Les âmes grises

Fiche identité

  • Titre du livre : Les âmes grises 
  • Auteur : Philippe Claudel
  • Nombre de pages : 279
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 2003

Résumé

Cette histoire se déroule en 1917 en France dans un petit village de province. Une enfant est retrouvée morte, assassinée le long des berges. Le narrateur revient sur ce tragique événement.

Avis     

Ces derniers temps, les livres que je lis ont un accent triste, glauque et déprimant. Pour ceux qui me suivent, rassurez-vous, tout va bien.
Lire ce livre, c’est suivre un narrateur inconnu dont on découvrira l’identité bien plus tard, une fois qu’on aura suffisamment avancé dans l’histoire. Cet homme va revenir sur les faits qui entourent le meurtre de Belle, une enfant de dix ans. Au-delà de ce crime, c’est aussi la vie d’un village que le narrateur décortique : les gens vivent paradoxalement loin de la guerre alors qu’ils sont proches physiquement des zones de combats ; les classes sociales sont bien distinctes entre d’un côté les notables (juge, procureur, maire ou militaire) et de l’autre le reste du monde ; les petits drames se nouent au sein de cette communauté (la succession d’instituteurs, etc.)
La lecture de ce livre donne une sensation d’oppression et d’étouffement : tout est gris, sinistre, que ce soit l’atmosphère, le caractère des gens ou leurs faits et gestes. On se sent porté par un courant glacial au fur et à mesure des révélations. Où se situe la vérité ? Où se situe la justice ?
Cette rétrospective emmène aussi le narrateur à dévoiler son obsession pour la résolution de ce crime, ses peines et son lourd secret. J’ai eu froid dans le dos face à ce qu’il a fait, je ne comprends pas et je ne peux pas comprendre.
Le style d’écriture est beau, avec des phrases bien travaillées. Je n’ai pas mis plus en note parce que ce livre dégage un accent tellement lugubre qu’il a laissé un arrière-goût amer dans la bouche.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : La petite fille de Monsieur Linh

L’échange des princesses

Fiche identité

  • Titre du livre : L’échange des princesses
  • Auteur : Chantal Thomas
  • Nombre de pages : 348
  • Édition : Seuil
  • Année de publication : 2011

Résumé

1721. Pour terminer un conflit, le régent de France a une idée audacieuse. Marier l’infante d’Espagne, âgée de quatre ans, à Louis XV. En échange, sa propre fille, âgée de douze ans, épousera l’héritier du trône d’Espagne.

Avis     

C’est avec un grand soulagement que je termine ce récit, à mi-chemin entre un essai, un document historique et un roman. L’histoire aurait pu être intéressante et elle l’est d’un point de vue purement historique.
Mais il manque le talent de conteur, cette magie qui fait qu’on aime les personnages pour les suivre jusqu’au bout. Hélas, on a l’impression de lire un documentaire composé de longues descriptions fades et sans panache. Le style d’écriture est plat, froid, rébarbatif et trop académique à mon goût. L’auteur insère des extraits de journaux, des morceaux de courrier pour renforcer son récit, mais je trouve que ce procédé est terriblement ennuyeux. Et puis au moment où on s’y attend le moins, le lecteur se retrouve au milieu de passages vulgaires, peut-être pour le secouer de sa torpeur.
Les personnages ne sont pas attachants, étant donné la distance que l’auteur met d’emblée. Leurs réactions sont inhabituelles et ne cadrent pas avec leur âge, surtout celle de l’infante. À quatre ans, je doute fort qu’une petite fille pense ainsi même à l’époque des Temps modernes.
Le narrateur fait aussi beaucoup de jugements de valeur en se référant à notre époque. C’est comme s’il trouvait scandaleux le fait que les filles étaient de simples pions, monnaies d’échange politiques entre puissances rivales. Bien sûr que leurs situations respectives sont terribles, mais à cette époque, ce sont des pratiques courantes, et même nécessaires pour obtenir la paix.
Je me suis profondément ennuyée lors de cette lecture qui ressemble plus à une thèse qu’autre chose. Écrire une histoire captivante n’est pas à la portée de tous. En tout cas, à éviter à tout prix malgré le buzz qu’il obtient dans le milieu littéraire !