Je l’aimais

Fiche identité

  • Titre du livre: Je l’aimais
  • Auteur: Anna Gavalda
  • Nombre de pages: 126
  • Édition: J’ai lu
  • Année de publication: 2002

Résumé

Chloé se retrouve seule, avec deux petites filles en bas âge. Tous ses projets de bonheur s’envolent avec ce départ car son mari l’a quitté pour une autre.  Son beau-père, Pierre, l’emmène dans leur maison de campagne afin qu’elle puisse cicatriser ses blessures.

Avis    

Jusqu’à une certaine époque, Anna Gavalda avait une place non négligeable dans mes lectures. Son style d’écriture, qui me plaisait beaucoup, a perdu son effet sur moi au fil du temps.
Cette histoire m’a semblé tellement creuse et  vide que je n’arrive pas à comprendre l’engouement que j’ai eu auparavant pour cet auteur. Ecrite à la 3ème personne, elle raconte les sentiments qui envahissent Chloé après l’abandon de son mari. Son beau-père décide alors de lui raconter son adultère et ses regrets. Lorsque il  décrit sa relation tumultueuse avec Mathilde et justifie son choix de vie, je n’ai ressenti que de l’ennui. Et alors, cela change quoi ? Sérieusement, ne me dites pas qu’il l’a consolé en lui partageant ses problèmes conjugaux !
Malgré le caractère tragique de la situation, j’ai eu une certaine antipathie pour les deux protagonistes. Ils m’ont paru égoïstes, vains et superficiels avec leurs « moi« , leurs « je« , leurs « mes » tous les deux mots.  Pour moi, ils ne communiquaient pas, ils s’écoutaient parler, ils monologuaient sur leur petite personne et leur vie si banale. Et quoi de plus facile de dire « la vie a décidé que.. » pour justifier ses actes et ses remords ?
Ce livre manque totalement de profondeur et de réflexion. Il suinte juste de bons sentiments, de petites citations ridicules sur le bonheur, l’amour ou la vie. L’auteur n’a pas su exploiter le thème initial. J’ai l’impression qu’au contraire, elle fait l’apologie de l’individualisme et de la satisfaction de ses propres désirs et tant pis si on casse les gens, tant pis si on fait du mal à son entourage !
Le style d’écriture est très léger, avec des dialogues plats, creux, monosyllabiques et sans intérêt.
Un conseil : passez votre chemin !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Ensemble c’est toutJe voudrais que quelqu’un m’attende quelque partL’échappée belle

Vipère au poing

Fiche identité

  • Titre du livre: Vipère au poing
  • Auteur: Hervé Bazin
  • Nombre de pages: 255
  • Édition: Le livre de poche
  • Année de publication: 1948

Résumé

Jean Rezeau, surnommé Brasse-Bouillon, mène une vie tranquille à la campagne, dans la commune du Soledot en Maine-et-Loire, avec son frère aîné Ferdinand. Celle-ci va basculer lorsque sa grand-mère meurt et que ses parents reviennent de Chine pour continuer leur éducation. Il sera confronté à une mère autoritaire, violente et odieuse.

Avis    

Un jour, mon copain m’a parlé de ce livre et m’a confié qu’il l’avait lu. Malheureusement, sa mémoire lui fait défaut et il ne se souvient plus de l’histoire. Etonnée de cet oubli volontaire (ou non), j’ai décidé de le lire afin de me faire ma propre opinion.
Des les premières lignes, le style d’écriture ne m’a pas plu : les phrases sont courtes et hachées. Le niveau de détail est dense, accentué par l’utilisation de mots compliqués et de descriptions plates. Parfois, l’auteur sombre dans un cynisme presque dérangeant.
L’atmosphère du livre, dans le premier chapitre, est étrange, même si la suite l’est beaucoup moins. Nous sommes dans une famille de bourgeois de campagne durant l’année 1922. Dès son retour de Chine, Mme Rezeau s’empresse d’affirmer son autorité devant ses enfants : un rythme de vie très stricte ponctué par des leçons de morale, de brefs récréations et des punitions corporelles en tout genre. Si au début, elle paraissait sévère, cette mère de famille dévoile de plus en plus son caractère odieux et cruel: les fourchettes plantées dans les jointures de doigt à table, les coups de fouet assénés jusqu’à l’épuisement, les taloches et autres brimades presque inimaginables de nos jours sans compter les confessions publiques des péchés à genoux le soir en famille. En plus, leur père, un homme effacé et soumis, se réfugie dans ses recherches scientifiques et n’intervient que très rarement dans leur éducation.
Tout le livre suinte de cette haine, de ce mépris et de cette peur que Jean a envers sa mère au point de tenter de la tuer. La violence est omniprésente et crée un malaise : comment une femme peut-elle détester autant ses propres enfants ? Pourquoi se comporte-t-elle ainsi ? Et même, comment autant de haine peut exister au sein d’une famille ? De toute ma vie, je n’ai jamais rencontrée une personne aussi inhumaine, pétrie de méchanceté et de cruauté, et je tremble en pensant que cette histoire est en partie autobiographique.
On découvre également la place de chaque catégorie sociale à cette époque: la famille Rezeau, imbue d’elle-même, s’appuie sur les exploits de son passé pour justifier sa réputation et considère avec condescendance et mépris les paysans, métayers et autres gens du peuple.
J’ai mis uniquement trois coeurs car tous ses sentiments laissent un goût amer dans la bouche. La fin présage un triste avenir pour le personnage principal : éduqué dans la haine et la méfiance, il emportera ce lourd bagage dans sa vie et sait qu’il ne pourra pas s’en défaire.
A lire, oui mais ne pas hésiter à avoir un livre plus gai à côté de soi au cas où toute cette souffrance vous affecte trop !