Geisha

Fiche identité

  • Titre du livre: Geisha
  • Auteur: Arthur Golden
  • Nombre de pages: 574
  • Édition: LGF
  • Année de publication: 1997

Résumé

Chiyo est une petite fille de neuf ans vivant dans un village de pêcheurs à Yoroido. Or, un jour sa mère tombe gravement malade. Son père décide donc de la vendre, ainsi que sa soeur, à Mr Tanaka qui va les envoyer à Kyoto pour devenir des apprentis geishas.

Avis    

J’ai un avis mitigé sur ce livre, ce qui explique la note moyenne. D’un côté je l’ai trouvé très intéressant car on découvre l’univers des geishas : leur apprentissage, (la cérémonie du thé, le chant, la danse, la musique…) les rites et coutumes qui les guident ainsi que le fonctionnement du système en général. C’est assez féodale puisqu’une fois achetée (souvent contre leur gré), les jeunes filles vont travailler dans un premier temps pour s’affranchir de leurs dettes c’est à dire leur prix d’achat, leur nourriture, leur éducation, leurs habits pour tenter ensuite tant bien que mal de gagner leur indépendance. Il y a des détails vraiment sordides dans ce livre par exemple, les enchères concernant la vente de leur virginité, l’importance et le pouvoir du « danna », des membres de l’okiya et des autres geishas sur leur vie quotidienne, la passivité des épouses qui acceptent la conduite souvent abominable de leurs maris. D’ailleurs, le rôle principal des geishas consiste à les divertir coûte que coûte et servir quelquefois d’amantes, à condition de payer le prix fort.
Mais j’ai noté quelques points négatifs : l’histoire est trop simple, voire très enfantine. On a le scénario classique de la rivale qui veut à tout prix  nuire à l’héroïne mais soudain quelqu’un la prend sous son aile et les gentils finissent par triompher des méchants. En outre, la soi-disant histoire d’amour avec le président donne une tournure vraiment trop mièvre au livre et ne cadre absolument pas avec l’histoire global, ce qui donne une fin bâclée et vraiment décevante. Quant à l’héroïne, si pendant les premières pages je l’ai apprécié, je l’ai trouvé trop passive, sans aucune personnalité et totalement manipulable.
Enfin, le style d’écriture était assez descriptif, souvent creux et fade. Il manque une pincée de poésie et de talent qui aurait pu faciliter la lecture car il y avait beaucoup de longueurs dans le livre notamment les 100 dernières pages.

Fahrenheit 451

Fiche identité

  • Titre du livre: Fahrenheit 451
  • Auteur: Ray Bradbury
  • Nombre de pages: 213
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1953

Résumé

Dans un monde futur, les livres sont interdits, et carrément détruits, par le gouvernement. Ce sont les pompiers qui sont chargés de les brûler. Un soir pourtant, suite à deux évènements, Montag, un pompier, va commencer à se poser des questions sur le monde dans lequel il vit et garder des livres en cachette, ce qui va faire de lieu un ennemi de l’Etat.

Avis     

Ce livre a été recommandé par une amie et je la remercie vivement cette fois-ci pour son conseil (elle se reconnaîtra si elle passe!) car c’est un vrai chef-d’œuvre qu’elle a mis entre mes mains. C’est vrai que c’est un roman d’anticipation, et comme l’indique la préface, il est rare qu’on brûle des livres à notre époque sauf dans des dictatures. Néanmoins,  même s’il a été écrit dans les années 1950, le monde décrit par l’auteur paraît de plus en plus proche et c’est de plus en plus inquiétant. L’auteur parle de « coquillages » dans les oreilles, de  « murs écrans » et on sourit à toutes ses évocations futuristes. Mais c’est tellement proche de nos écrans de télévision et de nos baladeurs…Il dénonce surtout l’individualisme des gens, emmurés dans leurs loisirs, abrutis par des programmes de télévision, indifférents face à la guerre qui se prépare…et surtout des gens qui ne se posent plus de questions, des gens qui se contentent de vivre au jour le jour obéissant au diktat des médias, des gens qui n’arrivent plus à admirer la beauté de la nature et à critiquer le monde dans lequel ils évoluent.
Et pourquoi brûler les livres ? L’auteur vous l’expliquera bien mieux que moi dans ces phrases. « Oui mais nous avons plein de temps libre ! Du temps libre, oui. Mais du temps pour réfléchir ? …Mais le fait est que nous avons besoin de respirer. Que nous avons besoin d’apprendre. Les livres sont faits pour nous rappeler quels ânes, quels imbéciles nous sommes…La plupart d’entre nous ne peuvent pas courir en tous sens, parler aux uns et autres, connaître toutes les cités du monde; nous n’avons ni le temps, ni l’argent, ni tellement d’amis. Ce que vous recherchez Montag se trouve dans le monde mais le seul moyen pour l’homme de la rue d’en connaître 90% ce sont les livres.  »
J’ai beaucoup aimé ce style d’écriture un peu vieillot, et je regrette de ne pas l’avoir lu en anglais car, même avec la traduction, on sent toute une poésie derrière les phrases, des couleurs dans chaque mot, l’odeur du feu dans chaque paragraphe…Bref, un chef-d’œuvre à lire et à relire !