La fille secrète

Fiche identité

  • Titre du livre:  La fille secrète
  • Auteur : Shilpi Somaya Gowda
  • Nombre de pages : 480
  • Édition : Folio
  • Année de publication: 2010

Résumé

Cette histoire se déroule en Inde. Lorsque Kavita accouche encore d’une fille, c’est une catastrophe pour son mari. Plutôt que de la perdre une seconde fois, elle décide de l’abandonner dans un orphelinat à Bombay.
De l’autre côté de l’Atlantique, Krishnan et Somer découvrent qu’ils ne pourront pas avoir d’enfant ensemble. Ils se résignent donc à adopter une petite indienne, Asha, la fille de Kavita.
Mais quand celle-ci grandit, elle souhaite découvrir ses origines…

Avis    

Voici un livre qui m’a beaucoup touché, car il aborde plusieurs thèmes intéressants, très féminins. Le résumé nous propose déjà un aperçu exhaustif de l’histoire donc je ne développerai pas plus là-dessus. Je dirais juste que les personnages principaux sont tous très attachants et qu’on prend un réel plaisir à suivre leurs vies parallèles.
Ce livre soulève d’abord la question de l’adoption. Même si on donne tout l’amour qu’on possède à son enfant adoptif, il ressentira un jour ou l’autre le besoin de connaître ses origines et de trouver une réponse à cette question : pourquoi mes parents biologiques m’ont-ils abandonné ? Quelque part, je me dis qu’il y a une grande blessure chez ses enfants, et aussi une forte part d’idéalisation des parents biologiques.
L’auteur évoque aussi la place de la femme dans nos sociétés occidentales modernes : elles sont non seulement mères, mais aussi diplômées et souvent mènent une carrière professionnelle. À quoi faut-il renoncer ? Où trouver un compromis entre le boulot, les enfants, le mari, les ami(e)s, la famille et le reste ? Ce n’est pas une position facile pour n’importe laquelle d’entre nous et sincèrement aucune réponse n’est évidente ni réellement satisfaisante. Quand on voit la vie menée par les autres femmes dans le livre, je me demande bien quelle est la voie qui rend la plus heureuse.
Et puis enfin, l’auteur nous invite dans un voyage coloré en Inde avec tous ses paradoxes : d’un côté la richesse démesurée de certaines familles ; de l’autre, la pauvreté, la pollution et la saleté dans la ville de Mumbai où les bidonvilles s’étalent sur des kilomètres ; la différence de traitement entre les filles et les garçons ; les coutumes et les traditions ancestrales ; et puis n’oublions pas ces succulents plats indiens qui m’ont donné l’eau à la bouche plusieurs fois.
Son style d’écriture est simple, doux et agréable à lire. J’aurais aimé un peu plus de descriptions et des personnages encore plus approfondis, quitte à rallonger les pages !
Un livre que je recommande vivement !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Un fils en or

La symphonie pastorale

Fiche identité

  • Titre du livre : La symphonie pastorale
  • Auteur : André Gide
  • Nombre de pages : 149
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1911

Résumé

Un pasteur recueille chez lui une orpheline aveugle, sauvage et qui sait à peine communiquer. Il ambitionne de la sortir de sa torpeur en lui prodiguant des soins constants et en l’éduquant. Mais des sentiments confus naissent entre les deux.

Avis    

Ce titre qui évoque la musique – une de mes grandes passions aussi –  m’a intrigué et m’a poussé à lire cet ouvrage d’André Gide.
Le résumé ci-dessus nous explique les grandes lignes de l’histoire : le narrateur, un pasteur, devient le mentor d’une jeune fille aveugle. Son attachement se transforme en amour, mais il se voile la face tout au long du récit et nie toute affection amoureuse. Pour lui, il n’éprouve que de la pitié envers « une brebis égarée ».
Ce récit à la première personne est très partial puisque nous n’avons que le point de vue du pasteur. Au final, il m’a paru manipulateur et hypocrite. Il se réfugie derrière les paraboles de la Bible pour justifier son comportement envers Gertrude ; il critique continuellement sa femme et la juge égoïste, insensible et peu généreuse et la considère même comme un frein à sa vie spirituelle (pff ! Voilà bien l’ingratitude des hommes !!!); il refuse même de dévoiler certains chapitres de la Bible à Gertrude sous prétexte qu’elle est encore trop sensible et fragile pour comprendre la notion du péché ; il la façonne et lui propose une vision du monde partiel, en gros celui qui l’arrange le plus. Malgré les allusions de sa femme et de son fils, le pasteur n’en démord pas et construit toute une rhétorique pour prouver la justesse de son raisonnement. Ce qui est paradoxal dans le livre, c’est qu’on ne se rend compte de toute cette situation que vers la fin : tout au long de la lecture, le récit à la 1ère personne nous mystifie un peu.
Je n’ai mis que deux cœurs, car l’intrigue m’a paru trop courte, surtout les principaux événements qui ne se déclenchent que vers la fin, donnant un semblant de tragédie très peu crédible. Les raisons invoquées par les autres protagonistes m’ont paru bancales et vides (vous comprendrez pourquoi en lisant le livre).
J’ai trouvé le style d’écriture trop étoffé et complexe sans forcément être agréable à lire. Il se lance dans des discours pompeux, dans une rhétorique religieuse qui m’a fait bâiller d’ennui.
En tout cas, c’est cette fin ridicule qui m’a conduit à mettre cette note passable !!