La dernière conquête du major Pettigrew

Fiche identité

  • Titre du livre : La dernière conquête du major Pettigrew
  • Auteur : Helen Simonson
  • Nombre de pages : 541
  • Édition : 10 x 18
  • Année de publication : 2010

Résumé

Le major Pettigrew, retraité et veuf depuis six ans, vit seul à Edgecombe Saint Mary. Les liens amicaux et fraternels se rompent petit à petit, soit par le décès de son frère ou par l’éloignement de son fils unique Roger.
Quand l’amour frappe à sa porte, sous les traits de Mme Ali, l’épicière pakistanaise du village, tout vacille….

Avis          

J’ai passé les vacances de fin d’année 2015 avec ce roman agréable et sympathique. Quel délice de se prélasser sur un transat en le lisant, en imaginant la bibliothèque remplie de classiques anglais et la bonne tasse de thé Earl Grey sur la table !
Les principaux personnages du livre sont très attachants et l’auteur a su leur donner une touche très réaliste. Il y a d’abord le major Pettigrew qui est l’archétype du bon vieil Anglais, très respectueux des bonnes manières et de certaines traditions. Derrière son aspect bourru et solitaire, c’est un homme de valeur et de principes, qui défend la tolérance et l’ouverture d’esprit et ses traits d’ironie et d’humour sont savoureux.
Le second personnage est Mme Ali, l’épicière pakistanaise du village. C’est une femme discrète, mais qui cache une vive intelligence et du courage. Elle subit parfois le mépris et le racisme des autres villageois anglais, et les problèmes dans sa famille viennent également l’envahir.
Au premier abord, je croyais que ce livre ressemblerait à un chick-lit, mais c’est bien plus que cela. L’auteur a su nous emmener dans une direction inattendue et intéressante, et j’ai dévoré chaque chapitre avec impatience. L’atmosphère et la vie dans les campagnes anglaises bourgeoises est bien décrite : les parties de golf, le club qui organise le bal de l’année, les parties de chasse entre gentlemen, les commérages colportés par certaines femmes, les actes de charité patronnés par ces dames si tyranniques et étroites d’esprit, le racisme voilé et hypocrite à l’égard des étrangers, etc.
Le style d’écriture est agréable, fluide, doux et léger. J’ai passé un très bon moment et je vous recommande ce livre si vous cherchez une lecture détente sans prise de tête. À lire pour les amoureux de l’ambiance british, pour ceux qui aiment les romans-doudous qui réconfortent et font sourire à la fin !

L’intérêt de l’enfant

Fiche identité

  • Titre du livre : L’intérêt de l’enfant
  • Auteur : Ian McEwan
  • Nombre de pages : 240
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 2014

Résumé

Fiona Maye, juge aux affaires familiales, est confrontée à une affaire : un garçon de dix-sept ans refuse une transfusion sanguine qui pourrait lui sauver la vie en raison de ces croyances religieuses. Avant de rendre son jugement, elle décide de le rencontrer.

Avis          

Ian McEwan est une valeur sûre lorsqu’on cherche une bonne histoire. Il a le don de nous emmener là où on ne s’attend pas vraiment à aller.
Ce livre est composé de deux parties qui s’entremêlent fortement :
– il y a d’abord la carrière professionnelle de Fiona Maye, une brillante juge, qui tous les jours, traite des affaires de divorce, de garde d’enfants et d’éducation. Cette fois-ci, elle est confrontée à un cas épineux où la religion entre en jeu, car Adam, un garçon de dix-sept ans, refuse, en raison de ses croyances religieuses, toute transfusion sanguine qui pourrait le sauver d’une grave leucémie.
– et ensuite, il y a la vie privée de Fiona : son couple bat de l’aile et si, dans son travail, elle est confrontée à des situations conflictuelles quotidiennes, de son côté elle n’arrive pas à endiguer le délitement de son mariage. Son mari souhaite plus de sexualité alors qu’elle n’en ressent pas l’envie ; leur foyer semble vide en l’absence d’enfants et les doutes la taraudent par rapport au fait qu’elle ait privilégié sa carrière professionnelle avant tout.
L’auteur aborde plusieurs thèmes dans ce livre, mais toujours avec le tact et la sensibilité qui le caractérise : la place qu’occupe la justice et son impact sur la vie des gens, notamment lorsque des questions relatives à la religion ou à l’éducation des enfants interviennent dans les situations juridiques ; les dangers d’une religion fondamentaliste qui refuse tout compromis, quitte à sacrifier la vie d’autrui à cause de trois malheureux versets mal interprétés dans un livre ; la complexité des sentiments humains et l’ambiguïté qui peuvent en découler. Le geste de Fiona en est le parfait exemple.
Son style d’écriture est élégant, fin, agréable et très fluide. Ce fut un vrai plaisir de le lire et je continuerai à découvrir les œuvres de cet auteur au cours des années à venir !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  Amsterdam – Dans une coque de noixExpiationLes chiens noirsSamedi – Sur la plage de Chesil