L’affaire de l’esclave Furcy

Fiche identité

  • Titre du livre : L’affaire de l’esclave Furcy
  • Auteur : Mohammed Aïssaoui
  • Nombre de pages : 240
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 2010

Résumé

En 1817, dans l’île Bourbon, Furcy un esclave de trente et un ans, se rend au tribunal de Saint-Denis pour exiger sa liberté. Son procès a duré vingt-sept ans et a trouvé son dénouement en 1843 à Paris.

Avis          

Après le roman d’Irène Frain qui évoquait le sort des esclaves malgaches abandonnés sur l’île Tromelin pendant quinze ans, nous continuons à rester sur le thème de l’esclavage.
Il s’agit ici d’une histoire découverte lors d’une enchère à l’hôtel Drouot. Un esclave nommé Furcy a demandé sa liberté en 1817 sur l’île Bourbon (ancien nom de l’île de la Réunion). Ce récit est celui de son procès, qui s’est étalé sur vingt-sept ans, et sur tout ce qui lui est arrivé : sa mère, une Indienne, a été affranchie, mais suite à une mauvaise foi de ces deux « propriétaires », ils sont restés malgré eux, esclaves.
On découvre aussi la vie des colons de l’époque à la Réunion : c’était une poignée de familles, propriétaires terriens, solidaires entre eux à cause des liens du mariage ou des affaires commerciales, qui régnaient sur l’île d’une main de maître, s’octroyant même des prérogatives juridiques et politiques très étendues dans le but de défendre âprement leurs intérêts personnels.
Les relations entre les esclaves et anciens esclaves sont aussi très ambiguës : jalousies, manque de solidarité, et même farouche opposition au procès Furcy pour certains d’entre eux.
Le style d’écriture est sobre, très factuel avec un ton journalistique. Il n’y pas beaucoup d’émotions, et ce n’est pas assez romancé à mon goût, ce qui explique l’absence du 5ème cœur. L’auteur a préféré se focaliser sur le dossier juridique au détriment du personnage principal qui aurait mérité plus de développement.
Pour conclure, un procès unique à découvrir, d’autant plus que l’histoire est courte et se lit assez vite !

Les naufragés de l’île Tromelin

Fiche identité

  • Titre du livre : Les naufragés de l’île Tromelin
  • Auteur : Irène Frain
  • Nombre de pages : 325
  • Édition : J’ai lu
  • Année de publication : 2009

Résumé

En 1761, un navire français, l’Utile, s’échoue avec son équipe et sa cargaison d’esclaves noirs sur une petite île perdue au beau milieu de l’Océan Indien.

Avis          

Le mois d’août évoque toujours le soleil, les plages et les vacances. C’est dans cette ambiance festive qu’une personne que j’aime beaucoup m’a recommandée cet ouvrage.
D’emblée, j’étais séduite par les premières pages, ce qui fait que je l’ai terminé en quelques jours.
L’histoire est intéressante et évoque toutes les péripéties vécues par un équipage isolé et perdu sur une île déserte de l’océan Indien. On est loin des décors à la Robinson Crusoé : l’île est minuscule et inhospitalière, entourée d’énormes déferlantes agressives et visitée uniquement par des oiseaux et quelques tortues de mer ; c’est au mieux un caillou dans l’océan où il y a à peine de l’eau potable et aucun arbre pour s’abriter de la chaleur.
Le récit qu’on va lire est passionnant, incroyable, presque surréaliste, mais la fin est encore plus terrible : les esclaves ont été abandonnés sur l’île malgré les promesses de retour et pendant des années, nul ne sait comment ils ont réellement vécus.
Pourquoi pas le 5ème cœur ? Par rapport à ce récit subsistent uniquement les écrits des survivants blancs. À cause du contexte historique de l’époque, il n’y a aucun témoignage des esclaves, considérés comme de la marchandise au même titre que les animaux ou les objets de valeur.
J’aurais aimé que l’auteur romance plus son livre, qu’elle imagine les états d’âme et les sentiments des esclaves noirs et leur point de vue sur tout ce qui s’est passé. L’idéal aurait été de faire un livre à deux voix : un, celui d’un Blanc soit l’écrivain de bord ou même Castellan le lieutenant ; et de l’autre celui d’un esclave abandonné sur l’île et qui aurait raconté sur un autre ton le naufrage, la construction du radeau de fortune et leur isolement pendant quinze ans.
Le style d’écriture est sobre, simple, mais quand même fluide malgré quelques termes techniques maritimes et des descriptions un peu longues qui se répètent.
À lire pour ceux qui seraient intéressés par les histoires de naufrage !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Un crime sans importance