La fortune des Rougon

Fiche identité

  • Titre du livre : La fortune des Rougon
  • Auteur : Emile Zola
  • Nombre de pages : 480
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 1871

Résumé

Cette histoire se déroule à Plassans, une ville fictive du sud de la France. Nous découvrons les origines de la famille Rougon et celle des Macquart.

 Avis     

Zola est un virtuose qui a conquis définitivement mon cœur. Chacun des romans que j’ai lu a toujours reçu la note ultime, celle que je donne uniquement aux chefs-d’œuvre de mon cœur.
Ce livre ne déroge pas à la règle pourtant, je le craignais d’une manière irrationnelle. Je croyais à tort que ce livre, qui inaugure le cycle des Rougon-Macquart, serait un tableau assez fade brossant l’origine des Rougon-Macquart. Mais détrompez-vous, dès les premières lignes, nous sommes plongés dans un récit foisonnant, riche et plein de personnages finement travaillés !
L’auteur nous offre des portraits saisissants d’une famille recomposée où les caractères les plus divers se côtoient. Un fil ténu les lie et les enchaîne, celui de leur hérédité et des tares familiales qui se transmettent de génération en génération, notamment celle d’Adélaïde Fouque, leur aïeule, atteinte de légère folie et de crises nerveuses régulières. Cette dame aura trois enfants : Pierre Rougon, issu d’un premier mariage ; Antoine et Ursule Macquart, issus d’un concubinage avec un braconnier enclin à l’alcoolisme.
L’auteur se focalise ici sur les deux fils qui sont chacun à leur manière égoïstes, cupides et ambitieux. Ils seraient prêts à tout pour assouvir leurs projets et leurs désirs. Mais n’oublions pas la pire qui est Félicité Puech (devenue Rougon après son mariage avec Pierre), un personnage digne de Lady Macbeth : elle ne recule devant rien pour atteindre son objectif, c’est-à-dire devenir une bourgeoise riche et respectée dans la ville de Plassans.
J’ai découvert aussi que Zola était très ironique envers les bourgeois, les nobles et le clergé. J’ai souri mille fois devant toutes les piques, les sarcasmes et le mépris qu’il jette à la figure de ces classes sociales qui veulent à tout prix conserver leurs privilèges.
Ce roman se situe aussi dans un contexte politique intéressant, celui du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851. Nous découvrons les espoirs évanouis des citoyens qui croyaient à la République, les troubles qui ont eu lieu dans le sud de la France ainsi que la répression qui suivit.
Le style d’écriture est riche, limpide avec des magnifiques descriptions, réalistes et pleines de détails intéressants.
Bref, si je devais continuer mon éloge de ce merveilleux roman, je n’en aurais pas fini ! C’est un chef-d’œuvre à ne pas rater ! J’ai hâte de lire la suite !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Germinal – La conquête de Plassans – La curée – La faute de l’abbé Mouret – L’assommoir – Le ventre de Paris – Nana – Pot-Bouille – Son Excellence Eugène Rougon – Thérèse Raquin – Une page d’amour 

Loin sous les ravenales

Fiche identité

  • Titre du livre : Loin sous les ravenales
  • Auteur : Annick de Comarmond
  • Nombre de pages : 414
  • Édition : J’ai lu
  • Année de publication : 2010

Résumé

Lorsque sa mère hérite d’un lointain parent d’une mine de graphite située à Madagascar, Hélène décide d’y aller pour effectuer les formalités administratives et vendre ce legs encombrant. Mais, arrivée sur place, elle tombe amoureuse de l’endroit. Envers et contre tous, elle décide d’y rester et de reprendre l’exploitation de la mine.

 Avis     

C’est une personne que j’apprécie beaucoup qui m’a recommandé ce livre. Sceptique au premier abord, j’ai été conquise dès les premiers chapitres et emportée dans cette incroyable aventure qui se déroule à Madagascar, mon pays natal.
En héritant d’une mine de graphite qu’elle décide de continuer à exploiter, Hélène, professeur d’histoire installée dans le sud de la France, se retrouve au fin fond de la côte est de Madagascar dans un patelin isolé nommé Berano. Elle y découvre les conditions de travail archaïques mais plein d’ingéniosité pour produire ce minerai. Elle se heurte à une nouvelle culture, déstabilisante et aux antipodes des codes sociaux qu’elle connaît. Les vieilles histoires de famille, notamment les querelles avec les voisins Lourmel, viennent la hanter.
Ce livre m’a permis de mieux comprendre la vision occidentale par rapport à ma propre culture. L’auteur décrit avec justesse l’organisation de la société malgache, les us et coutumes, les traditions, les relations sociales, parfois ambiguës entre les malgaches et les « vazaha » (mot souvent péjoratif pour désigner les étrangers blancs), la vie des « zanatany » (anciens colons nés là-bas et installés depuis plusieurs générations). Je ne peux pas dire que c’est dépaysant pour moi, car c’est l’environnement où je vis, mais j’ai aimé cet éclairage.
Pour ceux qui aimeraient connaître une partie de l’ambiance et de la culture malgache ou pour les étrangers qui vivent à Madagascar, je leur recommande ce livre.