Les braises

Fiche identité

  • Titre du livre: Les braises
  • Auteur: Sandor Marai
  • Nombre de pages: 224
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Dans un château en Hongrie, un vieux général à la retraite reçoit un courrier qui lui annonce l’arrivée de son ami Conrad qu’il n’a pas revu depuis quarante ans.

Avis     

C’est le second roman que je découvre de cet auteur, et c’est aussi un second coup de cœur.
Ce récit est celle d’une rencontre entre deux amis d’enfance qui ne se sont pas vus depuis plusieurs années. Que s’est-il passé pour que leur amitié cesse brusquement ?
Cette confrontation, ce long monologue dévoile peu à peu les secrets, les non-dits et le passé qui les poursuit tous les deux. Conrad joue un peu le rôle de catalyseur : il parle peu et écoute les tourments qui ont rongé son ami Henri depuis quarante ans.
L’auteur a une plume envoûtante, riche, à la fois douce et incisive. Il sait manier les mots, décrire les angoisses et la solitude, partager les sentiments des personnages. C’est beau ! Cette histoire laisse un arrière-goût amer, une impression de gâchis. On en ressort avec une certaine mélancolie.
Pour conclure, il est temps de vivre, de pardonner, d’abandonner les rancœurs pour ne pas devenir comme ces deux vieillards décrépits hantés par leurs fantômes !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Le premier amour

La trilogie des jumeaux

Fiche identité

  • Titre du livre: La trilogie des jumeaux
  • Auteur: Agota Kristof
  • Nombre de pages: 576
  • Édition: Points

Résumé

Cette trilogie raconte la vie de Lucas et Klaus, deux jumeaux qui vivent dans un pays en guerre qui sera ensuite sous domination étrangère. Ces derniers vont apprendre à se débrouiller seuls dans un milieu hostile. Nous allons les suivre depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. 

Avis 

Si vous cherchez une lecture qui procure du challenge, qui vous secoue et vous met le doute jusqu’au bout et bien après, cette trilogie est faite pour vous.
Pour ma part, cette œuvre de fiction m’a poussée au plus profond de mon expérience de lecteur: quelle est la part du mensonge, du fantasme et du « réel » dans  ce récit (tout en gardant en tête que l’ensemble est une fiction) ? L’auteur joue sur ce tableau pour distiller le doute, change de point de vue à chaque tome pour mieux nous déstabiliser.
Lucas et Klaus ne sont-ils au fond qu’un seul et même personnage, l’un pile, l’autre face ?
J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire notamment le premier tome, écrit à la première personne du pluriel. C’est le plus poignant, avec certains passages qui font trembler tellement ils sont empreints de violence.
J’ai creusé un long moment avant de vous présenter mon interprétation du récit : le troisième tome est la clé de voûte de cette trilogie. Face à la solitude, l’écriture est l’échappatoire, qu’importe si c’est vrai ou faux. C’est le baume qui soulage, c’est le frère parfait qu’on a et qui partage nos soucis, c’est le rêve qui éloigne la triste réalité ou bien l’inverse!
Mes propos semblent nébuleux mais cette trilogie ne laisse personne indifférente.
Le style d’écriture est concis, précis, froid et incisif. Moi qui d’habitude aime les tons lyriques et plein de sentiments, j’ai beaucoup apprécié ce ton minimaliste et pudique, qui en dit pourtant long. J’étais littéralement accrochée à ces trois romans, même si le second tome m’a paru un peu plus long et moins intéressant.
Que dire de plus à part que je vous recommande ce chef-d’œuvre !