Hier

Fiche identité

  • Titre du livre: Hier
  • Auteur: Agota Kristof
  • Nombre de pages: 160
  • Édition: Points

Résumé

Tobias est originaire d’un petit village où sa mère était prostituée. Après un geste inconsidéré, il fuit son pays. Mais trouvera-t-il la paix ailleurs ?

Avis     

Ce livre commence d’une manière étrange et confuse. On ne comprend pas bien ce qui se passe : est-ce un suicide ? le délire d’un fou ?
Curieuse, je continue à lire et découvre une histoire à plusieurs facettes : celle d’un enfant pauvre, avec une mère qui est la prostituée du village ; celle d’un homme exilé dans un autre pays qui mène une vie monotone et routinière ; celle d’un amoureux fou d’une amie d’enfance.
L’auteur évoque ces trois sujets avec beaucoup de pudeur. Ces mots sonnent justes, ces phrases sont finement ciselés sans sombrer dans le pathétique. On ressent avec beaucoup d’intensité les émotions et les sentiments du personnage principal : les hontes et les humiliations à cause de sa mère prostituée, la fuite vers un autre pays après un geste inconsidéré, le travail abrutissant dans une usine de pièces, la solitude, la solidarité entre immigrés et toujours l’obsession de son ami d’enfance qui miraculeusement apparaît.
Qu’est-ce que c’est beau à lire ! Je me suis même demandé si Line n’était qu’un songe, une illusion du personnage principal pour effacer ce quotidien morose.
En tout cas, c’est un livre court que je recommande vivement si vous voulez découvrir cet auteur avant de vous lancer dans La trilogie des jumeaux.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La trilogie des jumeaux

Les cosaques

Fiche identité

  • Titre du livre: Les cosaques
  • Auteur: Léon Tolstoï
  • Nombre de pages: 320
  • Édition: Folio

Résumé

Olénine quitte la vie mondaine de Moscou pour s’exiler volontairement dans le Caucase. Il y a découvre la vie rude et simple des Cosaques.

Avis     

Cela fait plusieurs années que je n’ai pas lu cet auteur qui est pourtant un de mes préférés.
Ce livre, au rythme lent et doux, décrit avec beaucoup de précision la vie des Cosaques du temps de l’auteur. Le personnage principal, Olénine, las des fastes de Moscou et surtout criblé de dettes, s’exile dans un petit village du Caucase.
Au contact des habitants, il va découvrir une existence plus champêtre : les journées interminables de chasse, le travail des champs, les soirées arrosées du village, la culture guerrière cosaque où les batailles contre les abreks sont un signe de triomphe. De plus, la beauté de Marianna, la fille de sa logeuse, lui fait tourner la tête.
Olénine est rongé par l’indécision : il ne se sent plus à sa place dans son ancienne vie faite de frivolités. En même temps, il envie à ces gens leur existence simple, paisible et au contact de la nature. Le personnage principal idéalise un peu ce paradis perdu mais se sent presque « impur » d’y être. Il se pose beaucoup de questions sur le sens de la vie : même si ce roman n’atteint pas l’envergure d’Anna Karénine au moment des monologues de Lévine, on sent déjà le questionnement philosophique de l’auteur.
J’ai aimé particulièrement les détails très réalistes sur la vie des Cosaques, le style d’écriture riche et limpide.
C’est un court roman classique à découvrir, et qui peut être un bon moyen d’entrer dans l’œuvre unique et sans égale de Tolstoï.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Anna KarénineGuerre et paixLa mort d’Ivan IlitchLa sonate à Kreutzer – Le bonheur conjugal – Le diable