L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Fiche identité

  • Titre du livre : L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté dans une armoire Ikéa
  • Auteur :  Romain Puertolas
  • Nombre de pages : 252
  • Édition : Le Dilettante
  • Année de publication : 2013

Résumé

Ajatashatru Lavash Patel, fakir de profession dans la région du Rajashtan en Inde, débarque en France. Son projet : aller à I*** pour s’acheter un lit à clous dernier cri en solde. Mais son séjour sera ponctué par de drôles de péripéties.

Avis    

Après l’ambiance sombre et triste du roman précédent, il est temps de se changer les idées et d’apporter un peu de folie dans ce blog.
Voici un roman que je qualifierai de « conte de fées moderne et ridicule du XXIème siècle », remarquable uniquement par la longueur de son titre.
Je n’ai pas du tout été convaincue, mais alors là, pas du tout ! L’auteur essaie de nous proposer un scénario dans le registre humoristique, mais il ne s’agit que d’une succession de péripéties grotesques : le héros, un fakir un peu escroc, vient en France pour acheter un lit à clous en promotion chez I***. Il va croiser un taxi conduit par un gitan rancunier, se fera enfermer dans une armoire, ira malgré lui en Grande-Bretagne, en Espagne, en Italie et en Libye, rencontrera « Marraine la bonne fée » (ici une star de cinéma) qui fera basculer sa vie pour le meilleur. Bien sûr, comme dans tout conte de fées qui se respecte, l’amour n’est pas bien loin et tout est bien qui finit bien.
Mais dites-moi, qu’est-ce qui explique le succès de cet ouvrage à part un bon directeur marketing ? Heureusement que je ne l’ai pas acheté, car ça m’aurait fendu le coeur d’investir, ne serait-ce qu’un centime, dans une histoire aussi stupide, maladroite, truffée de publicité et de discours conformistes et gentillets.
Le style d’écriture est plat, presque insipide. Il essaie de nous faire rire avec quelques jeux de mots sur le prénom du fakir, mais la blague qui se répète toutes les deux pages devient vite lassante puis insupportable.
Bon, allez je me lâche une dernière fois, car ce mot me démangeait depuis le début : c’est NUL ! Passez votre route et mettez-le aux oubliettes !

Le K

Fiche identité

  • Titre du livre : Le K
  • Auteur : Dino Buzzati
  • Nombre de pages : 441
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1966

Résumé

Il s’agit d’un recueil d’une cinquantaine de nouvelles de l’auteur italien Dino Buzzati.

Avis          

Les nouvelles n’ont jamais été mon genre de prédilection jusqu’à ce que je lise celui-ci. Ce recueil m’a envoûté d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas : j’ai commencé par lire la première histoire, puis je me suis dit « encore une autre c’est vraiment pas mal ! » Et là, je suis tombée dans une spirale infernale ! Impossible de lâcher ! Plus je lisais et plus j’en redemandais encore et encore et encore.
L’auteur a un style d’écriture très agréable, fin et très soigné : il sait raconter une histoire, aller à l’essentiel, donner les détails qu’il faut sans s’embarrasser de superflus. En quelques mots, il nous plonge dans son décor qui dégage une atmosphère particulière avec une pointe de mystère et d’angoisse sourde entre les lignes. Je vous assure : c’est superbe !
Il y a des histoires pour tous les goûts : certains sont empreints d’un réalisme saisissant, d’autres frôlent le fantastique, les faits divers côtoient les confessions intimes. Dino Buzzati aborde plusieurs thèmes. Je pense que je pourrais en faire une thèse tellement il y a de choses à dire. Il évoque les illusions de l’homme moderne préoccupé par la gloire, l’argent et les vanités ; il se moque de cette course à la réussite, car au final le point d’arrivée pour tous, c’est la mort. Il nous parle de deuils, de lourds secrets portés par ces personnages, de solitude, de vaines espérances, de jalousies, d’amours destructeurs et égoïstes, du temps qui passe et qui ne revient jamais. Ce sont des récits avec un accent pessimiste, mais où émergent également une grande sensibilité et beaucoup d’humour.
Voici les nouvelles qui m’ont le plus marqué : « Le K », « La leçon de 1980 », « La création », « Général inconnu », « Et si ? », « L’arme secrète », « Pauvre petit garçon », « Le casse-pieds », « Le veston ensorcelé », « L’oeuf », « Chasseurs de vieux », « Douce nuit », « L’ascenseur », « Le petit ballon », « Suicide au parc », « Iago », « Les deux chauffeurs », « Les bosses dans le jardin », « Petite Circé », « Esclave ».
On sort de ce livre avec un léger sentiment d’inquiétude et de tristesse. Il nous donne à réfléchir sur le sens qu’on donne à sa vie sans tomber dans le côté moralisateur.
Cet ouvrage m’a beaucoup marqué, c’est pour ça que je vous invite vivement à le lire !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le désert des Tartares