Mãn

Fiche identité

  • Titre du livre : Mãn
  • Auteur : Kim Thuy
  • Nombre de pages : 143
  • Édition : Liana Levi
  • Année de publication : 2013

Résumé

C’est le récit d’une Vietnamienne, arrivé au Québec grâce à un mariage arrangé.

Avis          

Avant toute chose, je vous souhaite à tous une très bonne année 2015. Bien que ce blog n’ait pas bougé depuis dix jours, il continue d’exister. Cette année, je projette de lire des ouvrages beaucoup plus denses, donc ne soyez pas étonné s’il est moins mis à jour. En tout cas, merci pour vos visites et pour vos gentils commentaires !

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Je commence l’année 2015 avec un avis mitigé : comme l’indique le résumé, il s’agit d’un récit de Mãn, une immigrée mariée à un restaurateur vietnamien installé au Québec.
Chaque chapitre commence par un mot vietnamien, suivi de la traduction française. Mais ils sont très courts et on pourrait même dire qu’il s’agit de paragraphes. Elle y décrit des impressions fugaces du Vietnam, des images qui se sont gravés dans sa tête avant son départ, des souvenirs de sa famille ou des traditions du pays. Il y a aussi des parties sur sa vie quotidienne : la cuisine dans le petit restaurant qu’ils tiennent à deux, les relations qu’elle entretient avec son époux, ses enfants et la communauté vietnamienne, son amitié avec Julie et sa rencontre avec Luc, un cuisinier français.
Tout est mélangé et souvent décousu. On passe d’un chapitre à l’autre sans qu’il n’y ait de lien entre les deux. Je n’aime pas ce genre de schéma à cause de son côté pêle-mêle, qui entraîne des difficultés à s’y retrouver. Je trouve également que l’intrigue est insipide et bien maigre, avec un côté naïf et fleur bleue agaçants. La fin est conventionnelle et peu surprenante. Dommage !
Le style d’écriture est simple, mais pas aussi poétique que je m’y attendais. Il est plein de pudeur et doux. En tout cas, les plats vietnamiens décrits m’ont donné l’eau à la bouche et ce fut surtout un voyage gastronomique-littéraire.
C’est une histoire simple qui ne laissera pas d’impression durable dans mon esprit, mais qui pourrait plaire à d’autres lecteurs moins exigeants. Comme je le dis toujours, un livre est une question de feeling, et ce n’est pas passé ce coup-ci. Ça aurait pu passer à un autre moment.
À lire ? Pourquoi pas ?

Washington Square

Fiche identité

  • Titre du livre : Washington Square
  • Auteur : Henry James
  • Nombre de pages : 283
  • Édition : Liana Levi
  • Année de publication : 1880

Résumé

Le Dr. Sloper, médecin connu à New-York, vit seul avec sa fille Catherine et sa sœur Mrs. Penniman. Hélas, et pour son grand dépit, Catherine possède très peu d’attraits mis à part sa fortune colossale. Lorsqu’un jeune homme, M. Morris Townsend, lui déclare brusquement sa flamme, un drame se noue.

Avis    

C’est avec ce livre que je clos mes lectures de l’année 2014, qui fut riche en découvertes et en émotions.
Le scénario de ce livre semble presque trop basique au premier abord : une jeune fille dépourvue de qualités, mais riche se fait courtiser par un beau jeune homme brillant mais désargenté et paresseux. Mais, détrompez-vous, si l’intrigue en elle-même est mineure, la relation entre les personnages rend ce roman unique, avec une psychologie profonde et une lucidité et cruauté impitoyable. Les machinations des uns et des autres, leurs motivations profondes et leurs maladresses vont causer un tort irrémédiable à Catherine.
Pour moi, le moins pire dans cette histoire est Morris Townsend même s’il joue avec la candeur et la naïveté de Catherine. En effet, ses motivations sont claires dès le début, c’est-à-dire se marier avec une jeune fille riche bien qu’insipide, mais qui lui assurera un avenir confortable jusqu’à la fin de ces jours.
Quant à Mrs. Penniman, cette vieille bique aigrie, toquée et fantasque m’a beaucoup énervé !!! Au lieu de protéger sa nièce, cette folle stupide empire les choses en se compromettant avec Morris, sans tact ni finesse ni réflexion. Son but était de vivre par procuration cette romance, de jouer un rôle grandiose dans cette histoire naissante pour assouvir son imagination débridée et mettre un peu de piquant dans sa vie désœuvrée et monotone. Mais que de dégâts causés ! Que de gâchis ! Elle mériterait d’être enfermée, je vous jure ! Pff !
Mais le personnage le plus cruel reste à mes yeux le Dr. Sloper. C’est un homme tyrannique qui méprise la simplicité de sa fille et qui joue avec ses sentiments : il fera tout pour la blesser, la provoquer et l’humilier pas parce qu’il tient absolument à sa fortune, mais surtout pour prouver que son jugement était correct. Il se considère comme un bon juge de la nature humaine, mais à force de tirer sur la corde, elle finit par se casser définitivement.
Le style d’écriture est riche, parfois un peu lourd, mais reste accessible.
Vous l’avez compris, ce livre a suscité divers émotions chez moi et c’est ce qui est merveilleux dans la lecture. C’est un livre que je vous recommande !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  Daisy MillerLe tour d’écrou