La peur

Fiche identité

  • Titre du livre : La peur
  • Auteur : Stefan Zweig
  • Nombre de pages : 128
  • Édition : Payot et Rivages
  • Année de publication : 1910

Résumé

Cette histoire se déroule à Vienne. Mme Wagner trompe son mari. Ce geste, fait presque par ennui, va pourtant bouleverser son existence. Un jour, alors qu’elle sort de chez son amant, une dame la menace. Mme Wagner tombe sous la coupe de ce chantage. 

Avis    

Cette courte nouvelle est percutante dans la façon de traiter la psychologie du personnage principal. Tout commence par une situation plutôt banale. Mme Wagner, presque par désoeuvrement, ou pour tromper son ennui, prend un amant. Ce jeune homme devient presque une habitude, un accessoire dans sa vie quotidienne. Mais lorsque une dame menace de tout dévoiler, Mme Wagner tombe dans les pièges du chantage.
L’extorsion commence par quelques billets, puis l’enjeu devient plus grand. Mme Wagner perd complètement ses moyens, et panique. Vu le risque idiot qu’elle a pris, elle peut tout perdre : sa réputation, son mariage, sa situation enviable, ses enfants, etc. Elle commence par s’enfermer chez elle, cède aux demandes de plus en plus pressantes de son maître chanteur, quitte à donner sa bague de fiançailles.
C’est là que se déploie tout le talent de l’auteur : il va disséquer les émotions, les sentiments et les états d’âme d’Irène Wagner. On va rentrer dans le tourbillon : l’angoisse, la peur, le dégoût, la folie, la panique au point de songer à mettre fin à ses jours. La fin est juste inattendue, alors là, quelle claque pour moi !
Le style d’écriture est fluide, agréable, fin et limpide. C’est extrêmement bien écrit, du pur Stefan Zweig, du très haut niveau dans l’écriture. À découvrir ! 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Amok suivi de Lettre d’une inconnue – Le joueur d’échecs – Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

Le mur invisible

Fiche identité

  • Titre du livre : Le mur invisible 
  • Auteur : Marlen Haushofer
  • Nombre de pages : 352
  • Édition : Actes Sud
  • Année de publication : 1963

Résumé

La narratrice s’apprête à passer quelques jours en montagne avec sa cousine et le mari de celle-ci. Arrivée sur place, elle décide de rester au relais de chasse pendant que ces derniers vont au village.
Mais le lendemain, elle se rend compte qu’elle est seule et qu’un mur invisible la sépare du monde extérieur.

Avis     

C’est le hasard qui m’a mené vers ce livre qui nous pousse à une certaine réflexion. Du jour au lendemain, la narratrice – dont on ne connaîtra jamais le nom – se retrouve isolée dans un relais de chasse de montagne, coupé du monde par un mur invisible et infranchissable. Sa seule compagnie reste le chien de sa cousine, qui est resté dans la maison avec elle.
Elle se rend compte que sa vie a basculé : survivre ou mourir, soit de faim, de froid, de maladie ou de folie. Petit à petit, elle s’adapte et met en place une stratégie pour survivre : planter des graines pour manger, couper du bois pour se chauffer, faucher l’herbe pour nourrir la vache qu’elle a trouvé et la traire tous les matins, écrire un journal de bord pour tromper la solitude, etc.
Chaque mot de l’auteur est précis et décrit avec beaucoup de réalisme le quotidien de cette femme seule, livrée à elle-même, aux aléas de la nature. Cette histoire parle de survie, de courage, d’amitié envers les animaux, de la nature et de la solitude.
On ne peut pas rester indifférent devant sa situation. Je me suis moi-même demandée, si à sa place, j’aurai été capable de faire ne serait-ce qu’un dixième de ce qu’elle a accompli. Après, je pense que j’aurai réagi différemment : plutôt que rester dans la zone du relais, pourquoi ne pas essayer de voir jusqu’où va le mur ? De chercher d’autres hommes/femmes ?
Le style d’écriture est lent, précis, mais nous immerge dans cette ambiance lourde et pesante. Il y a de belles descriptions de la montagne. Néanmoins, c’est un peu répétitif, car son quotidien l’est.
De plus, le lecteur n’aura pas de réponse sur l’apparition de ce mur. La fin reste ouverte et laisse beaucoup d’éléments en suspens : que deviendra-t-elle ?