Nickel Boys

Fiche identité

  • Titre du livre: Nickel Boys
  • Auteur: Colson Whitehead
  • Nombre de pages: 272
  • Édition: Albin Michel

Résumé

Floride dans les années 1960. Elwood Curtis, un jeune adolescent noir, prend très à cœur les messages de paix et de tolérance de Martin Luther King. Lorsqu’il obtient une place dans une université, ces rêves sont au plus près de se réaliser. Mais suite à une erreur judiciaire, tout s’écroule et il se retrouve enfermé dans une maison de correction pour jeunes délinquants.

Avis     

Qu’est-ce qui se passe lorsqu’on sort émerveiller d’un livre ? Qu’est-ce qui se passe lorsqu’on rencontre une seconde fois un auteur et que celui-ci nous a tout simplement subjugué, fasciné et entraîné là où on ne pensait pas aller ? La réponse est : on est un lecteur heureux ! Heureux de savoir que la littérature contemporaine sait se renouveler, heureux des belles surprises et des rencontres sur la route littéraire.
Ce livre est juste magnifique, court mais d’une intensité que j’ai rarement vu dans mes lectures.
Le résumé nous en dit déjà long mais je le reprends un peu : Elwood est un jeune garçon noir, sérieux et attachant. Elevé seul par sa grand-mère, bercé par les discours de Martin Luther King, il grandit dans un idéal où la non-violence, les mêmes droits pour tous peuvent devenir une réalité. Mais lorsqu’une erreur judiciaire se produit, pire, la fatalité car il n’est pas coupable mais n’a pas les moyens de se défendre correctement, Elwood est envoyé dans une maison de correction pour jeunes délinquants.
Là-bas règne la terreur incarnée par le directeur, adepte des châtiments corporels violents. Les adolescents « éduqués » là-bas subissent de multiples sévices, de la maltraitance sans compter tous les fonds qui leur sont destinés copieusement détournés par l’administration. Malgré tout ce qui se passe, on ne peut qu’admirer le courage des garçons qui y vivent mais qui ressortiront brisés de cette douloureuse expérience. On ne peut que trembler de rage devant l’inertie des autorités qui ferment les yeux sur ce type d’endroit.
La construction de ce roman est magistrale : jusqu’au bout l’auteur sait tenir le lecteur en haleine. Certaines scènes sont devinées plus que décrites avec minutie mais elles n’en sont pas moins réalistes et glaçantes d’horreur. J’aime ce procédé car il laisse toute une latitude au lecteur : c’est comme si l’auteur, semblable à un guide qui tient une lanterne, éclaire l’ombre pour le lecteur qui voit la scène et l’interprète à sa guise.
Le style d’écriture est limpide, riche et fluide. Il a une plume de conteur, un don pour subjuguer le lecteur. La fin est simplement mythique, une des plus belles que j’ai lues à ce jour.
Bref, vous l’aurez compris c’est un énorme coup de cœur que je recommande absolument !

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