Le dieu des petits riens

Fiche identité

  • Titre du livre: Le dieu des petits riens
  • Auteur: Arundhati Roy
  • Nombre de pages: 483
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1997

Résumé

Rahel et Estha, deux jumeaux de huit ans, vivent chez leur grand-mère en compagnie de leur mère Ammu, de leur grande-tante Baby Kochamma et de leur oncle Chacko. Mais un drame va se nouer lors de l’arrivée de leur cousine, Sophie Mol.

Avis    

J’ai entendu beaucoup de bien sur cet ouvrage mais mon avis reste mitigé et moyen. Ce fut une lecture difficile, en raison de la chronologie emmêlée et décousue. C’est un vrai puzzle où le présent se mélange au passé, où chaque chapitre est une succession de souvenirs qui resurgissent sans réelle logique. Il faut un certain effort et une bonne dose de concentration pour suivre ces méandres flous et nébuleux ; pour tenter de connecter les détails entre eux et de visualiser le tableau complet.
Le récit débute par le retour de Rahel en Inde après plusieurs années d’absence. Malgré tout ce temps écoulé, les souvenirs restent toujours présents et elle va revivre le drame qui a fait basculé leur existence à jamais. Pour ceux qui liront le livre, vous devinerez bien vite de quoi il en retourne mais l’auteur prend un long moment pour tout développer, ce qui m’a fait souvent piaffer d’impatience.
C’est une histoire de famille, où les souvenirs d’enfance de Rahel et d’Estha, son jumeau, sont prépondérants. Il y a la grand-mère Mammachi, qui tenait une usine de conserves de confitures ; leur mère Ammu divorcée et sans instruction, et de ce fait contrainte de retourner chez sa famille ; leur oncle Chacko, qui a fait des études à Oxford, un coureur de jupons invétéré partagé entre son idéal marxiste et sa position de chef d’entreprise ; Baby Kochamma leur grande-tante, une vieille fille aigrie, perfide et méchante.
C’est aussi l’histoire de l’Inde avec son système de castes contraignant où être né intouchable vous reléguait d’office comme un paria ; c’est l’Inde où les conditions de vie des femmes restaient (et sont toujours je présume) misérables, partagées entre violence conjugale, absence de statut clairement définie en cas de divorce et prostitution pour les plus démunis ; c’est l’Inde avec son foisonnement de couleurs, d’odeurs, de fruits et de saisons mais aussi ces conditions d’hygiène déplorables ; c’est l’Inde avec son pan d’histoire politique lors de l’arrivée des communistes et le mouvement contestataire des naxalites.
Le style d’écriture de l’auteur est coloré, plein de poésie et de sensibilité mais j’insiste sur le côté décousu du récit qui m’a égaré. Le rythme est lent et lourd, comme si on était emprisonné par la torpeur des chaleurs tropicales et de la mousson. Il y a quelques longueurs, dont certaines qui m’ont paru interminables.
Bref, je recommande ce livre pour des lecteurs aguerris, sinon c’est la dépression assurée !