Les Buddenbrook

Fiche identité

  • Titre du livre : Les Buddenbrook
  • Auteur : Thomas Mann
  • Nombre de pages : 852
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1901

Résumé

Cette histoire se déroule dans l’Allemagne du XIXème siècle et raconte le long déclin d’une riche famille de négociants, les Buddenbrook.

Avis    

À cause de ce livre, j’ai failli renoncer à toute vie sociale. Mais ces deux semaines ont été merveilleuses : cette lecture m’a procuré beaucoup de bonheur, car je me suis sentie en complète harmonie avec l’auteur. J’ai ressenti la même extase que lors de la lecture d’Anna Karénine.
Il s’agit de l’histoire des Buddenbrook, une famille de bourgeois d’Allemagne du Nord. Au début du roman, ils sont à l’apogée de leur fortune. Puis vient le long déclin au fur et à mesure que passent les générations.
Chaque personnage est unique et l’auteur les décrit avec beaucoup de réalisme, parfois avec un ton légèrement ironique, mais toujours plein de tendresse : Antonie, si vive et impétueuse, mais dont les mariages malheureux rendront aigrie ; Thomas, le fils aîné qui tente coûte que coûte de sauvegarder le nom et l’honneur de la famille ; Christian le cadet, un artiste raté qui n’arrive pas à s’assumer ; Hanno jeune garçon sensible et rêveur, fou de musique, mais qui s’adapte mal aux charges que lui imposent son nom de famille.
Le style d’écriture de l’auteur est magnifique, riche, avec une profusion de détails. Thomas Mann décrit avec un réalisme saisissant chaque scène. On a l’impression d’y être réellement et de participer au quotidien des Buddenbrook. J’imaginais sans peine chaque paysage, objet ou pièce de la maison, expression du visage ou geste d’un des protagonistes.
Certaines scènes sont d’une beauté à couper le souffle comme la sensibilité musicale de Hanno, qui m’a ému bien au-delà ce que j’imaginais ; ou bien l’ardeur avec laquelle Antonie prépare le mariage de sa fille, comme si elle pouvait à travers cet événement réparer son propre passé ; ou Thomas, qui sent l’inexorable délitement de sa famille, mais reste digne ; ou cette fin magistrale, inoubliable et pleine d’émotions.
Ce livre est un chef-d’œuvre, que je n’oublierai pas et que je relirai un de ces jours, car tant de choses restent encore à découvrir. Je vous recommande absolument cette lecture, et pour vous convaincre, voici un des passages qui m’a marqué :
« La mort était un si profond bonheur qu’on ne la mesurait que dans des instants privilégiés comme celui-ci. Elle était le retour au foyer après une course sans but semée de peines infinies, la correction d’une lourde faute, la libération des chaînes et des entraves les plus répugnantes, la réparation d’un lamentable accident.
La fin, la décomposition ? Trois fois digne de pitié celui qui ressentait comme des menaces ces notions creuses ! Qu’est-ce dont qui finirait et se dissoudrait ? Ce corps, le sien. Cette personnalité, cette individualité, cet obstacle pesant, rétif, cette erreur haïssable, qui l’empêchaient d’être différent et meilleur.
Tout dans cet homme n’était-il pas une erreur et une faute ? Ne se trouvait-il pas entraîné dans un tourbillon de douleur dès le jour de sa naissance ? Une prison, une prison ! Limites et chaînes de toute part. À travers les fenêtres grillagées de son individualité, l’homme fixe un regard désespéré sur les enceintes concentriques des circonstances extérieures, jusqu’au jour où la mort vient le rendre à sa patrie, à la liberté. »

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : La mort à Venise

Le mystère de Callander Square

Fiche identité

  • Titre du livre : Le mystère de Callander Square
  • Auteur : Anne Perry
  • Nombre de pages : 382
  • Édition : 10 x 18
  • Année de publication : 1980

Résumé

Deux cadavres de bébés sont découverts par hasard par des jardiniers aux environs de Callander Square, un quartier chic de Londres. L’inspecteur Pitt va mener l’enquête.

Avis    

En ce moment, je suis en train de lire un ouvrage titanesque mais merveilleux que je vous présenterai bientôt. En attendant, contentons-nous de cette modeste enquête policière où interviendront de nouveau Charlotte Pitt et son mari Thomas.
C’est un récit classique, sans grande surprise et peu palpitant. L’enquête piétine, car il est difficile pour un simple policier de poser des questions à ces gens de la haute société, qui considèrent que les gens en dehors de leur sphère ne sont que des moins-que-rien. Sans l’aide de sa femme Charlotte et de sa belle-sœur Emily, cette investigation n’aurait pas pu aboutir. De ce fait, cette histoire souffre de nombreuses longueurs et les 300 premières pages ne sont qu’un long étalage de potins et de vies mondaines des familles. Derrière les maisons cossues, se cachent aussi des secrets, et pas des moindres ! Mais il faut à tout prix sauvegarder les apparences, maintenir sa dignité et si la police commence à mettre son nez là où cela ne le regarde pas, il faut vite l’éloigner.
Dans cette enquête, je n’ai pas eu la sensation d’avoir « participé », comme j’en ai l’habitude avec Agatha Christie : il y avait trop de personnages, pas assez de mobiles convaincants et des fausses pistes grosses comme un œuf d’autruche. Le dénouement, à quelques pages de la fin, ne m’a pas vraiment convaincu.
On retrouve dans ce livre l’atmosphère de l’époque victorienne, avec son étiquette rigide, ses conventions et normes sociales, ses différences de classes sociales. C’est un portrait parfois critique, bien documenté, mais qui n’égale pas la plume de Jane Austen.
Le style d’écriture reste simple, mais étouffé par trop de longueurs. C’est une lecture-détente, le type de livre pour un après-midi pluvieux de dimanche !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le crime de Paragon WalkL’étrangleur de Cater Street