Poupée volée

Fiche identité

  • Titre du livre: Poupée volée
  • Auteur: Elena Ferrante
  • Nombre de pages: 208
  • Édition: Folio

Résumé

Leda, une femme d’environ quarante-huit ans, est en vacances sur une plage italienne. Lors de son séjour, elle remarque une jeune mère et sa fille de trois ans qui joue à la poupée ensemble. A la fois fascinée et agacée par leur comportement, elle commet un geste presque instinctif en volant la poupée.

Avis     

J’ai entendu tellement de choses sur cet auteur qu’il fallait bien commencer quelque part. C’est le titre ainsi que les photos d’une plage qui m’ont attiré vers ce livre. Je pensais à une lecture détendue mais quelle erreur !
Entrons directement dans le vif du sujet car le résumé est déjà clair : Leda vole une poupée de manière presque machinale, sans se l’expliquer elle-même au début. Mais ce geste va permettre au personnage principal de revenir sur son passé : elle avoue sa difficulté à assumer la maternité et l’éducation de ses deux filles ; elle dévoile les sentiments ambigus qui l’ont porté pendant toutes ces années, notamment son choix drastique de les abandonner pendant trois ans ;  elle revient sur ses relations conflictuelles avec sa propre mère, issue d’une classe sociale modeste qu’elle tentera de fuir coûte que coûte. J’ai l’impression qu’elle voit ses deux enfants comme un frein à sa carrière et à son confort personnel.
Honnêtement, je pense qu’elle est atteinte de dépression, qu’elle voit tout son passé avec un voile noir et triste. Personne ne peut se targuer d’être une mère parfaite, d’autant plus qu’à notre époque il est difficile de concilier vie professionnelle et personnelle. Les mères ont le droit d’être fatiguées, de se montrer moins patientes et bienveillantes mais les souvenirs qu’elle raconte m’ont juste glacé le sang. Dans ce cas là, si sa carrière importait autant, pourquoi avoir fait le choix d’être mère ? Peut-être n’a-t-elle pas correctement mesurée la responsabilité qu’endosse une personne quand elle choisit de devenir parent ?
Mais ce qui m’a le plus agacé est son attitude envers Nina : comme une araignée venimeuse et machiavélique, elle attire cette dernière comme une mouche dans ses filets ; elle joue avec les sentiments de cette femme vulnérable pour espérer quoi ? Veut-elle tout détruire par plaisir, par jalousie, par ennui ou juste par indifférence parce qu’elle pense avoir rater sa propre vie, donc emmener le plus de monde dans sa chute?
Le style d’écriture est agréable et fluide. C’est un roman qui se lit vite heureusement car c’est un thème qui ne me plaît pas. Pour ma part, l’amour maternel est le sentiment le plus beau qui a éclot dans mon cœur, celui qui m’a le plus enrichi et donné de la joie ! Si certains moments semblent compliqués, ce ne sont que quelques grains de sable face à l’océan de bonheur qui reste.

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