Sarah et le lieutenant français

Fowles, John - Sarah et le lieutenant françaisFiche identité

  • Titre du livre: Sarah et le lieutenant français
  • Auteur: John Fowles
  • Nombre de pages: 670
  • Édition: Points

Résumé

Depuis une malencontreuse aventure avec un lieutenant français, Sarah est devenue la brebis galeuse de Lyme Regis. Charles Smithson, intrigué le mystère qu’elle dégage, finit par lui montrer un peu de sympathie. Mais ce rapprochement risque de mettre en péril sa paisible existence.

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J’ai trouvé ce roman en chinant dans une bouquinerie en Bretagne et je suis vraiment contente de l’avoir acheté !
Bien qu’elle ait été écrite dans les années 1970, cette histoire se déroule dans l’Angleterre du XIXème siècle et débute dans le village de Lyme Regis. Sarah est la paria du village, celle qu’on montre du doigt car elle s’est fait séduire par un lieutenant français quelques années auparavant. Charles, un aristocrate récemment fiancé, s’intéresse à son cas et la prend en pitié. Mais plus il se rapproche d’elle, plus des sentiments qu’il ne prévoyait pas font surface.
L’auteur décrit avec une parfaite exactitude les mœurs de l’époque victorienne: les carcans rigides qui régissent la société et qui entravent toute expression des sentiments et toute allusion sensuelle ou sexuelle ; les idées et progrès scientifiques qui ont bouleversé la société comme celle Darwin et sa théorie de l’évolution ; le rôle et les conditions sociales des femmes à cette époque ; les clivages entre les classes sociales avec d’un côté les aristocrates propriétaires terriens, les bourgeois qui ont fait fortune dans le commerce et de l’autre la classe moyenne et les paysans ;
Les personnages sont ceux qu’ils sont car ils ont évolué dans un milieu social qui les a façonné ainsi. Mis dans un contexte différent, peut-être auraient-ils réagi autrement. En tout cas, leurs états d’âme sont très bien décrits, avec des traits de caractère très réalistes.
Mais ils ne sont pas aussi attachants que je l’espérais. Sarah est une figure assez énigmatique à mes yeux et jusqu’à la fin du livre et malgré toutes les options laissés par l’auteur, je n’ai pas réussi à la comprendre : est-elle une femme fatale qui joue avec les sentiments de Charles dans le but de le détruire ? ou une malheureuse, victime des circonstances et qui ne sait pas où elle va et ce qu’elle désire réellement ?
L’auteur joue aussi avec le lecteur : il l’interpelle, n’hésite pas à basculer dans des digressions divers sur Thomas Hardy ou tout autre sujet sur l’époque victorienne, entre dans l’histoire comme un personnage secondaire, et nous propose même trois fins douces-amères.
Pourquoi je n’ai pas mis le 5ème cœur ? Le style d’écriture m’a paru souvent difficile, dense et peu accessible aux gens qui n’y connaissent rien à la littérature anglaise classique. Certaines longueurs alourdissent le récit.
Pour conclure, je recommande ce livre exclusivement aux habitués de la littérature anglaise classique du XIXème siècle !

La voleuse de livres

Zusak, Markus - La voleuse de livresFiche identité

  • Titre du livre: La voleuse de livres
  • Auteur: Markus Zusak
  • Nombre de pages: 640
  • Édition: Pocket

Résumé

Ce livre qui se déroule dans un quartier pauvre de Molching au cours de la Seconde guerre mondiale est raconté par une étrange narratrice, la Mort. Celle-ci est attirée par l’existence de Liesel Meminger, une fillette d’une dizaine d’années.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog     

Ce livre, connu et adulé par la blogosphère, adapté au cinéma, a enfin atterri dans ma liste de lectures de vacances.
Je suis déçue par cette lecture que j’ai trouvé ennuyeuse et lassante. La faute incombe essentiellement au style d’écriture qui est trop simple, trop naïf et lourd, presque agaçant. Même si la construction du livre semble originale au premier abord, je n’ai pas aimé ce style, notamment les coupures nettes, les annonces au début de certains paragraphes, les digressions de la narratrice, le ton un peu mielleux et mièvre, destinée à susciter de bons sentiments chez le lecteur.
L’intrigue se focalise sur Liesel Meminger, une enfant d’une dizaine d’années accueillie par une famille allemande. C’est une histoire d’amitié, d’abord entre la jeune fille et sa famille d’adoptive, ensuite entre elle et Rudy Steiner un voisin et camarade d’école, et enfin avec Max, un juif qui a été recueilli et caché dans leur cave.
Le rythme du livre est un peu long car l’auteur s’attarde sur le quotidien de ce quartier défavorisé de la rue Himmel et sur les faits et gestes qui occupent la famille : les cauchemars de Liesel, la place de l’accordéon dans la vie de Hans, le langage châtié de sa femme Rosa, les livres qui ont traversé sa vie, ses problèmes d’adaptation à l’école à cause de son faible niveau scolaire, l’amitié avec Rudy, le bouleversement de leur existence suite à l’arrivée de Max etc.
Je pense que c’est un livre susceptible de plaire aux jeunes adolescents car ce sont des thèmes qui les touchent : l’histoire crée une certaine empathie envers les autres, prône l’amitié et la tolérance et dénonce bien évidemment le pouvoir nazi. La Mort occupe aussi une place de choix : loin de la vision macabre avec sa faucille, elle offre ici une image plus sympathique, mais trop niaise à mon goût.
Bref, pour conclure je ne sais pas quoi vous recommander. Le film est mieux que le roman, donc si vous ne voulez pas trop vous attarder sur cette longue lecture, vous pouvez vous contenter de l’adaptation cinématographique.