Le dernier jour d’un condamné

Fiche identité

  • Titre du livre : Le dernier jour d’un condamné
  • Auteur : Victor Hugo
  • Nombre de pages : 97
  • Édition : Librio
  • Année de publication : 1829

Résumé

L’auteur nous décrit les états d’âme qui envahissent un coupable condamné à mort. On suit le cheminement de ses pensées depuis l’annonce de son jugement jusqu’à son exécution.

Avis    

Le titre du livre n’a rien de joyeux et l’histoire non plus n’a pas l’air palpitante. Pourquoi donc lire des histoires aussi tristes alors que la lecture est censée nous divertir et nous égayer ? Je répondrai que la lecture est aussi un moyen de développer son sens critique, sa propre façon de penser et de se poser des questions sur ce qui nous entoure.
Ce livre est éprouvant, car on ressent page après page, minute après minute, toutes les émotions du condamné à mort : le choc en apprenant sa mort prochaine, l’espoir qui le maintient en vie, la haine, la colère, la tristesse, le chagrin. On ne connaît ni son nom ni son crime, mais c’est impossible de ne pas avoir un peu de compassion ou de pitié pour cet homme. Car, ici, la vraie torture n’est pas la souffrance physique : il sait qu’elle est inévitable, mais combien de temps ? Une minute ? Une demi-seconde ?
L’auteur est assez malin, car il ne se focalise pas sur la nature du crime (que d’ailleurs, on ne saura jamais) mais surtout sur la souffrance morale infligée au prisonnier : l’angoisse du temps qui passe, la pensée qu’on ne reverra plus jamais les gens qu’on a aimés, qu’on ne sentira plus le soleil chauffer sur la peau ni l’odeur des fleurs, que le nom de la famille sera traîné dans la boue. Certes, vous allez me dire : il a commis un crime et il doit payer ! Un être humain, par la seule force de son jugement, a-t-il le droit d’ôter la vie d’un autre homme ? Ce livre nous fait réfléchir sur la pertinence de la peine de mort, qui existe toujours dans certains pays. J’ai mon avis sur ce point et Victor Hugo a renforcé en partie mes convictions.
Le style d’écriture est très beau, souvent très poétique. Les descriptions sont magnifiques et sont à couper le souffle. En le lisant, on a l’impression de voir des images de Paris défilées sous nous yeux. L’auteur arrive à nous restituer non seulement les paysages, l’ambiance, les couleurs, mais aussi les sentiments. Une partie qui m’a extrêmement choquée : ce genre de condamnation était un vrai spectacle où tout le monde se bousculait pour avoir les meilleures places. Je n’arrive pas à comprendre le plaisir qu’on peut avoir en voyant la tête d’un homme coupée en deux !
Un point négatif ? J’ai trouvé que c’était trop court ! Malgré ce léger défaut, j’estime que c’est un livre qui mérite amplement sa place parmi les chefs-d’œuvre !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : HernaniLes Misérables

Où on va, papa ?

Fiche identité

  • Titre du livre: Où on va, papa ?
  • Auteur: Jean-Louis Fournier
  • Nombre de pages: 154
  • Édition: Stock
  • Année de publication: 2008

Résumé

C’est le témoignage de Jean-Louis Fournier sur ces deux enfants handicapés. 

Avis    

Il y a des livres qu’on lit en plusieurs semaines et qui nous laisse indifférents. Et puis, il y a des livres qu’on côtoie pendant quelques heures et qui nous chamboule l’esprit. Ce livre en fait partie. J’en avais entendu parler vaguement et quand je l’ai trouvé à la bibliothèque je n’ai pas hésité à le prendre.
C’est une histoire triste et poignante et je trouve très courageux de la part de l’auteur de nous livrer ses sentiments, comme s’il écrivait à un journal intime. On ne se rend pas souvent compte de la difficulté d’avoir un enfant handicapé, surtout que le regard des autres est souvent un juge sévère.
L’auteur passe par plusieurs sentiments : la joie d’avoir eu un enfant , puis ensuite la peur, l’envie  qu’il ressent envers les autres parents qui ont des enfants « normaux », les regrets, les choses qu’il aurait aimé faire avec ses enfants., le désespoir qui l’envahit, la culpabilité qui le ronge…
Mais il utilise un ton cynique et ironique, voire provocateur. Peut-être est-ce pour se protéger ou pour ne pas trop se dévoiler ? Lorsqu’il commence à être mélancolique, il se rattrape en faisant un brin d’humour. Parfois, je me sentais gênée quand il se moquait de ses enfants, notamment lorsqu’il n’arrêtait pas de répéter qu’ils avaient « de la paille dans la tête ».  Mais entre les lignes, on sent qu’il les aime profondément…