXIème siècle et de ses urgences, loin des impératifs de la vie pour déambuler dans le petit village de Cranford. Ce fut un moment de lecture particulièrement délicieux : quel plaisir de suivre ces vieilles dames un peu sottes, poltronnes, souvent à cheval sur des broutilles ! Qu’est-ce que je me suis marrée durant le chapitre « La grande panique » en imaginant la tête de Miss Matty ; qu’est-ce que j’ai pu savourer chaque petite soirée et chaque visite mondaine à boire du thé, jouer aux cartes ou écouter les ragots tout en imaginant leur air digne et un peu emprunté ! L’auteur décrit avec brio chaque petit événement : on a l’impression de voir les images défiler sous nos yeux, de voir les faits et gestes de chaque personnage, de partager un brin de leur vie simple et monotone.
Mais Elizabeth Gaskell critique légèrement les moeurs de son époque : impossible d’être admis dans une certaine frange de la société sans venir d’un certain milieu ! La structure sociale est basée sur les convenances, l’apparence et la dignité. J’ai souri en pensant à tous les subterfuges de certaines de nos chères dames pour dissimuler leur pauvreté.
Le style d’écriture est agréable, très doux, mais de temps en temps ironique. Ce fut un vrai moment de plaisir : beaucoup (alors là, beaucoup, beaucoup) de sourires, des anecdotes qui m’ont fait suffoquer de rire, quelques larmes de tendresse aussi vers la fin devant la générosité et l’amitié. Lorsque j’ai refermé le livre, j’ai senti mon coeur se serrer, car Miss Matty, Miss Pole, Miss Smith et toute la troupe me manquaient déjà !
À lire ? Absolument pour les amateurs de la littérature anglaise ! Et si jamais vous connaissez quelqu’un capable de m’envoyer dans le passé, pitié contactez-moi pour qu’il m’envoie à Cranford !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Les confessions de Mr. Harrison – Nord et sud