L’assommoir

Fiche identité

  • Titre du livre: L’assommoir
  • Auteur: Emile Zola
  • Nombre de pages566
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Gervaise Macquart débarque à Paris avec son compagnon Auguste Lantier. Après un début houleux, elle arrive petit à petit à s’installer comme blanchisseuse. Mais le démon de l’alcool guette dans ce quartier ouvrier de Paris.

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Ce livre est juste un coup de cœur monumental découvert cette année et qui entre dans le club de mes livres préférés. Quel chef-d’œuvre !
Il s’agit d’une histoire triste, poignante et réaliste, qui pourrait encore s’appliquer de nos jours dans n’importe quel pays frappé par la pauvreté, la misère et l’injustice sociale. Ce livre nous plonge dans le cœur de Paris, dans le quartier ouvrier de la Goutte-d’Or, où nous allons suivre Gervaise, une blanchisseuse venue de province.
Son existence semble aller mieux au début pour n’être ensuite qu’une longue et terrible descente aux enfers. C’est une héroïne attachante, naïve et gentille qui a souffert des vicissitudes de la vie et du caractère inconstant des hommes de son entourage. L’oisiveté de son mari après un accident du travail bascule lentement vers l’alcoolisme, que Gervaise aura du mal à endiguer. Elle sera également victime des fourberies et jalousies de sa belle-famille ainsi que des manigances d’Auguste.
J’ai ressenti beaucoup de compassion devant cette misère noire : à aucun moment, on ne peut blâmer Gervaise face à ses choix, ce qui exprime pour moi tout l’art de l’auteur : tributaire de son passé, elle essaie tant bien que mal de sortir la tête hors de l’eau mais la roue du destin est implacable. L’alcoolisme guette et détruit chaque foyer, dépouille chaque bourse, dénature chaque être humain qui avale ses tord-boyaux infects !
Il y a des passages terriblement poignants dans ce livre : celle du père Bijard et Lalie qui m’a donné les larmes aux yeux ; celle de la crise de delirium tremens du père Coupeau, celle de la dernière rencontre entre Goujet et Gervaise etc.
L’auteur dénonce les ravages de l’alcool, la misère de la condition ouvrière parisienne, la violence des hommes, les jalousies et cruautés de l’entourage, la spirale de l’endettement, les milieux malsains où évoluent les enfants qui reproduisent inéluctablement le sort de leurs parents.
Le style d’écriture est riche, avec de belles descriptions qui nous plongent dans cette ambiance. Zola utilise aussi énormément le parler de l’époque, l’argot parisien des milieux populaires, ce qui fait qu’il est souvent nécessaire de lire le glossaire à la dernière page pour bien comprendre le sens de la phrase.
Je pourrais continuer sans fin à faire l’éloge de cet ouvrage mais je m’arrêterai là. C’est un chef-d’œuvre à mettre entre toutes les mains ! A lire de toute urgence !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: GerminalThérèse Raquin

Le pensionnat des jeunes filles sages

Fiche identité

  • Titre du livre: Le pensionnat des jeunes filles sages
  • Auteur: Anton Disclafani
  • Nombre de pages528
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Suite à une tragédie familiale, Théa est envoyée dans un pensionnat de jeunes filles en Caroline de Nord où l’équitation et les bonnes manières pour les jeunes filles fortunées sont enseignées.

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Ce livre, que j’ai pris en me fiant au titre sans lire la 4ème de couverture, est une grosse déception. Je me suis ennuyée tout au long de cette histoire et si ce livre était plus long, j’aurai abandonné cette lecture.
Théa, une jeune fille de seize ans, cache un lourd secret lorsqu’elle est envoyée manu militari dans un lointain pensionnat. Elle, qui vivait dans un vase clos avec sa famille dans une grande maison en Floride, se retrouve soudain au milieu d’une ribambelle de jeunes filles, où son quotidien est rythmé par l’équitation et des leçons de bonne manière.
Ce livre est destiné à des jeunes adolescentes passionnées par les chevaux et en proie à des doutes sur leur sexualité naissante. Si vous n’entrez dans aucune de ces cases, passez votre chemin ! Le reste n’est que bal avec des garçons de bonne famille, confessions, rivalités et petits secrets entre nos chères pensionnaires dans un quotidien monotone et fermé. En filigrane, il y a le secret porté par Théa que l’auteur étire durant tout le livre. Nous avons droit à plusieurs retours en arrière où elle distille peu à peu les révélations : à mes yeux, ce n’est ni aussi grave ni aussi tragique par rapport aux sous-entendus durant quatre cent pages. On devine rapidement ce qui s’est passé.
L’héroïne est peu attachante et même exaspérante : égocentrique comme peut l’être une adolescente de quinze ans et qui aime tester son pouvoir de séduction sur les hommes de son entourage; irresponsable et sans aucun discernement pour ensuite se plaindre des conséquences de ces actes tout en cherchant à tout prix à se dédouaner en l’imputant sur un concours de circonstances malheureux.
Le style d’écriture est lourd, avec beaucoup de longueurs. Il y a aussi un côté très érotique, avec des descriptions et des scènes assez précises proches d’un Fifty shades of grey. Les péripéties sont monotones et puériles, rien de palpitant dans cet univers doré quasiment déconnecté du contexte économique de la dépression économique.
Pour conclure, je ne vous recommande pas du tout cette lecture qui pour moi est un vrai flop !