Vent d’Est, vent d’Ouest

Fiche identité

  • Titre du livre : Vent d’Est, vent d’Ouest
  • Auteur : Pearl Buck
  • Nombre de pages : 250
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1930

Résumé

Kwei-Lan, élevée depuis sa plus tendre enfance selon les méthodes ancestrales chinoises, épouse un Chinois qui a fait ses études à l’étranger et qui rejette une partie des traditions.
Mais un autre drame secoue la famille : son frère aîné s’est marié avec une étrangère.

Avis    

Cette histoire fut un énorme coup de coeur pour moi. Je ressors de cette lecture enchantée, ravie et dépaysée.
La narratrice, Kwei-Lan, nous raconte son histoire : celle d’une jeune chinoise, qui après son mariage arrangé, se retrouve confrontée à deux cultures diamétralement opposées. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur traite le sujet. Kwei-Lan nous décrit ses sentiments de manière précise : ses doutes, ses préjugés sur les Occidentaux qu’elle tente tant bien que mal de surmonter, l’évolution de ses relations avec les membres de sa famille.
On découvre dans ce livre tellement de choses sur les anciennes pratiques culturelles chinoises : le culte des dieux, le respect des aînés, les traditions ancestrales, l’éducation des jeunes filles, les relations familiales qui fixaient la place de chacun dans la société, les jeux de pouvoirs entre la femme légitime et les concubines, le rôle d’une belle-fille au sein de sa belle-famille (qui se résume à donner un fils à son mari pour perpétuer le nom et être totalement dévouée au bien-être de sa belle-mère), les critères de beauté (avoir des pieds bandés, savoir jouer de la harpe, être douce, silencieuse et soumise…). L’auteur évoque le choc des cultures chinoises et occidentales et ses conséquences sur la structure familiale et sur les générations anciennes.
Il faut savoir que ce livre a été écrit par une Américaine, Pearl Buck, qui a passé une grande partie de sa vie en Chine. Lors de la lecture, j’avais presque l’impression que c’est une Chinoise qui écrivait tellement son ton était mesuré, poétique et doux. Le style d’écriture est limpide avec des descriptions magnifiques qui nous emmènent dans une époque à jamais disparue.
J’ai encore beaucoup de choses à vous partager, mais je m’arrêterai là. Lisez-le ! C’est un récit magnifique !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blogLa mère

La métamorphose

Fiche identité

  • Titre du livre : La métamorphose
  • Auteur : Franz Kafka
  • Nombre de pages : 144
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1915

Résumé

En se levant un matin, Gregor Samsa découvre qu’il s’est transformé en un horrible cafard géant.

Avis    

Lorsqu’on lit un auteur mondialement connu, adulé et sur qui on a écrit tant de choses, on se sent un peu insignifiant parce qu’on ne sait pas quoi dire de plus par rapport à ce que les autres ont mille fois répété. Mais, humblement, j’essaierai de vous partager ici ce que j’ai pu ressentir durant cette lecture.
C’est un ouvrage que je conseille aux gens qui ont envie de découvrir Kafka. Ce récit est court, mais merveilleusement bien écrit, avec un sens du détail proche de la perfection.
La situation est absurde, irrationnelle, mais elle s’impose à une famille bourgeoise, les Samsa : Gregor, leur fils, un représentant de commerce dans les tissus, se transforme du jour au lendemain en cafard. L’auteur arrive à restituer de manière réaliste les états d’âme de Gregor : tout d’abord la stupéfaction, et même le déni face à cette transformation. Mais voici ce qui m’a le plus frappé : pas une seule fois, Gregor n’a cherché à comprendre pourquoi ce malheur lui est arrivé. En fait, il craint plus les réactions de sa famille et de son patron que son propre sort. Sa principale inquiétude est de savoir comment ses parents et sa sœur Grete vont subvenir à leurs besoins. Puis, tous ces sentiments font place à la résignation. Gregor, anciennement le pilier de la famille, se sent au fur et à mesure écarté et isolé. Il ne fait plus partie de ses semblables et il perd petit à petit ces traces d’humanité.
Je ne peux pas dire que j’ai ressenti de la compassion pour un cafard, car Dieu seul sait à quel point je déteste cet insecte, mais ce que Gregor a vécu m’a profondément remué. En fait, j’ai compris ce que l’auteur voulait nous transmettre : ce sentiment de solitude, cette impression de ne plus appartenir à un groupe, de ne plus pouvoir s’identifier à quelqu’un ou même d’être rattaché à quelque chose, de voir le regard des autres pesé sur soi et de comprendre que la société nous voit comme un monstre. Mais d’un autre côté, peut-on blâmer sa famille pour ce rejet ? Cette indifférence ? Et cet oubli de tout ce qu’il a fait auparavant pour ne voir en lui qu’un cafard qui gêne désormais leur vie ?
Le style d’écriture est magnifique, riche et profond. Il m’a coupé le souffle et certains passages sont d’un réalisme saisissant. Ce livre est une pépite d’or que je vous recommande vivement ! Un vrai électrochoc !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le château – Le procès