La maison aux esprits

Fiche identité

  • Titre du livre : La maison aux esprits
  • Auteur : Isabel Allende
  • Nombre de pages : 540
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1982

Résumé

Cette histoire se déroule dans un pays d’Amérique du Sud – probablement le Chili – et raconte l’histoire d’une grande famille sur plusieurs générations.

Avis    

Voici un livre qui m’a laissé un excellent souvenir. Tout au long de la lecture, je me suis sentie comme un membre à part entière de la famille Trueba et j’ai suivi avec beaucoup d’enthousiasme l’histoire de ces quatre générations. C’est comme si pendant un temps, j’étais là-bas avec eux tout en continuant mon train-train quotidien. Souvent, je sortais du roman un peu hébété, comme si je m’éveillais d’un bon rêve et que je ne savais plus où j’étais.
Dans ce roman, vous rencontrerez des personnages attachants, sympathiques, drôles, plein de fantaisies et de mystères. Il y a d’abord l’inimitable Clara, toujours un peu fantastique et dans la lune à cause de mon penchant pour l’au-delà, mais autour de qui gravite de nombreux protagonistes comme ses enfants Blanca, Nicolas et Jaime ; ses parents Nivea et Severo del Valle, sa petite fille Alba sans compter les multiples personnages secondaires comme la belle-sœur Férula ; Pedro Garcia, le comte Jean de Satigny, les fermiers, les domestiques, les adeptes du spiritisme, la nourrice, le chien Barrabas, etc.
Je garde ici un paragraphe spécial pour Esteban Trueba : propriétaire terrain qui voue une obédience aveugle pour le parti conservateur, c’est un homme abusif envers les paysans qu’ils emploient ; et un mari autoritaire, tyrannique et emporté avec sa famille. Il n’en reste pas moins un personnage très abouti et complet que j’ai bien apprécié, et qui m’a fait rire aux éclats plusieurs fois.
L’auteur raconte aussi les événements qui ont entraîné l’arrivée de la dictature dans un pays d’Amérique du Sud ; politique qui a entraîné des innombrables tortures, poursuites et exactions de tout genre.
Le style d’écriture est léger, fluide, ponctué de belles descriptions. L’ambiance oscille entre le fantasque, la folie, l’humour et un brin de sentimentalité. C’est coloré, gai et passionnant ! On partage avec plaisir les joies et les peines de cette famille, et c’est avec tristesse que je les quitte (dommage qu’il n’y ait pas cinq cents pages en plus !).
Pour conclure, une pépite d’or dénichée dans ma pile de livres que je vous recommande à tout prix !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  Fille du destin 

Le Dieu des petits riens

Fiche identité

  • Titre du livre : Le Dieu des petits riens
  • Auteur : Arundhati Roy
  • Nombre de pages : 483
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1997

Résumé

Rahel et Estha, deux jumeaux de huit ans, vivent chez leur grand-mère en compagnie de leur mère Ammu, de leur grande-tante Baby Kochamma et de leur oncle Chacko. Mais un drame va se nouer lors de l’arrivée de leur cousine, Sophie Mol.

Avis    

J’ai entendu beaucoup de bien sur cet ouvrage, mais mon avis reste mitigé et moyen. Ce fut une lecture difficile, en raison de la chronologie emmêlée et décousue. C’est un vrai puzzle où le présent se mélange au passé, où chaque chapitre est une succession de souvenirs qui resurgissent sans réelle logique. Il faut un certain effort et une bonne dose de concentration pour suivre ces méandres flous et nébuleux ; pour tenter de connecter les détails entre eux et de visualiser le tableau complet.
Le récit débute par le retour de Rahel en Inde après plusieurs années d’absence. Malgré tout ce temps écoulé, les souvenirs restent toujours présents et elle va revivre le drame qui a fait basculer leur existence à jamais. Pour ceux qui liront le livre, vous devinerez bien vite de quoi il en retourne, mais l’auteur prend un long moment pour tout développer, ce qui m’a fait souvent piaffer d’impatience.
C’est une histoire de famille, où les souvenirs d’enfance de Rahel et d’Estha, son jumeau, sont prépondérants. Il y a la grand-mère Mammachi, qui tenait une usine de conserves de confitures ; leur mère Ammu divorcée et sans instruction, et de ce fait contrainte de retourner chez sa famille ; leur oncle Chacko, qui a fait des études à Oxford, un coureur de jupons invétéré partagé entre son idéal marxiste et sa position de chef d’entreprise ; Baby Kochamma leur grande-tante, une vieille fille aigrie, perfide et méchante.
C’est aussi l’histoire de l’Inde avec son système de castes contraignant où être né intouchable vous reléguait d’office comme un paria ; c’est l’Inde où les conditions de vie des femmes restaient (et sont toujours, je présume) misérables, partagées entre violence conjugale, absence de statut clairement définie en cas de divorce et prostitution pour les plus démunis ; c’est l’Inde avec son foisonnement de couleurs, d’odeurs, de fruits et de saisons, mais aussi ces conditions d’hygiène déplorables ; c’est l’Inde avec son pan d’histoire politique lors de l’arrivée des communistes et le mouvement contestataire des naxalites.
Le style d’écriture de l’auteur est coloré, plein de poésie et de sensibilité, mais j’insiste sur le côté décousu du récit qui m’a égaré. Le rythme est lent et lourd, comme si on était emprisonné par la torpeur des chaleurs tropicales et de la mousson. Il y a quelques longueurs, dont certaines qui m’ont paru interminables.
Bref, je recommande ce livre pour des lecteurs aguerris, sinon, c’est la dépression assurée !