Le facteur sonne toujours deux fois

Fiche identité

  • Titre du livre : Le facteur sonne toujours deux fois
  • Auteur : James Cain
  • Nombre de pages : 160
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 1934

Résumé

Frank Chambers est un jeune homme d’une vingtaine d’années. Vagabond et chômeur, il erre de ville en ville pour faire toutes sortes de petits boulots. Un matin, il débarque dans une station-service tenue par un Grec, Nick Papadakis et sa femme Cora. D’emblée, ils tombent rapidement amoureux et projettent d’assassiner son mari.

Avis    

J’ai lu ce livre par curiosité, car il est considéré comme un des ouvrages fondateurs du roman noir.
J’en ressors dépitée, car j’ai l’impression d’avoir lu un vilain brouillon de scénario de film.
L’histoire est assez basique : deux amants projettent de tuer le mari, qui les gêne dans leur idylle.
Mais beaucoup d’aspects m’ont agacé tout au long de la lecture. Le récit est bref, un peu trop à mon goût. Les événements s’enchaînent trop rapidement. D’une ligne à l’autre, on passe à un point capital du récit sans réelle transition. Je caricature, un peu mais c’est « ils se voient – ils couchent ensemble – ils préparent le meurtre du mari ». Je pense que le manque de repères chronologiques dans l’histoire accentue encore plus cet effet de rapidité.
La relation qui lie Cora et Frank est assez ambiguë: il y a une sorte de passion fusionnelle, en même temps de sado-masochisme. En tout cas, je n’ai trouvé aucun d’eux attachant. La plupart du temps, ils agissaient de manière incohérente.
Le style d’écriture est plat, épuré et minimaliste. L’auteur se contente de dialogues bancals et de scènes sexuelles suggérées. Je n’ai pas du tout aimé sa façon d’écrire, mais alors là pas du tout : il manque une certaine profondeur, un rythme agréable et une analyse fine des personnages. L’ensemble est trop brut, pas assez travaillé : même les machinations de l’avocat n’ont pas suscité un brin d’intérêt chez moi.
Il y a une question qui me taraude : pourquoi cette allusion au facteur ? Est-ce moi qui ait lu une mauvaise version, car je n’ai pas rencontré le moindre facteur dans le récit ?
Vous l’avez deviné, je n’ai pas aimé ce livre, donc je ne vous le recommande pas du tout !

Vent d’Est, vent d’Ouest

Fiche identité

  • Titre du livre : Vent d’Est, vent d’Ouest
  • Auteur : Pearl Buck
  • Nombre de pages : 250
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1930

Résumé

Kwei-Lan, élevée depuis sa plus tendre enfance selon les méthodes ancestrales chinoises, épouse un Chinois qui a fait ses études à l’étranger et qui rejette une partie des traditions.
Mais un autre drame secoue la famille : son frère aîné s’est marié avec une étrangère.

Avis    

Cette histoire fut un énorme coup de coeur pour moi. Je ressors de cette lecture enchantée, ravie et dépaysée.
La narratrice, Kwei-Lan, nous raconte son histoire : celle d’une jeune chinoise, qui après son mariage arrangé, se retrouve confrontée à deux cultures diamétralement opposées. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur traite le sujet. Kwei-Lan nous décrit ses sentiments de manière précise : ses doutes, ses préjugés sur les Occidentaux qu’elle tente tant bien que mal de surmonter, l’évolution de ses relations avec les membres de sa famille.
On découvre dans ce livre tellement de choses sur les anciennes pratiques culturelles chinoises : le culte des dieux, le respect des aînés, les traditions ancestrales, l’éducation des jeunes filles, les relations familiales qui fixaient la place de chacun dans la société, les jeux de pouvoirs entre la femme légitime et les concubines, le rôle d’une belle-fille au sein de sa belle-famille (qui se résume à donner un fils à son mari pour perpétuer le nom et être totalement dévouée au bien-être de sa belle-mère), les critères de beauté (avoir des pieds bandés, savoir jouer de la harpe, être douce, silencieuse et soumise…). L’auteur évoque le choc des cultures chinoises et occidentales et ses conséquences sur la structure familiale et sur les générations anciennes.
Il faut savoir que ce livre a été écrit par une Américaine, Pearl Buck, qui a passé une grande partie de sa vie en Chine. Lors de la lecture, j’avais presque l’impression que c’est une Chinoise qui écrivait tellement son ton était mesuré, poétique et doux. Le style d’écriture est limpide avec des descriptions magnifiques qui nous emmènent dans une époque à jamais disparue.
J’ai encore beaucoup de choses à vous partager, mais je m’arrêterai là. Lisez-le ! C’est un récit magnifique !

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