Le roman du mariage

Fiche identité

  • Titre du livre : Le roman du mariage
  • Auteur : Jeffrey Eugenides
  • Nombre de pages : 572
  • Édition : Points
  • Année de publication : 2011

Résumé

Cette histoire se déroule aux Etats-Unis vers les années 1980 et commence au campus de Brown où étudient Madeleine, Mitchell et Léonard. Chacun d’eux, tout juste sorti du giron familial, pétri d’illusions et de vagues espérances, va se heurter aux réalités de la vie d’adulte.

Avis    

Après avoir entendu tellement de bien sur Jeffrey Eugenides, il était temps pour moi de le découvrir. Je suis ressortie de cette lecture avec un avis mitigé : d’un côté, j’ai trouvé son style d’écriture captivant, mais l’histoire m’a paru lente et souvent peu intéressante. L’auteur dresse ici le portrait de trois étudiants et nous propose une analyse très fine de la psychologie de chacun d’eux.
Madeleine, fille d’une famille de riches bourgeois, est férue de littérature victorienne. Elle s’engage dans ce cursus par passion et mène une vie estudiantine des plus banales. Équilibrée, prudente, mais gâtée, ce personnage principal m’a paru insipide et peu attachante. Mitchell, lui, se trouve dans la même classe sociale que Madeleine : il entame des études de théologie, par pur intérêt pour le sujet sans se soucier des éventuels débouchés. Son parcours spirituel ne le conduit finalement pas à grand-chose, si bien qu’il m’a paru aussi futile que Madeleine.
Seul Léonard est pour moi le personnage le plus abouti, car l’auteur a su décrire avec un réalisme saisissant sa maladie. Maniaco-dépressif, il enchaîne les phases d’extrême excitation nerveuse avec les phases de dépression et on sent toute la lutte qu’il mène contre lui-même chaque jour. C’est l’occasion de découvrir les traitements de l’époque et de mesurer les difficultés qu’engendre cette maladie pour lui et pour son proche entourage.
Contrairement à ce que suggère cette couverture, il n’y a pas vraiment de trio amoureux : Madeleine aime Léonard, et si Mitchell ressent quelque chose pour elle, il est d’emblée exclu et n’entretient que de brèves relations amicales avec Madeleine. L’auteur aborde plutôt la complexité des relations humaines et la découverte de soi. Je mettrai ce livre dans la catégorie « roman d’apprentissage », car chaque personnage va, à leur détriment passer cette phase de transition délicate entre les illusions de jeunesse et la réalité implacable de la vie.
Le style d’écriture est, comme je l’ai dit plus haut, captivant. Il joue avec les mots et évoque chaque sujet avec réalisme et humour. Le ton est mesuré, mais reste fluide malgré une chronologie des plus chaotiques.
Pour être franche, je ne sais pas quoi vous recommander ce coup-ci !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Virgin suicides

Le boucanier du roi

Fiche identité

  • Titre du livre : Le boucanier du roi (Tome 2 de l’Entre-deux guerres)
  • Auteur : Raymond Feist
  • Nombre de pages : 864
  • Édition : Bragelonne
  • Année de publication : 1992

Résumé

Le prince Arutha considère que son dernier fils Nicholas manque d’expérience et de maturité. Pour le préparer à ses futures responsabilités royales, il l’envoie chez le duc Martin à Crydee. Mais au cours de son séjour là-bas, la ville est attaquée par de mystérieux esclavagistes qui ont enlevé une partie de la population. Nicholas décide de partir à leur recherche. 

Avis   

Au début, j’avais quelques réserves sur cet ouvrage, étant donné ma grosse déception sur le 1er tome de cette série (cf.  Prince de sang) mais l’auteur a su de nouveau me captiver, pas autant qu’avant, mais quand même !
On retrouve ici les ingrédients classiques de l’heroic fantasy, dont Raymond Feist sait se servir : pour résumer brièvement, un jeune homme inexpérimenté part dans une quête désespérée avec ces compagnons. Ils vont traverser pendant plusieurs mois une mer lointaine, affronter de multiples péripéties comme un naufrage, une marche dans le désert, des combats avec des mercenaires et déjouer un complot qui se tramait contre le royaume.
Les événements s’enchaînent rapidement, même si je reproche trop de facilité pour le héros principal, le prince Nicholas : d’adolescent immature, il devient soudain un chef charismatique, et ne subit quasiment aucune défaite ou revers cuisant. Seules les interventions miraculeuses de Pug à chaque situation désespérée commencent à m’agacer. J’espère que nous n’aurons pas à chaque fois ce type de schéma dans les prochains tomes.
Je n’aime pas aussi le côté fleur bleue de ce roman, qui ressemble parfois à un feuilleton type Dallas ou les Feux de l’amour, avec toujours des couples qui se forment, qui se marient et qui vivent heureux jusqu’au prochain tome. Il en fait souvent trop, et à mon avis, trop peu de personnages secondaires meurent malgré la difficulté de la quête, ce qui rend l’histoire moins fantasy.
Quelques personnages secondaires viennent donner un peu de dynamisme au récit comme Nakor et Anthony les magiciens, Calis le demi-elfe, mais la plupart sont stéréotypés et me rappellent d’anciens personnages secondaires. Par exemple, faites le parallèle entre Jimmy/Brisa, etc.
Bon, le style d’écriture reste simple agréable et fluide. C’est d’abord une lecture pour les gens qui aiment l’heroic fantasy et qui ont envie d’une lecture détente !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  La trilogie de l’Empire (Tome 1 à 3)MagicienPrince de sangSilverthorn – Ténèbres sur Séthanon