Des fleurs pour Algernon

Fiche identité

  • Titre du livre : Des fleurs pour Algernon
  • Auteur : Daniel Keyes
  • Nombre de pages : 542
  • Édition : J’ai lu
  • Année de publication : 1959

Résumé

Charlie Gordon, un adulte qui présente un retard mental, accepte une opération chirurgicale qui pourrait potentiellement le rendre plus intelligent. Mais cette transformation va bouleverser sa paisible existence.

 Avis         

Divisés sous forme de comptes-rendus semblables à un journal intime, nous allons suivre dans ce livre l’évolution spectaculaire de Charlie, un adulte qui a subi une opération dans le but d’améliorer son intelligence.
Si les premiers chapitres m’ont découragé, vu la multitude de fautes d’orthographe et la syntaxe assez naïve, le ton change au fur et à mesure que Charlie « devient intelligent ». Mais ce récit, loin de la science-fiction utopique et idéaliste, pousse le lecteur à réfléchir.
La science a-t-elle le droit de créer un être humain surdoué, un surhomme, capable d’assimiler une quantité d’informations phénoménales, et doué de talents intellectuels et techniques hors normes ? Quelle place occupe cet être humain pourvu de tous les dons dans la société ? Le risque n’est-il pas de créer une race de génies (si la possibilité scientifique le permet dans le futur) arrogante et au-dessus des lois naturelles ? Qu’en est-il dans ce cas de la méritocratie et des efforts fournis par d’autres individus ? Qu’en est-il des pays qui ne disposent pas de la technologie nécessaire pour ce type de prouesse ?
Ensuite, si on revient à Charlie, on se rend compte que sa maturité émotionnelle n’a pas suivi le même rythme que son évolution intellectuelle. Il découvre la honte, les moqueries cruelles de ses collègues de travail, les souvenirs douloureux liés à ses parents et la solitude liée à son nouvel état. N’était-il pas plus heureux avant, au moment où il ignorait tout ça ? Mais en même temps, quel bonheur d’acquérir de nouvelles connaissances et de voir le monde sous un autre prisme ! Il pensait que l’intelligence lui apporterait l’amitié et l’amour de ses semblables, mais ce joker n’est qu’un leurre. Le monde a besoin de gens bienveillants, généreux, à l’écoute et plein de compassion et non d’une armée de personnes dotées d’un savoir infini.
Le style d’écriture est fluide, léger et agréable. Même si on le classe dans la science-fiction, c’est plutôt un roman psychologique qui analyse les sentiments et les émotions d’un homme, confronté à des situations qui le dépassent. L’histoire est émouvante même si la fin est juste un crève-cœur. À un moment, lorsqu’il écrit « Mon Dieu ne me retirez pas tout », j’ai cru que mon cœur allait exploser de chagrin. Une personne atteinte d’Alzheimer ou de démence sénile pousserait ce même cri de détresse lorsqu’il sent que ces facultés mentales lui échappent et qu’il voit son état se détériorer irrémédiablement. J’ai refermé le livre, les larmes aux yeux et j’ai mis du temps à m’en remettre.
Pour conclure, c’est un roman bouleversant qui mérite amplement le détour !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Les mille et une vies de Billy Milligan

Ma Mercedes est plus grosse que la tienne

Fiche identité

  • Titre du livre : Ma Mercedes est plus grosse que la tienne
  • Auteur : Nkem Nwankwo
  • Nombre de pages : 184
  • Édition : Les Editions du Rocher
  • Année de publication : 1975

Résumé

Cette histoire se déroule au Nigéria. Onuma, fils d’Udemezue Okudo un chef de tribu, revient dans son village natal après quinze ans d’absence, au volant d’une magnifique Jaguar. Mais un malencontreux accident après une soirée alcoolisée va faire basculer toute son existence.

 Avis     

Souvent, l’inconscient guide la main du lecteur dans le choix d’un roman. Je sens qu’un fil ténu lie quelquefois mes lectures. Si le précédent livre (cf. Automobile club d’Egypte) parlait de tout sauf de voiture, ce roman est quasiment son contraire.
Cette histoire ressemble, étrangement au roman, Le bûcher des vanités, de Tom Wolfe sauf qu’il se déroule en Afrique. Il s’agit ici d’une longue descente aux enfers suite à un accident de voiture. Alors que Sherman McCoy, le héros de Tom Wolfe, a malencontreusement écrasé quelqu’un, Onuma envoie sa Jaguar dans le ravin après une soirée alcoolisée.
Onuma, comme Sherman McCoy, qui nageait dans l’opulence, se retrouve soudain au fin fond du gouffre. Issu d’un petit village du Nigeria, ce jeune homme réussit brillamment à Lagos, la capitale du pays. Doué d’un bon charisme, il arrive à se faufiler et à gravir aisément les échelons pour occuper un poste intéressant dans une société étrangère. La possession d’une voiture de luxe est en effet un symbole de réussite sociale. Mais tout s’envole en fumée avec l’accident.
Nous avons ici le portrait d’un jeune homme arrogant et plein de mépris pour ses semblables. Sans aucune éthique ni morale, il est prêt à tout pour assouvir ses besoins matériels, quitte à voler son employeur, à fréquenter des truands et à s’affilier en même temps à des partis politiques concurrents. Bref, c’est un petit malfrat qui ne suscite aucune compassion.
Ce livre dénonce également la corruption qui gangrène la politique, les traditions ancestrales coûteuses, les pratiques religieuses chrétiennes assez brutales, le culte de l’apparence au niveau de la société nigériane, le choc culturel entre les mœurs occidentales et les valeurs africaines.
Pour conclure, c’est un court roman qui mérite le détour pour ceux qui seraient intéressés par la littérature du continent africain.