Jacaranda

Fiche identité

  • Titre du livre : Jacaranda
  • Auteur : Gaël Faye 
  • Nombre de pages : 224
  • Édition : Grasset
  • Année de publication : 2024

Résumé

Fils unique, d’un père français et d’une mère rwandaise, Milan mène une vie tranquille et sans heurts dans la banlieue parisienne. Il ne connaît rien du passé de sa mère, ni sa famille maternelle. Même les événements de l’année 1994 au Rwanda ne sortent pas sa mère de son silence sur son passé et ses origines.

Avis     

Quelques années après la publication de son premier roman, Petit pays, qui m’avait profondément bouleversé, j’attendais avec impatience la sortie de ce nouveau livre.
Cette histoire est la quête de Milan sur une partie de ces origines. Parce que sa mère refuse de lui partager son histoire, Milan va chercher lui-même les réponses et essayer tant bien que mal de reconstituer le passé. Un voyage au Rwanda va le rapprocher de sa famille maternelle. De simple touriste, il finira par s’y installer quelques années plus tard. C’est ainsi qu’il va découvrir les atrocités du génocide rwandais à travers les récits de certains survivants et par l’intermédiaire des tribunaux communautaires mis en place pour juger les crimes.
Ce qui est intéressant à découvrir, au-delà de l’histoire de Milan, c’est l’influence occidentale qui a conduit à ce génocide, alimenté par certains pays et l’Église catholique qui ont créé la haine entre deux ethnies.
La question qui se pose dans ce livre aussi est aussi la reconstruction d’un pays après cette tragédie. Le Rwanda est un exemple de modèle de développement économique, mais entre les lignes, est-ce le cas ? Comment les générations d’après peuvent-elles retrouver la confiance, le pardon et guérir des blessures du passé ?
C’est une belle histoire, mais que j’ai trouvé plus brouillon que Petit pays. Il m’a moins touché, car le personnage principal est plus un spectateur qu’un acteur. L’auteur aborde beaucoup de sujets, certes intéressants, mais il y en a trop, si bien qu’il se contente de les effleurer. J’aurais préféré qu’il se focalise sur un ou deux personnages au lieu d’essayer de raconter l’histoire de plusieurs générations en si peu de pages.
Le style d’écriture est fluide, léger et agréable. Je trouve qu’il y a moins de sensibilité, moins de naturel dans ce récit et moins de profondeur.
Je le compare peut-être sans le vouloir à Petit pays, mais il manque quelque chose qui donnerait le vrai coup de cœur.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog Petit pays

Le cas Eduard Einstein

Fiche identité

  • Titre du livre : Le cas Eduard Einstein
  • Auteur : Laurent Seksik
  • Nombre de pages : 304
  • Édition : Flammarion
  • Année de publication : 2013

Résumé

Ce livre raconte la schizophrénie qui touche Eduard Einstein, fils du célèbre physicien. 

Avis     

Cette histoire, racontée tour à tour par Eduard, sa mère, puis Albert Einstein, décrit la vie d’Eduard Einstein, déclaré schizophrène dès l’âge de vingt ans, et ensuite enfermé dans un asile psychiatrique jusqu’à la fin de ses jours. On découvre dans ce roman beaucoup de choses sur la vie de famille d’Einstein. Séparé de sa première femme Mileva, Albert Einstein fait carrière d’abord à Berlin puis s’exile aux Etats-Unis à cause de la montée du nazisme. Derrière l’image du célèbre physicien se cache une vie privée complexe : séparation, deuil d’un enfant en bas âge demeuré caché, des relations distantes avec ses enfants dont l’un est schizophrène, etc.
Son fils cadet est un enfant sensible, fragile qui vit mal le divorce de ses parents. Dès la fin de son adolescence, Eduard Einstein devient de plus en plus violent et sombre dans la folie. Sa mère est contrainte de l’interner, car elle n’est plus en mesure de s’occuper de lui sans mettre en jeu sa sécurité physique. Jusqu’à son dernier souffle, elle veillera seule sur son fils et continuera à le rendre visite. Son père, quant à lui, ne l’a plus revu depuis son internement. Cette histoire explique notamment l’origine génétique de cette maladie, qui selon l’auteur, était courante dans la famille de Mileva.
On découvre également les traitements médicaux de l’époque qui sont horribles comme les électrochocs, l’injection d’insuline, la camisole, etc.
Le style d’écriture est agréable, fluide et léger. Le livre se lit vite malgré un contexte narratif difficile, surtout lorsque le lecteur plonge dans les pensées d’Eduard.
Pour conclure, ce livre met en lumière la tragédie personnelle d’une famille, ce qui est bien loin de ce qu’on imagine de la vie d’un savant qui a reçu un prix Nobel pour
 une des théories les plus célèbres du monde.